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Deux jeunes agronomes à la découverte des projets d’AVSF

Céline FOURNIER et Maxime LEPORTIER, agronomes

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Céline et Maxime, deux jeunes agronomes, futurs paysans, sont partis à la découverte de l’agriculture paysanne en Bolivie. Ils ont notamment souhaité découvrir les actions d’AVSF dans ce pays à travers deux projets :

  • Exportation de lampes de sel rose au sud de la Bolivie
  • Fibre de lama de qualité dans la région de Cochabamba

Leur mission était de faire des photos et des vidéos des paysans et de leurs activités en Bolivie. Ils ont aussi raconté leur expérience.

A la découverte du commerce de lampes de sel…

Céline et Maxime ont accompagné l'association Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières dans la commune de Taquillos, à 2000 m d’altitude. Ils remettent en contexte le projet : « la diversité de revenus est limitée et essentiellement basée sur la qualité des récoltes de cacahuètes et de maïs. Dans cette zone, il existe une mine de sel rose exploitée par deux entreprises privées. Ce sel rose est extrait en très gros blocs pour être exporté et ensuite vendu comme sel de table. Les communautés locales n’ont aucune retombée économique de ces mines. L’idée à long terme du projet d’AVSF est alors de récupérer la concession de la mine de sel et qu’elle puisse profiter au plus grand nombre. La gestion durable de ces mines est aussi un problème. Si le sel est vendu en bloc et à l’exportation, aucune valeur ajoutée ne reste sur le territoire. Ainsi, l’épuisement de la mine se fera à moyen terme. » 

Ils décrivent ensuite la mise en place du projet : « 12 familles se sont organisées et ont monté un atelier où ils travaillent les blocs de sel afin de créer des lampes. Ce projet a l’avantage de se réaliser en alternance avec les travaux agricoles à des périodes décalées. L’idée est que les familles maitrisent l’ensemble de la production et la commercialisation des lampes. Durant trois jours, nous avons assisté à une formation permettant aux familles d’apprendre à calculer les coûts de production et ainsi d’évaluer le prix de vente afin que le projet puisse durer au-delà de la coopération avec AVSF. Les lampes seront ainsi vendues entre 20 et 30€ sur le marché bolivien, sud-américain mais aussi européen. Dans la première phase du projet, environ 500 lampes vont être fabriquées ».

Et de la production de fibre de lama

Céline et Maxime se sont aussi rendus dans la commune de Cocapata. Ils ont participé à deux foires de laine et ont également passé une semaine dans le village où les femmes travaillent la laine. Ils livrent leurs observations : « afin de faciliter le travail de la laine de camélidé, un projet a permis la mise en place de rouets électriques dans les communautés pour diminuer le temps de travail et améliorer la qualité de la fibre. Ces rouets sont adaptés aux attentes des groupes de femmes. La plupart des femmes utilisent une Puska, un rouet à main qui permet de filer la laine. Avec cet appareil, elles filent environ 1 kg de laine en 4 jours. De plus, un atelier d’artisanat a été construit et une machine pour carder la laine a été installée. » 

C’est alors qu’ils constatent les premières difficultés : « Il est difficile d’avoir une grande quantité de laine de la même couleur, ce qui ne facilite pas le commerce. D’autant plus que les communautés sont très éloignées les unes des autres. Il est donc compliqué de structurer la vente pour répondre réellement à la demande du marché et l’exportation est encore moins évidente. Avec ce projet, AVSF et la mairie de Cocapata ont ainsi mis en place des rouets électriques et des formations pour apprendre aux femmes à classifier les différentes fibres afin qu’elles puissent répondre aux demandes du marché en termes de volume, de qualité et de délais. Il s’agit donc de structurer la filière laine sur le long terme. » 

Pour découvrir le récit complet de leur expérience : devenirpaysan.wix.com 

Crédit photo : Céline FOURNIER, Maxime LEPORTIER