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Madagascar, toujours + équitable

Stéphane SENAN, agronome

Stéphane SENAN, agronome expérimenté dans le domaine du commerce équitable, vient de s’engager en tant qu’assistant technique chargé du développement des filières équitables. L'association Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières et la coopérative ETHIQUABLE ont créé ce poste commun à Madagascar. L'objectif partagé des deux structures est de faire émerger ou renforcer des organisations de producteurs autonomes dans un pays assez verrouillé, pour qu’elles deviennent exportatrices des cultures qu’elles produisent sur des filières plus justes. AVSF et ETHIQUABLE souhaitent ainsi  accroître l'impact du commerce équitable à plus de familles paysannes et dynamiser les économies locales.

Explique-nous ton parcours professionnel…
Pour commencer, j’ai intégré une école d’agronomie à Paris. Les thèmes d’étude concernaient l’agriculture européenne (le blé, l’élevage intensif…). Je ne retrouvais pas mes valeurs dans ce type d’agriculture.
C’est à ce moment que j’ai décidé de partir avec David Millet, actuellement responsable d’AVSF en Haïti, pour parcourir le monde à vélo avec un projet précis. L’idée était d’aller à la rencontre des ONG locales en intervention en Afrique, en Asie et en Amérique Latine pour les filmer. Ma volonté de travailler comme agronome dans les pays du Sud s’est alors confirmée. C’est pourquoi j’ai poursuivi mes études d’agronomie tropicale et développement rural à SupAgro Montpellier.
J’ai ensuite travaillé chez Ethiquable pendant plus de 9 ans en développement de projets et filières, ce qui m’a amené à me déplacer fréquemment en Amérique Latine et en Afrique, et en particulier à Madagascar.

Quelle va être ta mission à Madagascar ?
Je serai responsable du Programme Commerce Equitable à Madagascar et entre autre chargé du développement des filières équitables au niveau national. Concrètement, cela signifie que je serai en charge du suivi des projets qui concernent les filières fruits, épices, cacao, sucre et miel.
Il s’agira également d’appuyer et conseiller les dirigeants et cadres des organisations paysannes partenaires impliquées dans les filières du commerce équitable (gestion de la qualité, des coûts et des prix, mise en œuvre de plans stratégiques et d’affaires). J’interviendrai au niveau de la commercialisation de ces produits. L’objectif sera de diversifier le portefeuille de clients des producteurs afin qu’ils puissent vendre non pas seulement en France mais aussi à d’autres clients potentiels, par exemple en Allemagne, en Suisse ou aux USA. Mon rôle sera alors de mettre en relation ces clients avec les coopératives malgaches. Enfin, l’idée sera d’identifier de nouvelles organisations paysannes et de nouvelles filières de commerce équitable à développer, formuler et instruire de nouveaux projets d’intérêt commun pour mettre en place et renforcer ces filières.

Comment définis-tu le commerce équitable ?
Le commerce équitable, selon moi, c’est permettre aux petits producteurs, regroupés dans une coopérative, d’accéder à un marché d’exportation ou de vente locale avec des meilleures conditions commerciales.
Ce qui doit se concrétiser par un meilleur prix - à savoir un prix qui couvre leurs coûts de production - une prime de développement et surtout un partenariat sur le long terme (+ de 10 ans).

Propos recueillis par Marine FOULON

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