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Retour de la COP22 : l’agriculture au cœur … sans y être

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"AGIR", "ACTUAR", ACT", des mots affichés en grand, déclinés en plusieurs langues en lettres blanches sur fond rouge sur de grands panneaux bordant toutes les avenues et boulevards de Marrakech. La ville historique s'était parée de ses plus beaux atours pour accueillir cette conférence climatique annoncée comme la COP de l'Action suite à l'adoption puis la mise en route, plus rapide que prévue, de l'Accord de Paris le 4 novembre dernier.  Parce qu'hébergée par le Royaume du Maroc, la conférence aura mis le projecteur sur les pays les plus vulnérables, notamment africains, et l'adaptation au cœur des débats. La déclaration politique adoptée par les Chefs d'Etat réunis du 15 au 17 novembre est en ce sens plutôt engageante et encourageante, même si force est de constater que les négociations parallèles ne sont  pas à la hauteur des annonces politiques.

Seul secteur cité dans la déclaration politique, l'agriculture ! Pourtant, les discussions pour préparer un programme de travail sur l’agriculture ont tourné court, en raison des divergences persistantes entre les pays prônant la priorité à l'adaptation de leurs agricultures et les Etats qui fondent leurs économies agricoles sur des systèmes industriels et intensifs, même si fort peu compatibles avec les enjeux climatiques. Ces discussions ont donc tout simplement été reportées au printemps 2017 puis à la COP23 !  

L'agriculture a pourtant bien eu sa place au cours de la COP22, pas en son cœur mais en périphérie .... Au delà d'être mentionnée dans la déclaration politique finale, elle était au cœur d'initiatives parallèles de l'Agenda de l’Action : l'initiative "Triple A" lancée par le Royaume du Maroc ou l’initiative 4/1000 lancée par la France officiellement lors de la COP 21 et qui tenait pendant cette COP22 la 1ère réunion de ses membres et partenaires. Certains observateurs et ONG s'inquiètent de ces initiatives parallèles qui, à défaut d'être suffisamment définies et encadrées, pourraient laisser libre champ à des pratiques contraires aux intérêts et droits des agricultures familiales.

Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières était présent à la COP22 et la rencontre des membres du Consortium 4/1000.  Lisez son analyse !