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Moins de pesticides et plus de rendement

Moins de pesticides et plus de rendement Image principale

Depuis les années 60, les « révolutions vertes » qui se sont succédées ont reposé sur l’utilisation de variétés améliorées de semences, d’engrais chimiques, de pesticides et une motorisation croissante. Dans les zones aux conditions favorables, elles ont effectivement fortement accru les rendements agricoles. Mais on connaît aussi maintenant leurs impacts négatifs sur l’environnement et la santé humaine.

Biocide = tue la vie
Les pesticides les plus courants sont des herbicides (contre les plantes), des insecticides (contre les insectes) et des fongicides (contre les champignons parasites). Tous sont des biocides qui permettent de protéger le potentiel de production d’une culture, au détriment de la biodiversité végétale et animale, et souvent de la santé humaine. Pendant plusieurs décennies, des molécules très toxiques ont été employées à grande échelle. Des sols et des eaux superficielles ou profondes des zones agricoles intensives sont maintenant gravement et durablement polluées. Et certaines de ces molécules sont toujours employées alors que l’on connaît maintenant très bien leurs impacts néfastes sur la santé humaine.

Vous avez dit « soft » ?
Sous la pression des opinions publiques et de certains gouvernements, les entreprises phytosanitaires cherchent à améliorer leur image avec des molécules plus « soft ». Mais si la toxicité immédiate a été réduite, les effets différés sont trop souvent préoccupants. Beaucoup de fongicides présentent des risques cancérigènes à moyen et long terme, et des insecticides agissant à de très faibles doses comme les tristement fameux Gaucho et le Régent sont déjà interdits dans plusieurs pays.

Que faire sans ou avec peu de pesticide ?
Que faire donc pour augmenter la production agricole ? Notamment dans des pays tropicaux à forte démographie où la pullulation des ravageurs est plus rapide que dans les pays à climat froid ou tempéré. La réponse de l’association Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières est multiple :

  • Accroître la biodiversité cultivée,
  • introduire dans les cultures des plantes qui piègent ou éloignent les insectes,
  • observer attentivement les cultures et les périodes d’apparition des ravageurs,
  • biner mécaniquement les cultures plutôt que désherber chimiquement

Sans parler des méthodes de lutte biologique contre les prédateurs et maladies (mini-guêpes détruisant les chenilles ou papillons, pièges à phéromones, méthodes douces anti-pucerons) qui voient le jour depuis quelques années et deviennent accessibles aux familles paysannes.