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Commencer une nouvelle vie dans la communauté de Tierra Hermosa

Histoire d'une famille paysanne

Commencer une nouvelle vie dans la communauté de Tierra Hermosa Image principale

Rayonnante, Dorotea Flores présente les produits de l'ogranisation des femmes de Tierra Hermosa en Bolivie, qui participe pour la première fois au marché agroécologique de San Ignacio de Velasco. Actuellement présidente de cette organisation, Dorotea a réussi à motiver les 16 membres du groupe pour mener de nouvelles activités productives dans la communauté telles que le traitement des fruits, la confection de nougats avec des produits locaux ou l'élevage de porcs. A peine un an après la création du groupe, les membres de Tierra Hermosa représentent fièrement leur organisation mère, le Mouvement des Travailleurs Paysans Indigènes Sans-Terre de Bolivie (MST-B) sur la place principale de San Ignacio. Mais Dorotea a parcouru un long chemin avant de venir s'installer en pleine forêt chiquitana, loin de tout commerce, pour commencer une nouvelle vie dans la communauté de Tierra Hermosa.

Originaire de Sopachuy, Dorotea a eu 4 garçons et 1 fille avec son mari, Demetrio Sanchez. Ils produisent principalement de l'arachide, du maïs et élèvent des cochons sur 2 hectares de terre. En 2011, une nouvelle opportunité se présente à la famille : leur fils José Luis les informe que la communauté Tierra Hermosa, créée en 2008, a besoin de se renforcer par l'intégration de nouvelles familles. Elle vient en effet de subir un conflit violent avec des communautés voisines et des groupes de pouvoir locaux, ce qui a découragé la plupart de ses membres. Avec un territoire de plus de 15 000 hectares, la communauté Tierra Hermosa permet à chaque famille de travailler un espace de 25ha, un espace suffisant pour encourager la famille Dorotea-Demetrio à relever ce nouveau défi.

Cependant, le changement de vie n'a pas été facile : le climat etouffant, les insectes ravageurs, l'isolement, la préparation du terrain nécessitèrent beaucoup d'efforts. Les entreprises agro-industrielles sont arrivées dans la zone, proposant leurs lots technologiques à crédit, réduisant les familles à un rôle de travailleur, sans prendre en charge la moindre protection sociale. Les familles assument les risques climatiques sans aucune garantie de prix pour leurs produits. Beaucoup de familles de la communauté ont ainsi commencé à s'endetter.

Face à cette situation, Dorotea a très vite compris le risque que représentait le fait de miser sur une seule culture d'exportation. “En Chuquisaca, on a toujours su cultiver de tout, nous ne manquions ainsi jamais de nourriture”, raconte-t-elle. Elle a participé à divers échanges d'expérience et ateliers sur le leadership en entreprise. Au niveau de l'organisation de femmes de la communauté, des activités d'élevage de porcs et de transformation des aliments ont été mises en place. Ce fut pour Dorotea l'opportunité de mettre en pratique ses capacités de leader, en fédérant les 16 membres de l'organisation de femmes. “Si nous sommes organisées, nous pouvons générer de meilleurs revenus et c'est ainsi toute l'organisation qui est renforcée”.Dorotea est actuellement en train de mettre en place de nouvelles activités comme la lombriculture ou la production de fourrage pour l'alimentation des cochons. Elle espère pouvoir améliorer leurs conditions de vie grâce à ces nouvelles activités productives plus durables et de pouvoir partager cette expérience avec les autres familles de la communauté.

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