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vivent de la terre durablement

Un reporter vraiment sans frontières !

Dominique GERBAUD, journaliste et grand reporter

Journaliste, grand reporter, rédacteur en chef, Dominique GERBAUD connait toutes les ficelles du journalisme. Depuis peu retraité, il continue à faire ce qu’il aime par-dessus tout : raconter la vie des autres en allant à leur rencontre. Il revient d’une mission bénévole en Haïti pour témoigner des actions d’AVSF. Interview de celui qui d’ordinaire les mène.

Pouvez-vous nous raconter votre carrière de journaliste ?

J'ai suivi le parcours assez classique des journalistes de ma génération avec une formation à l'Ecole supérieure de journalisme de Lille et à l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble. Je suis vite arrivé au journal La Croix, au service politique. Par la suite, j'ai souhaité travailler dans la presse régionale et ce fut à La Nouvelle République du Centre Ouest où j'étais éditorialiste et chargé des informations générales. 10 ans après, je suis « remonté » à Paris, d'abord à La Vie pour y diriger la rédaction ensuite à La Croix comme Grand reporter, puis Rédacteur en chef. Jeune retraité, j'ai été élu président de Reporters Sans Frontières pendant quatre ans ; poste que j'ai laissé il y a quelques mois.

Comment avez-vous connu AVSF ?

Lorsque j'étais Grand reporter au journal La Croix, j'ai réalisé un grand nombre de reportages sur les questions humanitaires. Dont un qui m'a beaucoup marqué sur les produits équitables au Pérou. Le thème en était : est-ce que les paysans profitent réellement de la percée en Europe des produits équitables ? La réponse fut : incontestablement oui, les paysans péruviens tirent profit des produits équitables ! C'est dans ce cadre que j'ai travaillé avec les hommes et femmes de terrain d'AVSF. J'ai pu apprécier non seulement leur compétence mais plus encore leur sens de la promotion humaine, sociale et politique des paysans avec lesquels ils travaillent. J'ai apprécié qu'une ONG comme AVSF aborde la question du développement au fond des choses en donnant aux paysans l'occasion de s'en sortir par eux-mêmes. Elle n'est certes pas la seule, mais dans le monde paysan elle se préoccupe du travail des paysans à la base, dans leurs champs, mais elle ne se contente pas de cela, elle va jusqu'à les inciter – et aussi les former – à prendre leur destin en main en s'engageant en politique.

Vous revenez tout juste d’Haïti, qu’en retenez-vous ?

Tout d'abord, et peu bêtement, un nouveau métier pour moi ! A l’occasion de cette mission bénévole en Haïti, j’ai découvert une forme de journalisme que j'ignorai puisque que les sujets de reportage avaient été choisis sur les conseils des équipes d'AVSF. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit toujours de journalisme lorsqu'on est sur le terrain et qu'il faut enquêter, interroger puis... rédiger.
J'ai découvert un monde paysan haïtien à la fois très pauvre et extrêmement dynamique, volontaire, jamais défaitiste. Mais il reste beaucoup, beaucoup, beaucoup à faire…
J'en retiens que les actions et projets d'AVSF sont en parfaite adéquation avec les attentes des paysans. Qu'il n'y a ni dispersion, ni perte d'argent ou de temps et que les Haïtiens ont une place centrale pour la définition et la mise en place des projets. Tout le contraire de ce que fait l'ONU pour la reconstruction du pays après le séisme de 2010.

Quels sont vos futurs projets ?

Je vais poursuivre la formation au journalisme que j'ai lancée il y a 6 ans à Tours par le biais de l'association Médias et diversité, si toutefois je trouve l'argent nécessaire. Cette formation au journalisme pour les lycéens de la diversité et de milieux défavorisés existe pour qu’il y ait davantage de jeunes issus de la diversité dans les médias français.
Je vais travailler sur les questions d'éthique journalistique et aussi d'éthique... médicale puisqu'on m'a demandé d'intégrer un Comité régional d'éthique dans le domaine médical. Je dois aussi aller un cours à des journalistes malgaches sur l'information politique. Et bien sûr si AVSF estime avoir encore besoin de moi pour raconter les histoires de vie des paysans... je serai partant ! Je n'oublierai pas, non plus, mon rôle de.... grand-père de 7 petits-enfants.

Propos recueillis par Christophe LEBEL

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