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Praxis

Agricultures paysannes et atténuation au changement climatique : quelques éléments de compréhension

Editeurs : AVSF
Coordination SUD
Auteurs : Giraud Adeline
Roesch Katia
Année : 2012

Agricultures paysannes et atténuation du changement climatique : un nouveau rapport d'AVSF et Coordination Sud


Si l'adaptation des agricultures paysannes reste la priorité pour AVSF, la majeure partie des émissions de GES agricoles se situerait au Sud, et pour de nombreux acteurs, l’atténuation des agricultures du Sud reste un enjeu fort. Qu’en est-il réellement des émissions de GES des exploitations paysannes du Sud ? Quelles en sont les sources principales ? Quelles pratiques paysannes faire évoluer et quel bénéfice s’en dégage en termes d’émissions évitées ? Quel est le potentiel et quelles sont les limites de la finance carbone pour la petite agriculture ? C’est l’ensemble des questions auxquelles ce rapport apporte des éléments de réponse, basé sur des recherches bibliographiques, des entretiens et l’information recueillie par AVSF, notamment dans le cadre de sa participation aux conférences internationales sur le changement climatique.


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Agricultures paysannes et atténuation du changement climatique : quelques éléments de compréhension

AVSF & Coordination Sud – Décembre 2012

Les agricultures familiales du Sud, qui représentent près de 80 % des exploitations agricoles dans les pays en développement1, et plus d’un milliard d’actifs, sont au cœur d’enjeux importants et paradoxaux relatifs au changement climatique global. Les populations paysannes sont parmi les premières victimes des effets du changement climatique, car elles dépendent directement du climat et des ressources naturelles pour le maintien de leur activité économique. Or historiquement, elles n’en sont pas responsables : les pays du Nord concentrent la majeure partie des émissions cumulées depuis 1990. C’est ainsi que de nombreuses ONG de développement en France et à l’international, dont celles de Coordination SUD, plaident pour une priorité donnée dans les pays du Sud au financement de l’adaptation aux aléas climatiques, l’atténuation des émissions devant être la priorité des pays industrialisés et, dans une certaine mesure, émergents. Pourtant, aujourd’hui, la majeure partie des émissions de GES agricoles se situerait au Sud, et pour de nombreux acteurs (notamment certains négociateurs du Nord à l’UNFCCC), l’atténuation des agricultures du Sud (encore majoritaire- ment paysannes) reste un enjeu fort.

Qu’en est-il réellement des émissions de GES des exploitations paysannes du Sud ? Quelles en sont les sources principales, et comment se situent-elles par rapport à celles de modèles plus industrialisés et intensifs ? Quelle est l’influence des modes de comptabilisation choisis ? Quelles pratiques paysannes faire évoluer et quel bénéfice s’en dégage en termes d’émissions évitées ?

Valoriser l’atténuation agricole par l’inclusion de ce secteur, et notamment des pratiques de stockage de carbone dans le sol, aux activités admises dans le cadre de la compensation carbone, est actuellement en débat. Alors que des acteurs multilatéraux et bilatéraux voient la finance carbone comme un levier innovant pour financer le développement vers une agriculture plus productive et plus résiliente, certaines ONG, organisations paysannes, voire gouvernements du Sud sont opposés à ce mécanisme, pour différentes raisons. Au sein de Coordination SUD, les positionnements sont variables et ne sont pas toujours déterminés sur cette question.

Quel est le potentiel et quelles sont les limites de la finance carbone pour la petite agriculture ? Comment se positionnent les différents acteurs, y compris parmi les ONG de Coordination SUD ?

C’est l’ensemble des questions auxquelles ce rapport apporte des éléments de réponse, basé sur des recherches bibliographiques, des entretiens et l’information recueillie par AVSF, notamment dans le cadre de sa participation aux conférences internationales sur le changement climatique.

La première partie présente les éléments de quantification des différentes sources d’émissions agricoles et une tentative d'évaluation de l’impact carbone relatif des pratiques usuellement mises en œuvre en milieu paysan. La deuxième partie explique le potentiel d’atténuation des pratiques paysannes, puis les opportunités et limites de la finance carbone pour la petite agriculture. Elle présente enfin une première approche des pratiques des ONG françaises dans ce domaine.



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