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Les défis de l'élevage en Afrique de l'Ouest

En Afrique de l’ouest, le défi est de faire face à la demande croissante en lait et en viande tout en privilégiant la filière bovine locale contre les importations étrangères.

Une filière laitière locale au Sénégal…

Au Sénégal, l’élevage de bovin pour la production de viande et de lait est essentiel pour l’économie. Dans la région de Kolda en Casamance, il fournit 20% de la production nationale de lait. Partant du constat que le système des unités de transformation privées impose trop souvent des prix bas aux éleveurs, AVSF innove en installant des mini-laiteries coopératives, associant chacune 30 à 40 membres-éleveurs qui en sont propriétaires. Ils collectent le lait eux-mêmes puis le livrent à la laiterie. Ils sont ensuite rémunérés chaque mois en fonction du volume livré, à un prix fixé selon la saison, en concertation avec tous les acteurs de la filière.

Chaque mini-laiterie livre ensuite à des points de vente stratégiques dans les villes, comme des kiosques peints aux couleurs des coopératives. Les bénéfices réalisés par chaque laiterie sont gérés collectivement, et réinvestis dans d’autres activités ou en micro-crédits pour les éleveurs confrontés à des problèmes familiaux.

…pour des produits locaux et compétitifs

Face à la concurrence du lait en poudre importé, AVSF innove également à la fois par la transformation et le conditionnement. Ainsi, de nouveaux produits peuvent être commercialisés : lait caillé sucré, lait frais pasteurisé, yaourt, thiacry (fromage blanc au couscous de mil)…

La concertation entre les acteurs a permis de fixer des prix profitables à chacun et concurrentiels par rapport aux produits importés. Grâce aux techniques de stabulation des vaches en lactation expérimentées par AVSF depuis les années 90, et à la production de fourrages, la production de lait en continu est désormais assurée, même en saison sèche. Il reste toutefois difficile d’absorber toute la production en saison haute et de faire parvenir tout le lait au consommateur. Il faut encore améliorer la logistique avec des camionnettes, moto-tricycles, caisses de conservation, et ouvrir de nouveaux kiosques urbains pour couvrir un territoire de distribution plus large.

Au Togo, des Auxiliaires Vétérinaires pour soigner le cheptel

Selon la FAO, l’élevage familial était le moins protégé en cas d’épidémies, en raison de la dépendance des éleveurs aux vétérinaires publics payants (dont les contrôles sont trop irréguliers) et de la grande liberté des animaux.

Depuis 20 ans, AVSF et son partenaire l’ICAT (Institut public de Conseil et d’Appui Technique) ont donc formé 1 400 Auxiliaires Vétérinaires et diffusé un modèle de poulailler traditionnel amélioré à base de matériaux locaux (3 000 poulaillers construits) pour favoriser la santé aviaire.

Grâce à l’appui du gouvernement togolais et de la Banque Mondiale ces innovations ont bénéficié d’un formidable changement d’échelle ces dix dernières années en passant au niveau national : 9 450 éleveurs supplémentaires ont été formés et 3 750 poulaillers traditionnels améliorés construits.

… avec un impact impressionnant!

 En 2015, AVSF a organisé une mission d’évaluation pour mesurer l’impact technique, économique et social des projets menés au Togo sur le petit élevage depuis 20 ans.

Plus de 50% de ceux qui ont été formés sont toujours en activité. Pour beaucoup, l’activité d’auxiliaire vétérinaire est devenue un métier à part entière. Les poulaillers traditionnels améliorés, quant à eux, ont permis d'importants progrès zootechniqhes et économiques avec une alimentation différenciée des volailles permettant une meilleure santé des volailles et un taux de mortalité des poussins beaucoup moins élevé.