Pour que les hommes vivent
de la terre durablement

Les engrais chimiques nous rendent malades et sont moins efficaces

Salimatou BALDE, Secrétaire de la fédération maraichère de Kolda

Salimatou BALDE est une mère de famille robuste de 37 ans qui nous accueille dans une belle parcelle maraichère d’un hectare. Situé dans la région de Kolda, au Sud du Sénégal, ce champ de fruits et légumes accueille tous les jours une cinquantaine d’ouvrières maraichères. Retour sur une expérience convaincante.

Pourquoi travailler dans ce jardin maraicher ?

J’ai toujours travaillé la terre, même si « l’agriculture » est considérée ici comme un métier d’homme. Un jour, mon mari est brutalement tombé malade. Je n’avais pas d’autres choix que de trouver rapidement une solution pour nourrir mes 6 enfants. J’ai entendu parler de ce jardin maraicher. Je suis venu, et 6 ans après je suis toujours là !

Comment vous y impliquez-vous ?

De manière forte ! Je suis même devenue secrétaire générale depuis 2 ans de la fédération maraichère. C’est important pour moi et les autres femmes de construire une certaine indépendance économique vis-à-vis de nos maris. Nous pouvons mieux soutenir notre famille, faire face aux dépenses de base et permettre à nos enfants d’envisager des études. Mes ainés peuvent même concilier études et une aide de leur maman pour le maraichage.

Quels changements voyez-vous depuis 6 ans ?

Ils sont très importants ! Nous avons mis en place un grillage pour protéger les fruits et les légumes des animaux. Nous avons pu creuser un 2nd puit pour alimenter les cultures d’oignons, de pommes de terre, de tomates, de piment et d’oseille. Cette parcelle est même devenue un « Champ école » pour les formations que mène Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (l’association soutient 30 fédérations de maraichères comme celle de Salimatou). Ces formations nous ont permis de découvrir les engrais naturels par exemple. Auparavant, nous utilisions des engrais chimiques qui nous rendaient malades et qui étaient moins efficaces pour les rendements. Une sorte de double peine…

Comment imaginez-vous l’avenir ?

La production est relativement satisfaisante. En revanche, nous pourrions faire mieux en ne faisant pas appel à des intermédiaires pour acheminer notre production sur les différents marchés locaux. L'absence de moyen de transport nous pénalise encore. Nous essayons donc de mettre en place une structure pour acheminer nos produits de la parcelle vers les marchés nationaux car elle nous permettrait de mieux vivre de notre travail.

Propos recueillis par Christophe LEBEL

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