Pour que les hommes vivent
de la terre durablement

Défendre la terre et la forêt au Guatemala

AVSF aide les indiens à garder le contrôle de leur terre en se constituant comme une force face aux entreprises et aux grands propriétaires

Défendre la terre et la forêt au Guatemala Image principale

Au Guatemala, les municipalités de Chisec et Raxruha dans le département de Alta Verapaz se sont constituées par les vagues successives de migration de paysans indiens Q’eqchi’. Dénués des ressources nécessaires (crédit, assistance technique) pour mettre en production leurs parcelles, ils sont tentés de vendre leurs terres à de gros investisseurs qui privilégient la culture de la palme africaine et l’élevage, et sont souvent contraint de trouver d’autres sources de revenus (nouvelles migrations, extraction destructrice, etc.).

Depuis 2006, AVSF et son partenaire, l’ONG de jeunes professionnels indiens APROBA-SANK, soutiennent ces communautés pour qu’elles reprennent le contrôle de leur territoire. Avec comme objectifs de pouvoir gérer collectivement leurs terres à l’aide de droits fonciers sécurisés juridiquement, et gérer durablement leurs ressources naturelles en développant une agriculture diversifiée.

Quand GPS et traditions s’allient
De 2006 à 2011, AVSF et APROBA-Sank ont travaillé avec les communautés indiennes concernées, à l’acquisition d’une vision de leur territoire à moyen terme. Certains membres - formés à l’utilisation du GPS - ont recensé et délimité des parcelles agricoles et zones traditionnellement résidentielles, aires protégées (forêts, cours d’eau) et frontières communautaires. Ce travail cadastral portant sur 1 027 parcelles (5 202 ha au total) a engendré 22 plans de gestion communautaire des ressources naturelles, reconnues par les familles et leurs autorités comme « élément fondamental de la vitalité des territoires q’eqchi’ ».

Pour une inscription au cadastre officiel
Dans le cadre de son programme national de légalisation des titres de propriété (et appuyé par la Banque mondiale) l’Etat guatémaltèque ne reconnaît pas le droit à la gestion collective des terres des communautés indiennes. L’enjeu ? Une promotion de la propriété individuelle et de l’investissement de capitaux nationaux et internationaux dans des activités agricoles jugées plus « performantes », comme la palme africaine. AVSF et APROBA-Sank assistent donc ces communautés dans leurs démarches juridico-légales, avec comme objectif l’inscription à leurs noms au cadastre officiel, des terres répertoriées et cartographiées dans le cadre communautaire.

Un droit ancestral sur la forêt
Autre lieu d’action d’AVSF au Guatemala : les départements riches en forêts d’El Quiché et Totonicapán, où les communautés indiennes pauvres ont du mal à faire valoir leurs propres normes traditionnelles de gestion par rapport aux normes « occidentales » de gestion individuelle et mercantile. AVSF s´est alliée avec le réseau d’organisations de foresterie communautaire Ut´z Che’ pour accompagner 12 organisations regroupant 24 300 membres. Avec trois objectifs d’abord : Élaborer des outils de gestion forestière collective. Ensuite, faire reconnaître par l’Etat les services environnementaux qu’elles rendent à leurs territoires (et plus généralement - les droits ancestraux des peuples indiens et leurs pratiques traditionnelles). Et enfin, sensibiliser l’opinion publique à l´importance de l’agriculture paysanne. Conditions indispensables pour ouvrir au réseau Ut’z Che’, dans son ensemble, un espace de dialogue politique au niveau national.