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Séisme en Equateur : un 1er bilan deux mois après

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Un violent séisme a frappé à trois reprises la côte pacifique équatorienne les 16 avril et 18 mai, causant des dégâts considérables. Il laisse un lourd bilan : plus de 650 victimes, 16 000 blessés et plus de 25 000 personnes sans abri. Les victimes se concentrent essentiellement dans les villes, en raison de l’effondrement de maisons de deux à trois étages. Mais le séisme n'a pas non plus épargné le monde rural à l'image des familles de la coopérative FONMSOEAM du canton Muisne, qui produit du cacao équitable. Cette coopérative a été soutenue historiquement par AVSF de 2008 à 2010 ; elle fournit toujours aujourd'hui en cacao, notre partenaire ETHIQUABLE pour le marché français et européen.

L'évènement, catastrophique, survient après une difficile saison des pluies

Le séisme a fait suite à une saison des pluies particulièrement forte. Il a donc frappé des maisons dont la structure de pilotis en bois était déjà fragilisée par un sol gorgée d'eau, en raison des crues de la rivière survenues depuis plusieurs semaines.

Dès le lendemain du séisme, les familles des communautés touchées installent des tentes et constructions très provisoires en bambou. L’aide locale qui arrive peu à peu permet d'accéder à des bâches pour protéger les abris. La coopérative FONMSOEAM achètera elle-même quelques jours plus tard des bâches plastiques pour distribuer aux familles sinistrées. Encore aujourd’hui, les familles vivent sous ces abris, où elles ont installé les cuisines, des lits et des tables. Elles y dorment toujours pour éviter les conséquences de possibles répliques.

Après avoir établi un diagnostic de la situation sur place, AVSF et son partenaire Ethiquable ont donc décidé de lancer une campagne d’appel à don.

L’élan de solidarité des donateurs permet à la coopérative de réagir rapidement

Une partie de l’argent collecté auprès des donateurs et partenaires, qui se sont montrés particulièrement généreux, est envoyé en urgence sur le terrain : FONMSOEAM décide d’utiliser ces dons pour réparer le mur d’enceinte du centre de fermentation et séchage du cacao. En effet, remonter le mur au plus vite et réparer ses failles permettent de sécuriser tout le cacao stocké à l’intérieur, pour éviter des vols et pertes, comme cela avait été le cas en février dernier, lors d’inondations dues à la crue de la rivière.

Une autre partie de la collecte est dédiée aux familles sinistrées, membres ou sous influence de la coopérative, affectées par une destruction totale de leur habitation. L’aide fournie permet l’achat de matériaux de construction pour construire des pilotis en béton armé (et non en bois, comme cela est le cas traditionnellement), mais également des clous et des planches, pour un montant total d’environ 700 € par famille. La communauté propose ensuite d’organiser des « mingas » pour reconstruire les maisons collectivement (mot quechua entré dans le langage courant équatorien, qui signifie « travail communautaire » au cours duquel un adulte de chaque famille réalise un travail qui lui a été attribué sur une date précise).

Aujourd’hui 17 familles déjà ont ainsi été dotées des matériaux requis pour la reconstruction de leur maison. FONMSOEAM a sollicité l’appui d’un architecte pour de l'appui-conseil à la reconstruction, mais aussi pour évaluer les dégâts et travaux éventuels à engager pour les quelques maisons en béton des communautés.

Des conséquences économiques non négligeables

La population du canton Muisne vit de trois activités économiques principales dont le tourisme, avec l’ile de Muisne et les plages de Monpiche. De nombreuses femmes trouvent des emplois saisonniers dans les hôtels en bord de plage ou dans un grand complexe hôtelier international proche de la zone de production. Mais avec le séisme, les hôtels se sont vidés et le complexe hôtelier a fermé ses portes à cause des dégâts.

La pêche artisanale est également une source de revenu importante. Avec le séisme, le poisson a disparu et les bassins de crevettes ont souvent été endommagés. Certains ont totalement lâché, engendrant des pertes de production.

La production agricole devient donc aujourd'hui la seule alternative de court terme pour cette région. Donner de la valeur ajoutée au cacao, grâce à la certification bio et commerce équitable, est essentielle. La coopérative FONMSOEAM est donc très sollicitée par de nouvelles communautés. Vicente, le jeune président fait le compte des demandes d’affiliation : plus de 500 familles ont ainsi émis leur souhait d'incoprorer la coopérative qui en compte aujourd'hui 400 !