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Devenir paysan

Adrien MARECHAL, paysan maraîcher bio

Adrien MARECHAL s’est installé comme paysan dans la Loire après avoir travaillé plus de cinq ans avec AVSF. Il nous explique sa reconversion et son projet.

Pourquoi as-tu décidé de devenir paysan ?

Après avoir terminé mes études en école de commerce, j’ai fait un stage chez Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières afin de découvrir le monde des ONG. J’ai ensuite travaillé dans cette association pendant cinq ans en tant que gestionnaire financier. J’ai même eu l’occasion de partir en mission pendant huit mois en Amérique Latine, plus précisément au Pérou, en Bolivie et en Equateur. Ces expériences m’ont donné envie de devenir moi-même paysan. Elles ont enrichi mes connaissances sur l’agriculture, un milieu que je connaissais déjà bien car mes parents sont paysans. En fait, j’ai toujours eu ce lien à la terre.

Explique-nous ton projet

L’idée est de développer, avec mon associé, une ferme dans le Roannais, dans le département de la Loire, pour produire des légumes en maraîchage bio. En parallèle, mon épouse vendra des plats cuisinés dans un food truck. Nous voulons proposer une cuisine saine et accessible en terme de prix ; c’est pourquoi les plats seront préparés avec ma production de légumes et que nous nous fournirons auprès de producteurs locaux pour les autres ingrédients (lait, viande…). Nous souhaitons ainsi développer un mode de consommation encore peu répandu dans la région. Nous avons même soumis aux habitants des questionnaires pour pouvoir répondre aux mieux à leurs besoins. Aussi, il y a encore peu de concurrence dans la région, le projet a donc toutes ses chances ! Dans les trois ou quatre prochaines années, nous aimerions gérer la transformation des légumes pour les vendre en épicerie coopérative.

Comment as-tu fait pour mettre en place ce projet ?

D’abord, pour mettre en place un tel projet, il faut s’intégrer dans de nombreux réseaux, qu’ils soient professionnels ou citoyens militants. Nous avons par exemple un partenariat avec la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire. Le but est de pouvoir, ensemble, être résilient en cas de crise.
De plus, le projet a intégré un Espace Test Agricole (ETA), ce qui m’a permis de bénéficier d’un accompagnement sur les techniques agricoles, les systèmes de vente, etc. Avec l’aide des organisations de l’ETA, je souhaite développer une autonomie la plus large possible, à commencer par l’utilisation des semences. Je pratique donc le troc de graines. Je souhaite également mettre en place une agriculture qui respecte les principes de l’agroécologie, comme le non-labour des sols, et du développement durable afin de générer des éco-systèmes riches et une biodiversité importante.
Par ailleurs, j’ai dû me former au métier de maraîcher bio. Pour cela, j’ai suivi 370 heures de formation et j’ai visité des exploitations au nord et au sud de la Loire. Aussi, je ne concevais pas le métier de maraîcher sans être labellisé bio, j’ai donc travaillé pour obtenir le label Ecocert.
Tout cela m’a permis à la fois de m’inclure dans un territoire pour être plus proche de la paysannerie et de donner du sens et de l’engagement à mon métier.


Propos recueillis par Marine FOULON