Pour que les hommes vivent
de la terre durablement

Un karité et une viande de qualité au Mali

Christophe BOSCHER, responsable du projet filières au Mali

Christophe BOSCHER, ingénieur agronome,  a travaillé plusieurs années sur le projet de structuration des filières karité et viande bovine au Mali. Il explique ce projet et les actions concrètes qui ont été mises en place pour le réaliser.

Au Mali, quels étaient les enjeux pour la filière karité ?
Il faut savoir que les organisations paysannes qui transforment le karité en beurre pour les cosmétiques et l’agro-alimentaire (le beurre de karité peut remplacer le beurre de cacao dans le chocolat) doivent faire face à une forte demande. Et le Mali est le deuxième pays d’Afrique à avoir le plus grand parc de karité avec 75 millions d’arbres : c’est énorme ! Mais par rapport à d’autres pays comme le Burkina Faso, le Mali vend beaucoup de karité en amandes. Ainsi, la plus-value que les Maliens pourraient gagner sur la transformation du karité est externalisée. Ils sont également confrontés à des contraintes d’hygiène et de qualité, et peinent à respecter les procédures de transformation qui permettent d’éviter d’obtenir un produit acide. L’objectif du projet d’AVSF était donc d’aider six organisations de transformation de karité par des formations, de l’accompagnement et de l’appui matériel.

Quelles sont les difficultés que tu as pu rencontrer sur le terrain ?
Un des gros problèmes du projet était l’analphabétisme des femmes qui transformaient le karité. Ces femmes se lèvent à cinq heures du matin pour aller chercher du bois, puis s’occuper des enfants et du foyer : leurs journées sont vraiment très chargées. Physiquement, c’est un travail très pénible. Pour elles, c’était plutôt une activité d’appoint, elles n’étaient pas toutes dans une logique de rentabilisation de l’investissement physique. La meilleure solution que l’on a trouvée a été alors de les mettre en relation avec des jeunes diplômé(e)s qui pouvaient assurer des postes de gestion financière. On vient aussi de créer deux emplois pour qu’elles aient accès aux fonds de roulement. Ce sont de bonnes avancées !

Et pour la filière viande bovine ?
Le challenge est, pour les producteurs, l’accès aux soins vétérinaires et aux aliments pour nourrir le bétail et, pour les autres acteurs, le transport et l’emballage de la viande ainsi que les conditions d’hygiène. L’objectif était donc triple : il s’agissait à la fois d’améliorer la qualité des produits, de renforcer les capacités commerciales des producteurs et des transformateurs mais aussi de soutenir les organisations paysannes pour qu’elles revendiquent leurs droits auprès des décideurs politiques. Cette action a donné lieu à un accord entre les agro-industriels et les éleveurs maliens qui peuvent ainsi obtenir les résidus de la production agro-industrielle pour nourrir leur bétail. C’était une grande satisfaction pour l’équipe du projet !

Propos recueillis par Marine FOULON

Cette action est mise en oeuvre par AVSF en maîtrise d'ouvrage déléguée par la Direction Nationale du Commerce et de la Concurrence du Mali sur financement de l'Agence Française de Développement.


En savoir + sur le projet filières karité et viande bovine au Mali

FAIRE UN DON POUR SOUTENIR LES PROJETS D'AVSF