Pour que les hommes vivent
de la terre durablement

40 ans après : de nouveaux défis, un combat à poursuivre

Depuis 40 ans, AVSF construit avec les paysans du monde l'avenir de l'agriculture

Depuis 40 ans, la mission d’AVSF est de soutenir les agricultures paysannes et leurs organisations. Marginalisées et oubliées des politiques publiques sur tous les continents, ces communautés paysannes ont fait face à toutes sortes de processus d’exclusion : des marchés, de l’éducation, des services, ou tout simplement des ressources productives que sont la terre et l’eau. AVSF a relevé le défi d’appuyer ces communautés dans des domaines fondamentaux, voire vitaux pour nombre d’entre-elles.

En France, AVSF n’a cessé de témoigner de ces situations d’exclusion, tout en refusant de sombrer dans la médiatisation extrême de son action et recourir à des images chocs - et toujours choquantes - de la misère.

Ce combat est-il aujourd’hui encore pertinent ? Notre action doit s’inscrire dans une lecture toujours renouvelée des enjeux de notre monde : lutter contre la pauvreté et les inégalités et contre ces changements climatiques qui ont déjà mis sur les routes des milliers de migrants d’origine rurale ; relever le défi alimentaire, - en 2050, il s’agit de nourrir une population de 9,2 milliards d’habitants - et celui majeur de l’emploi des jeunes - en Afrique subsaharienne, plus de 300 millions de jeunes arriveront sur le marché du travail dans les 15 prochaines années - mais aussi renforcer la démocratie dans des pays fragiles et lutter contre le terreau de l’insécurité partout dans le monde.

L’interdépendance entre nos territoires et ceux du Sud s’est fortement accrue. Nombreux sommes-nous à être interpellés par ces milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui fuient en prenant des risques insensés, les conflits armés dans leur pays et les violences dont ils sont déjà l’objet, ou qui tentent simplement d’échapper à la pauvreté et aux conséquences des changements climatiques. Or les solutions à ces migrations massives passeront non pas par un renfermement de nos territoires sur eux-mêmes, comme certains nous laissent le croire mais bien par des politiques accrues de solidarité et d’aide au développement pour permettre à ces populations de vivre dignement sur leur territoire.

Soutenir les agricultures paysannes est donc aujourd’hui au cœur de ces enjeux pour relever les défis du XXIe siècle.

Il s’agit pour nous de relever le défi de produire certes plus, mais grâce aux transitions agroécologiques, de produire une alimentation diversifiée de qualité qui protège les écosystèmes, la biodiversité, le climat et la santé des populations. Il s’agit d’assurer des conditions de vie attractives et un revenu décent aux paysans, notamment aux jeunes, grâce à des marchés des produits agricoles et de l’élevage plus transparents et rémunérateurs : filières courtes entre campagnes et villes en pleine expansion, filières équitables et de produits de qualité et d’origine. Il s’agit enfin de soutenir la création d’emplois en milieu rural dans l’agriculture mais aussi dans de petites entreprises de l’économie sociale et solidaire, en amont et aval sur les territoires : fourniture d’outillage et de services – santé animale, conseil technique -, transformation, commercialisation.

Nous ne cesserons par ailleurs de soutenir ces mêmes communautés dans des situations, malheureusement fréquentes, de crise humanitaire pour cause de catastrophe naturelle ou de crise politique.

Nos combats et missions restent plus que jamais pertinents. C’est là aussi notre contribution, même modeste, aux Objectifs du Développement Durable souscrits par l’Assemblée Générale des Nations Unies en septembre 2015 qui concernent autant l’action des Etats, des collectivités locales, du secteur privé marchand, que de nos organisations de solidarité.