Pour que les hommes vivent
de la terre durablement

Les bonnes pratiques de retour aux champs en Equateur

Atelier paysan sur les liens Elevage / Agriculture

La etnoveterinaria vuelve a los campos del Ecuador Image principale

Promouvoir une production animale plus saine constitue le principe fondamental de l’ethno-vétérinaire. Les connaissances ancestrales sont utilisées pour soigner les animaux, en garantissant une production plus écologique à des coûts inferieurs pour les paysans. "Pour les paysans, cela représente la valorisation de pratiques de leurs grands-parents. Tout en gardant une dimension tout à fait fait efficace sur le plan technique" raconte Anna Isern Sabria, vétérinaire de l'association Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF), lors du 1er atelier d’ethno-vétérinaire effectué les 2 et 3 juin 2014 à Picalqui, en Equateur.

Pendant ces 2 jours, des techniciens du Ministère de l'Agriculture, Aquaculture, Elevage et pêche et du Gouvernement provincial de Pichincha, avec des producteurs paysans, ont partagé leurs expériences et leurs visions autour des nouveaux systèmes d’agriculture / élevage qui garantissent la réduction de l’utilisation des engrais chimiques.

« Au début, il y a eu un peu de résistance de part des techniciens puisqu’ils ont une formation traditionnelle, mais dès qu’ils ont vu que les méthodes alternatives fonctionnent bien, ils ont montré une certaine prédisposition pour utiliser ces méthodes », constate Esteban López, coordinateur en agriculture de la direction d’Economie Solidaire de la province de Pichincha.

Des plantes comme la « branche noire », l’ail, le « mático », le « paico », la « uvilla », le « tipo » et autres,  sont utilisées pour combattre des maladies comme les parasites internes, maux et douleurs, la mastite et les coliques dans le cas d’élevage bovin. Ainsi au territoire Pasto, qui inclut le sud de la Colombie et le nord de l’Equateur, 30 % des éleveurs laitiers utilisent des plantes médicinales pour contrôler les problèmes de santé du  bétail, reprenant progressivement ce type de traitement pour des animaux en Equateur. 

« Les techniciens se sont rendu compte qu’on ne demande pas d’abandonner totalement les produits chimiques ou antibiotiques, mais de mixer les deux savoirs et d’introduire l’ethno-vétérinaire dans ce qu’ils font, de manière progressive », ajoute Isern Sabria. 

« Pour nous, il s’agit d’un cercle vertueux puisque le maïs qu’on produit écologiquement, nous l’utilisons pour nourrir les humains, la feuille pour le bétail, et avec les déchets générés on fait l’engrais qui retourne à la terre pour les nouvelles cultures. Ces cycles nous permettent d’avoir des aliments et des animaux sains, en réduisant les produits chimiques et en utilisant les connaissances de nos grands-parents » explique Luzmila Vásquez, paysanne d’Otavalo.