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Aider les paysans, un travail qui a du sens

Christophe BOSCHER, responsable de projet chez AVSF

Entre militantisme et émotion, Christophe BOSCHER, qui travaille depuis 12 ans avec AVSF, nous explique son intérêt pour la solidarité internationale et son travail avec les paysan(ne)s en Afrique.

Présente-toi en quelques mots, ton parcours…

Je suis ingénieur agronome, spécialisé en milieu tropical. Dès mes études, j’avais en tête l’idée de travailler à l’étranger. J’ai donc d’abord travaillé pour le CIRAD au Sénégal puis en Roumanie. J’ai ensuite commencé à travailler avec AVSF en 2004 en tant que coordinateur national à Madagascar puis je suis devenu responsable des projets filières en Afrique de l’Ouest (Mali, Togo, Sénégal, Ghana, Burkina Faso, Bénin…). A partir de 2014, j’ai travaillé sur un projet de renforcement des capacités commerciales au Mali concernant les filières karité et viande.

Pourquoi cet engagement dans la solidarité internationale ?

Mon intérêt pour la solidarité internationale remonte à très loin. Dès mon adolescence, je me suis intéressé au problème du sous-développement. Je considère que ces pays sont dans une situation de plus en plus catastrophique et que nous en sommes en grande partie responsables à cause de la colonisation mais je suis aussi convaincu que l’agriculture et l’élevage sont des solutions pour y remédier. Mais ce n’est pas seulement du militantisme, j’aime aussi le fait de travailler à l’étranger et notamment en Afrique, de découvrir d’autres cultures. Pour mon premier emploi en ONG, j’ai passé 4 ans dans une famille malienne, cette période m’a beaucoup marquée. Ma volonté de travailler dans des ONG comme AVSF s’est alors renforcée au fil du temps.

Qu’est-ce qui t’a le plus marqué de toutes ces missions ?

Avec le recul, ce qui me plaît le plus, c’est de travailler avec les organisations de femmes. L’impact des projets peut être énorme pour elles. Généralement, avec les équipes d’AVSF, on travaille dans des zones où les femmes ont peu le droit à la parole, sont peu écoutées, ont beaucoup de contraintes ménagères et gèrent sans relâche des tâches essentielles pour leur foyer (alimentation, santé, scolarisation des enfants…). Mais lorsqu’elles gagnent un peu d’argent, grâce aux activités mises en place ou renforcées par les projets, elles sont plus écoutées et ont plus de poids au sein de leur ménage. Je pourrais citer de nombreux exemples de femmes qui ont considérablement amélioré leur niveau de vie sur les plans économique et social. Il y en a même qui ont été élues comme conseillères municipales parce que leurs activités ont permis de reconnaître leurs capacités.

As-tu une anecdote particulière à raconter ?

En 2007, lorsque je travaillais à Madagascar sur un projet de commerce équitable, j’ai rencontré Serge, responsable de la coopérative de litchis Fanohana. Il taillait un arbre dans son champ. Nous avons discuté puis nous avons fait du scooter dans les champs et on est tombés une quinzaine de fois. Nous avons travaillé ensemble jusqu’en 2008, il avait pleins d’idées, il portait le projet. Trois ans après mon départ, je l’ai retrouvé lors d’un séminaire sur le commerce équitable. Il m’a pris à part et, les larmes aux yeux, il m’a dit : « Tu as changé ma vie ». Son émotion était très communicative et c’est ce genre d’instant qui me rappelle que mon travail est utile.

Propos recueillis par Marine FOULON


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