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Ma famille peut enfin manger à sa faim

Ousmane SAGNA, Secrétaire générale de la coopérative "Bamtaré Kossi" au Sénégal

Ousmane SAGNA est le Secrétaire général de la coopérative agricole Bamtaré Kossi, dans le sud du Sénégal. Créée en 2012, cette coopérative permet à ses 85 membres de 11 villages différents de bénéficier de matériel agricole pour cultiver des vivres. Plus de 500 personnes peuvent ainsi manger à leur faim.

Comment fonctionne cette coopérative ?

L’idée de base est la solidarité et l’union : nous nous regroupons entre paysans de 11 villages pour acheter un lot important de matériel agricole. Chaque membre peut alors louer le matériel à un tarif juste, en fonction de sa disponibilité pour cultiver son champ. Globalement, cela fonctionne comme une coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA) que vous pouvez rencontrer en France.

Pourquoi mettre en place une telle coopérative ?

Car toute seule, une famille paysanne ne peut rien ! C’est pourquoi l’association Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières nous a aidé en créant en septembre 2012 cette coopérative et en achetant le matériel initial. Aujourd’hui, nous disposons de charrettes, de semoirs, de charrues, de motoculteurs, de motofaucheuse, de houes Sine, de batteuse et de décortiqueuse à riz. Tout cela correspond à une dépense d’environ 35 000 € : tout simplement inimaginable pour nous sans une aide !

Concrètement, que cela a-t-il changé pour vous ?

En tant qu’usager de la coopérative, c’est le jour et la nuit ! Je peux véritablement travailler mon champ. Et surtout ma famille peut enfin manger à sa faim, grâce au fruit de notre travail.

En tant que secrétaire générale, j’ai eu la chance de pouvoir bénéficier d’une formation à la comptabilité. Cela n’a l’air de rien mais tenir la comptabilité d’une coopérative qui démarre n’est pas si simple. J’en suis très fier.

Une nouvelle digue est située à proximité du village. Quel est son rôle ?

Il est fondamental et complémentaire au système de location du matériel. La digue permet de retenir l’eau pendant la saison sèche et ainsi augmenter la période de culture du riz et améliorer la santé des animaux. D’ailleurs, le conseil d’administration de la coopérative est composé de 11 membres, représentant 11 villages bénéficiant de la digue.

Comment imaginez-vous le futur pour la coopérative ?

Plutôt positif : la coopérative croule sous les demandes d’adhésion des paysans aux alentours. Ils ont vu que le système fonctionnait et ils veulent naturellement en bénéficier. Nous étudions la possibilité d’acquérir des animaux pour la traction, même si cela implique donc des services vétérinaires adaptés. Il faudrait aussi constituer un stock de pièces détachées, pour réparer rapidement le matériel motorisé et ne pas pénaliser la récolte. Vous voyez, nous avons encore de belles choses à faire !

Propos recueillis par Christophe LEBEL

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