Pour que les hommes vivent
de la terre durablement

Avec mon entreprise, j'aide les petits producteurs haïtiens de cacao

Christophe BERTRAND, directeur des chocolats "A la Reine Astrid"

Christophe Bertrand a passé sa jeunesse un peu partout dans le monde (Afghanistan, Thaïlande et Algérie) avec des parents très impliqués dans le monde associatif et caritatif. Après 8 années dans l'événementiel sportif, puis 8 ans à la direction du plus grand poney club associatif de France et enfin 7 ans à la direction de la marque Cacao et Chocolat du groupe Bongrain, il est actuellement directeur des chocolats "A la Reine Astrid".

Pourquoi cet attrait pour le chocolat ?

Car c'est un bonheur de travailler dans un monde de joie et de plaisir ! On travaille sur un produit créatif avec des innovations faciles à mettre en œuvre et à tester. C'est un produit de luxe et de gastronomie qui allie les relations producteurs / consommateurs et l'aspect Nord / Sud. Et puis, c'est toujours un plaisir de voir des clients toujours heureux de rentrer dans nos boutiques !

Que pensez-vous du cacao d’Haïti et du travail mené par la coopérative Feccano ?

Le cacao d'Haïti provient de fèves de très bonne origine et il était regrettable qu'elles ne soient pas exploitées à cette juste valeur. Le fait de les avoir valorisées a permis de proposer un chocolat de très bonne qualité, avec des saveurs multiples allant du réglisse au tabac selon les récoltes. L'organisation en coopérative a limité l'exploitation des petits producteurs par des intermédiaires inutiles. La qualité permet forcément une meilleure rémunération des producteurs par un tri initial en amont de la filière. Aujourd'hui, l'ambition pourrait être de travailler sur deux filières, l'une vers les chocolatiers haut de gamme et l'autre vers des marchés de qualité plus larges (commerce équitable et bio, par exemple)

Pourquoi avoir mis en place une carte de fidélité au profit des producteurs haïtiens ?

Je cherchais depuis longtemps à avoir un système de répartition de la valeur qui soit plus équitable sans passer par les gros labels dans lesquels mon aide serait noyée par l'organisation générale. Je voulais un moyen qui permette d'aider exclusivement la filière cacao en Haïti. J'étais même prêt, il y a quelques années, à donner une partie du capital de l'entreprise à la coopérative avant de devoir reculer car l'enjeu aurait probablement compliqué considérablement mon fonctionnement. La carte de fidélité fonctionne très bien auprès des consommateurs qui prennent cela comme un acte citoyen. De plus, cela permet de rester dans l'univers d'une boutique de luxe, sans culpabiliser les consommateurs qui sont ici, avant tout, pour un plaisir gustatif.

Quels sont vos futurs projets ?

Je viens d'acheter 700 kg de cacao que je fais transformer chez un petit fabricant. Avec quelques confrères des Hauts-de-Seine, nous tentons de développer la consommation du cacao d'Haïti. Pendant les 20 dernières années, le chocolat d'Haïti n'était pas présent : il n'est donc pas perçu aux yeux des consommateurs et des médias comme un chocolat de qualité. Et pourtant c'est une super origine de cacao ! Il y a donc un travail à mener pour convaincre, tranquillement.

Propos recueillis par Christophe LEBEL

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