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Au Sénégal, des coopératives laitières fournissent un revenu pérenne aux familles

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Dans son soutien aux éleveurs du Sénégal, AVSF incite les producteurs à s’organiser et à se regrouper en coopérative laitière. Dans le sud du pays, elle appuie les paysans de Velingara pour la transformation et la commercialisation de produits laitiers. La coopérative Larogal, soutenue par l’association, regroupe 67 éleveurs, dont 22 femmes, et emploie 3 salariés. Elle a été primée en 2011 par le Ministère de l’Elevage comme étant la plus aboutie du Sénégal. Rencontre avec Sadio M’BALLO, chef du village de Kayel Bessel et président de la structure.

Paisible et le sourire doux, Sadio M’BALLO est une figure respectée de son village. Vêtu d’une tunique bleu ciel cet agropasteur est fier de mesurer le chemin parcouru : « Mon grand-père n’était jamais entré dans un bâtiment, souligne-t-il.  Aujourd’hui, grâce à Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, ma famille et mon village disposent de maisons en dur. »

Elu président de la coopérative par l’ensemble des autres membres, il a vu évoluer considérablement l’activité. « Il y a 10 ans, nous vendions notre lait à des laiteries privées à des tarifs dérisoires. On ne pouvait absolument pas en vivre », se rappelle-t-il. Créée en 2002, Larogal est la plus ancienne des coopératives laitières. Elle collecte le lait des membres de Velingara pour le commercialiser, et augmenter la valeur ajoutée en le transformant sur place en beurre, en lait caillé ou en yaourts. Elle fournit également des services vétérinaires de proximité, et organise des campagnes de vaccination. Une réussite qui lui a valu de sortir vainqueur d’une compétition organisée par le ministère de l’Elevage.

Un système coopératif et solidaire pour les familles paysannes
Mais pour parvenir à ce résultat, les éleveurs ont dû améliorer et augmenter leur production laitière en amont. Ils ont ainsi mis en place une filière de cultures fourragères, grâce à laquelle les vaches sont nourries toute l’année avec un fourrage de qualité. Une réglementation stricte en matière d’hygiène a également été instaurée pour toutes les étapes : traite, collecte et transport du lait. Quant aux bénéfices réalisés par la laiterie, ils sont réinvestis dans d’autres activités, ou consentis comme prêts à des éleveurs en difficultés. « Par exemple, nous pouvons faire crédit à court terme pour permettre de couvrir un coup dur dans une exploitation familiale ou régler une dépense de santé imprévue » se félicite Sadio M’BALLO. Désormais, la soixantaine d’éleveurs qui livre sa production bénéficie donc d’un revenu régulier tous les mois. C’est devenu une activité rentable, sur laquelle des familles entières se développent.

Sadio M’BALLO lui-même a pu financer des études supérieures pour la majorité de ses 19 enfants. Toutes ses filles ont suivi la formation sur l’élevage dispensée par AVSF. « Aujourd’hui, tous les miens sont ainsi engagés dans l’avenir et la réussite de l’exploitation agricole familiale », se félicite-t-il. Le chef du village, qui n’a jamais pu aller à l’école, sait désormais que la relève est prête.

Pour aider les familles paysannes comme celle de Sadio M'BALLO à vivre dignement de leur travail, l'association AVSF a besoin de vous ! Merci de votre don.

Propos recueillis par Christophe LEBEL

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