Pour que les femmes et les hommes
vivent de la terre durablement

30 ans d’action au Nord Mali

Dans un contexte de crise AVSF apporte depuis 30 ans une aide d'urgence et de post-urgence au Nord Mali sous la forme d'équipes de santé mobile.

Printemps 1984 : une équipe de journalistes, rentrée du Mali, alerte sur la sécheresse annoncée. Quelques vétérinaires lyonnais montent un programme d’urgence : produire de la viande séchée localement pour sécuriser le capital des éleveurs. Une « première » qui va fonder tout le travail de Vétérinaires Sans Frontières en Afrique de l’ouest.

Dans les années 2000, une étude sur l’accès à la santé dans une zone nomade isolée, réalisée conjointement avec Médecins sans Frontières-Luxembourg, constate une absence de services de santé humaine et animale avec pour conséquence une vaccination quasi-inexistante, l’utilisation arbitraire de produits vétérinaires, et un taux de mortalité maternelle très élevé qui révèlent des besoins criants en santé humaine et animale. Ainsi naît le projet innovant Santé Nomade qui se poursuit encore aujourd’hui.

Une clé : les équipes de santé mobile

Avec l'absence de service sanitaire, la forte interdépendance homme-animal a conduit AVSF à développer un système mobile de santé mixte humaine et vétérinaire. Il s'avère adapté à la mobilité des éleveurs et aux impératifs de prévention des épizooties.

Le principe ? Une équipe mobile composée d’un médecin, une infirmière, un représentant des communautés, d’un technicien en santé animale et un chauffeur se déplace durant 14 jours par mois sur 11 sites, à la rencontre des campements. Entre deux de leurs passages, une accoucheuse traditionnelle et un auxiliaire d’élevage issus du milieu et formés par le projet, dépistent les cas de malnutrition, identifient les populations non vaccinées, suivent les femmes enceintes et assurent l’épidémiosurveillance du bétail.

Résultats : des actes préventifs, comme la consultation prénatale en forte progression, un taux de couverture vaccinal de 94 % des enfants de moins de 5 ans, des réponses aux épidémies (rougeole, clavelée des petits ruminants) avec 0 cas de mortalité sur les sites couverts, des séances d’information et des coûts inférieurs de 200% par rapport aux services d'urgence médicales sédentaires.

Combiner urgence et moyen terme

Le Mali souffre de crises alimentaires récurrentes liées aux aléas climatiques ou aux conflits armés. Pour y répondre, nous apportons une aide alimentaire d’urgence quand il n’y a pas d’autre acteur humanitaire dans notre zone, mais surtout nous cherchons à faciliter l’accès aux marchés (création de marchés à bétail en zone pastorale, développement du maillage hydraulique facilitant les déplacements vers des zones de commercialisation), ou à renforcer le capital productif (accès aux animaux, aux semences, à l’irrigation).

Ainsi de 2012 à 2016, nos actions en partenariat avec l’ONG Malienne ADESAH ont combiné urgence et moyen terme. Menées en parallèle - aide alimentaire, prise en charge des cas de malnutrition, traitement et complémentarité alimentaire des animaux, création de marchés – elles permettent aujourd’hui aux familles d’accroître leur autonomie alimentaire en vendant leur production. La diversité alimentaire et le nombre de repas pris répondent maintenant aux standards internationaux, malgré la crise sécuritaire qui perdure et une aide alimentaire fortement réduite.

Avec un nouvel enjeu : redynamiser la structuration sociale et appuyer les nouvelles instances politiques locales pour relancer les activités économiques, pour sécuriser leur territoire, faciliter la migration de leur bétail selon la « loi pastorale » et faire valoir leurs droits