Depuis fin janvier, la région de Cusco au Pérou subit une série de catastrophes naturelles liées à d'abondantes pluies. Ce sont des pluies quotidiennes de quinze heures d'affilée qui s'abattent sur les campagnes pendant 3 à 4 jours non-stop, augmentant brutalement le débit des rivières qui connaissent actuellement leur plus haut niveau depuis 20 ans - et fragilisant dangereusement la terre sur les flancs des montagnes. Les conséquences sont multiples : des ponts sont emportés par les eaux, des routes détruites ou impraticables à cause des glissements de terrain, et des torrents de boue envahissent les maisons et les cultures.
La région de Cusco a été déclarée en état d'urgence mais le gouvernement considère les dégâts comme minoritaires. Pourtant, dans la province d'Anta où intervient AVSF depuis 3 ans, on fait état de 1300 habitations détériorées, et environ 3000 hectares de cultures perdus (pommes de terre, prairies, maïs principalement). Le gouvernement a décidé d'offrir à tous les agriculteurs qui ont perdu des terres, un montant de 100 euros par hectare, quand l'investissement pour une parcelle d'un hectare de maïs est de 1000 euros...
En collaboration avec ses partenaires locaux (CADEP, ARPAC et la Municipalité d'Anta), AVSF a établit un diagnostique de la situation des bénéficiaires du projet Kallpanchis dans la province d'Anta mais aussi dans les autres provinces de la région où intervient l'ARPAC, et a obtenu l'approbation de l'Union Européenne pour utiliser les fonds destinés aux imprévus du projet afin d'acheter des semences d'avoine, des produits vétérinaires et de l'essence pour les machines de la municipalité qui réparent les routes et enlèvent l'eau des parcelles. Le Conseil Général des Hautes Pyrénées appuie également cette aide d'urgence, via AVSF, par l'achat de tôles ondulées pour les toits des habitations.
Mais les difficultés ne font que commencer pour les petits producteurs de la province d'Anta... Cette période humide de l'année est habituellement consacrée à l'alimentation des troupeaux sur les pâturages. Cependant, les pluies torrentielles actuelles rendent les prairies impraticables. La production du lait a d'ailleurs d'ores et déjà diminué de 50% en raison du manque d'alimentation du bétail. Qui plus est, les éleveurs ne peuvent pas faire la traditionnelle réserve de fourrages qui nourrit les bêtes pendant la saison sèche. Nombre d'entre eux optent déjà pour la vente d'une partie de leur troupeau bovin. Et la période des pluies est annoncée pour durer jusqu'à la fin du mois de mars...
Par Katia Roesch, Responsable de projet AVSF au Pérou