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La tradition sauve le futur en Mongolie

Lutter contre la surexploitation des ressources et donc l'accélération de l'appauvrissement causées par l'élevage et le changement climatique

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Pour préserver le nomadisme, ce mode de vie et de subsistance historiquement adapté aux conditions naturelles difficiles de Mongolie, et éviter que les éleveurs ne viennent, en quête de travail, grossir la population des bidonvilles, il faut à la fois rééquilibrer la composition des élevages, maîtriser les risques d’une désertification croissante du milieu naturel dont ils dépendent, et développer des sources de revenu alternatives dans le cadre d’une démarche responsable.

Penser durable
En Mongolie comme ailleurs, la surexploitation des ressources est forcément synonyme de pauvreté croissante. Présente dans la région depuis 2004, AVSF répond par des solutions durables, qui tendent à préserver les activités traditionnelles, en améliorant les productions et leurs débouchés.
Dans cette optique, AVSF aide au rééquilibrage des troupeaux par des formations vétérinaires, la vaccination et le déparasitage des bêtes, et la sélection génétique. AVSF fait également évoluer les pratiques (peignage à la main et premier tri manuel) pour améliorer la qualité de la fibre de yack récoltée, et favorise la création de la 1ère filière équitable pour la fibre de yack mongole, avec à la clé des débouchés européens.

Renouer avec les pratiques ancestrales
Il est difficile de faire la part des choses entre les effets de la surexploitation des ressources par l’élevage et les conséquences des changements climatiques. Une chose est sûre : l’épuisement des ressources en eau et en fourrage est alarmant. Batagoo Dorj, Président de la Fédération des bergers, en témoigne : « Il y a dix ans, on n’aurait jamais pensé que les pâturages disparaîtraient des montagnes, tant ils étaient nombreux et luxuriants. Maintenant on peine à trouver de l’herbe. Avec tant d’animaux, la nature n’a pas le temps de se régénérer : les sources et les puits s’assèchent. Les vents deviennent plus rudes au printemps et apportent des tempêtes de neige. J’ai l’impression que les saisons sont toutes mélangées. »
Grâce au travail engagé par la Fédération et AVSF, la prise de conscience des éleveurs progresse. En 2013, 15 « groupes d’usagers des pâturages » se sont constitués, pour planifier une gestion solidaire et obtenir des autorités la reconnaissance légale de leurs droits d’usage. Cinq projets visant à régénérer des parcelles et créer ou réhabiliter des puits ont été sélectionnés.

Sauver le futur
Parallèlement, AVSF favorise la diversification des sources de revenus des familles nomades en leur permettant de se former à des productions complémentaires : filature artisanale de fil de yack pour les femmes, et cultures de maraîchage d’été et de plantes fourragères pour les éleveurs.
Et les résultats sont là ! Ochir, un éleveur nomade de la province d’Arkhangaï , l'affirme : « Avant, pour nourrir ma famille, je partais 6 mois travailler en ville en laissant ma femme et mes enfants s’occuper du troupeau. Maintenant, grâce aux formations d’AVSF, je cultive de l’orge pour mes yacks et ma femme a appris à filer leur laine. En la vendant avec notre coopérative, nous pouvons rester vivre tous ensemble dans notre yourte, sur la steppe, comme nos ancêtres ».

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