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Soigner au plus près et au plus vite

Antoine RABEKOTO, Agent communautaire de santé animale

Antoine RABEKOTO a 32 ans et déjà neuf ans d’expérience d’agent communautaire de santé animale (ACSA) près du lac Aloatra, au nord-est de Madagascar. Ce père de trois filles, jovial et dynamique, est aussi président du Fokontany, sorte de maire élu d’un secteur de 1 200 habitants. Il jette un regard plutôt  positif de ses neuf années d’ACSA.

Pourquoi vouliez-vous devenir agent communautaire de santé animale, un métier totalement inconnu il y a 10 ans ?

Parce que j’étais un petit éleveur et que je n’arrivais pas à faire soigner mes animaux. Beaucoup sont morts par manque de soins car je devais parfois patienter une semaine pour voir un vétérinaire. Je me disais qu’en devenant ACSA je pourrais soigner mes bêtes.

Qu’est-ce qui est le plus difficile pour vous ?

Après la formation et l'encadrement de l’association « Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières », le plus dure est de savoir quel médicament est le mieux adapté à telle ou telle maladie et à tel ou tel animal. Je reconnais qu’une fois, au début, pour le déparasitage d’un porc j’ai mis une dose trop forte. C’est le seul incident que j’ai eu en neuf ans de métier ! Maintenant, avec l’expérience, cela ne se reproduirait plus.

Comment êtes-vous payé ?

Mon système de rémunération consiste à prendre une commission sur les médicaments sans me faire payer à l’acte. Il s’agit d’un bon système car tout le monde peut en vivre, les vétérinaires, les ACSA et les éleveurs. Grâce à ce nouveau métier, Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières m’a ainsi permis d’augmenter mes revenus de 50 %.

Quelle relation avez-vous avec les éleveurs ?

On parle beaucoup, on échange et ça me permet d’avoir de nouvelles compétences. Ils nous disent des choses dont parfois ils ont un peu honte et qu’ils ne le diraient pas forcément au vétérinaire. Ils savent qu’on est de leur famille car je suis éleveur comme eux. En 2012, des éleveurs ont pensé que des chiens pouvaient avoir la rage. J’y suis allé immédiatement – généralement, dans l’heure qui suit un coup de téléphone je suis chez le paysan -  et j’ai recueilli des informations. J’ai appelé le vétérinaire qui m’a demandé de les attacher et il est venu sur place le lendemain. On a sûrement évité la diffusion de la maladie parce que dans l’heure qui suivait j’avais observé les chiens.

Propos recueillis par Dominique Gerbaud,
ancien grand reporter et rédacteur en chef de La Croix

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