Pour que les hommes vivent
de la terre durablement

Mon métier n'a de sens qu'avec un projet social derrière

Sylvie GUILLAUME, PDG de Silco

Sylvie GUILLAUME a été longtemps petit soldat de ces Messieurs de grands groupes de négoce international de matières premières qui voyagent pour décrocher les gros contrats. De « femme de l’ombre », elle passe en 1994 à fondatrice et PDG de la société Silco qui préfinance des partenaires planteurs de fèves de cacaos, d’Afrique de l’Ouest, de Madagascar et d’Amérique centrale. Son crédo : toujours associer le commerce avec un projet social.

D’où vous vient ce goût pour le chocolat ?

Je pense que le cacao, quand on est tombé dedans, on n’en sort plus ! Ça doit remonter à ma plus tendre enfance : ma grand-mère paternelle ne jurait que par la poudre cacao Van Houten pour nos gouters ! Et attention, pas de pain au chocolat tout fait, que du vrai pain avec la tablette ! Après mes études supérieures, je me suis intéressé au commerce du cacao et du café. J’ai commencé ma propre activité de négociant international de café vert et de fèves de cacao d’Afrique de l’Ouest. Dans notre jargon, on dit « trader » !

Où cette passion vous conduit-elle ?

Un peu partout dans le monde ! Côte d’Ivoire, Togo, Sao Tomé, Mexique, … ça a commencé avec les planteurs en Côte d’Ivoire, et surtout leurs enfants que je voulais voir lire, écrire et compter ! J’ai parcouru des centaines et des centaines de kilomètres de plantations, villages, dispensaires et je suis devenue la « Tatie » ou « la grande Sœur de Cœur » comme on dit au pays.

Comment concevez-vous votre métier ?

J’associe depuis toujours mes achat de fèves de cacao et de grains de café à un projet social que je trouve essentiel, sinon ce métier n’a pas de sens pour moi. C’est ce que l’on pourrait appeler l’Ethique sans label, mais je sais que des grands professionnels s’y appliquent et c’est tant mieux.
Dans chacun de ces pays, j’accorde une place toute particulière à l’amélioration des conditions de vie des enfants, qui sont dramatiquement faibles.

Que pensez-vous du cacao d’Haïti ?

Je l’ai découvert récemment grâce à Valentine TIBERE. J’ai aussi la chance que mon ami Stéphane BONNAT, un des meilleurs artisans chocolatiers de France, m’ai concocté ma tablette Ayi-Choco à partir des fèves de la coopérative de la FECCANO, que soutient AVSF. Elle a beaucoup de caractère, un très bon goût d’amandes et ensuite de pamplemousse en fin de bouche. J’espère faire des émules pour travailler plus avec la coopérative FECCANO !

Quels sont vos prochains projets ?

Je vais tout d'abord participer au salon du chocolat de Paris en proposant à la vente au grand public ma nouvelle tablette de chocolat d'Haïti en reversant 1 euro sur chaque tablette au profit d'AVSF.
Je vais consacrer du temps à ma propre association Cacao Planète que je viens de créer pour aider les enfants dans les pays producteurs de cacao : scolarisation, soins, bien-être, …
J’aimerai aussi mettre en place la création de nouvelles tablettes de chocolat avec des coopératives de planteurs que je finance depuis de nombreuses années.

Propos recueillis par Christophe LEBEL