Ateliers au Togo sur "Un meilleur accès au financement agricole"

Atelier Togo Image principale
Dans le cadre d’un projet de capitalisation, financé par l’Agence régionale de l’agriculture et de l’alimentation de la CEDEAO, AVSF  et ses partenaires, INADES formation Togo, la Faitière des Unités de coopératives d’épargne-crédit du Togo (ou le premier réseau d’IMF du Togo, la FUCEC) et la Centrale des producteurs de Céréales du Togo tiennent en ce moment à Lomé un atelier international sur le thème du financement de l’agriculture.
A la lueur d’une expérience d’accès au financement agricole développée au Togo entre 2010 et 2017, une cinquantaine de participants, du Togo, du Bénin, du Mali, Burkina Faso et de Côte d’Ivoire sont réunis pour échanger autour des partenariats entre organisations paysannes, institutions de microfinance et ONGs permettant le développement du crédit agricole.

Pour que les hommes vivent
de la terre durablement

COP21 : rien n'est joué, enclenchons la transition pour un monde à moins de +1,5°C !

2015-11-27

Paris, le 27 novembre 2015 – A trois jours de la COP21, Coordination SUD et le Réseau Climat & Développement (RC&D) envoient un signal fort aux négociateurs. Bien que tout ne s’y joue pas, le résultat de la Conférence Paris Climat 2015 contribuera à dessiner l’avenir de la planète. Les ONG de solidarité internationale, françaises et africaines1, appellent les États à relever leur ambition pour un accord contraignant qui permettra de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C2.

Pour Coordination SUD, le Réseau Climat & Développement et leurs membres : l’Accord de Paris doit enclencher, encadrer et encourager la transition pour limiter les impacts dévastateurs des changements climatiques et permettre aux pays les plus pauvres de se développer sur des trajectoires bas-carbone et résilientes. Cet accord, qui se veut historique, doit contribuer à limiter les risques de conflits liés aux changements climatiques et à ne pas aggraver les situations de pauvreté pour la seconde moitié du siècle.

« Il est indispensable que les pays les plus émetteurs prennent leurs responsabilités en rehaussant, le plus vite possible, le niveau de leurs contributions pour lutter contre les changements climatiques et l'aide à l'adaptation des pays les plus vulnérables. », alerte Philippe Jahshan, président de Coordination SUD.

Un monde à +3°C par rapport à l'ère préindustrielle, c'est un monde en proie à l'insécurité alimentaire, au regain d’intensité et de fréquence des évènements extrêmes. Un monde qui accule les populations à la migration. Un monde où, finalement, tous les efforts accomplis ces dernières décennies pour réduire la pauvreté sont anéantis, ne serait-ce qu'en raison des coûts colossaux de l'adaptation aux impacts du changement climatique.

« En Afrique, les coûts de l'adaptation pourraient atteindre, d’ici à 2050, 50 milliards de dollars par an si nous restons en deçà des 2°C de réchauffement, et jusqu'à 100 milliards dans un scenario à +4°C », rappelle Joseph Kogbe, coordinateur du Réseau Climat & Développement.

Les scientifiques nous le disent : il est encore possible de limiter cette hausse des températures. « C'est maintenant qu'il faut engager des réformes profondes qui soient applicables bien avant 2020, en particulier en réduisant drastiquement notre dépendance aux énergies fossiles et en s'orientant vers les énergies renouvelables », complète Vanessa Laubin, cheffe de file de la commission Climat et développement de Coordination SUD et conseillère technique Climat et territoires au GERES.

Les bonnes solutions, adaptées à chaque contexte, existent et sont une opportunité majeure pour les pays les plus vulnérables. Elles sont notamment portées par les organisations de solidarité internationale et la société civile des pays en développement. Mais il faut désormais pouvoir les déployer à grande échelle. Pour cela, Coordination SUD et le RC&D rappellent l'absolue nécessité de mobiliser des financements publics additionnels et prévisibles pour le climat, notamment en matière d’adaptation.

Cependant, il n'est pas question, au nom de la lutte contre les changements climatiques, de promouvoir n’importe quelle solution et notamment, celles qui bafouent les droits humains.

Pour Coordination SUD et le RC&D, l’Accord de Paris est nécessaire mais non suffisant. Plus que jamais, nous restons mobilisés, dans les négociations internationales et sur le terrain, pour développer les alternatives et pour faire entendre la voix de ceux qui voient déjà, au quotidien, les changements climatiques bouleverser leurs vies.

1 http://climatdeveloppement.org/wp-content/uploads/2015/11/Note-COP21-BAT-bd.pdf

2 Document de position Coordination SUD : « Les objectifs du développement durable ne pourront être atteints sans limiter le réchauffement climatique en dessous de 1,5°C » - http://www.coordinationsud.org/wp-content/uploads/CS-COP21-FR-web-vf.pdf

Contact presse
Coordination SUD : Bénédicte Bimoko, bimoko@coordinationsud.org - Tél : 01.44.72.03.78 / 07.76.78.15.19
Réseau Climat & Développement (RC&D) : Aissatou Diouf, aissatou.diouf@endaenergie.org ; Marion Richard, marion@rac-f.org - Tél : 07.81.64.84.41

  

La sante animale de proximité : enjeu mondial pour les populations humaines et animales

2015-10-13

L’association « Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières » (AVSF) organise un séminaire du 20 au 22 octobre 2015 à l’amphithéâtre d’honneur du VetAgro Sup de Lyon sur les services de santé animale de proximité. L’occasion pour une cinquantaine de professionnels vétérinaires  du monde entier d’échanger leurs expériences pratiques et théoriques.

Les épidémies animales au cœur des préoccupations mondiales
Peste des petits ruminants, fièvre aphteuse, pseudopeste aviaire, … , les épidémies animales sont au cœur des préoccupations mondiales. En effet, « dans les pays en développement, les maladies animales constituent une menace directe pour la sécurité alimentaire, la nutrition et les revenus des communautés rurales tributaires de l’élevage », souligne le docteur Stefano Mason, expert vétérinaire chez AVSF.

C’est pourquoi sur l’ensemble des territoires, y compris dans les zones reculées, auprès des populations les plus isolées, il est indispensable de mettre en place un système pérenne de santé animale de proximité.

AVSF, à l’instar des grandes organisations internationales comme l’OIE, reconnait et promeut le rôle des para-professionnels vétérinaires et des auxiliaires de santé animale dans la maitrise des grandes pandémies animales et zoonotiques.

Une cinquantaine d’experts vétérinaires réunis à Lyon
Venue des continents africains, latino-américains et asiatiques, une cinquantaine de spécialistes vétérinaires et zootechniques d’AVSF et du réseau « Vétérinaires Sans Frontières International » vont échanger sur leurs expériences avec les experts de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de France Vétérinaire International (FVI).

« Nous sommes très heureux de réunir à Lyon nos collègues vétérinaires et zootechniciens du monde entier. C’est l’occasion de croiser nos expériences pratiques et de rappeler l’importance d’un système de santé animale de proximité pour les populations d’éleveurs les plus fragiles. » rappelle Carline Mainenti, Responsable plaidoyer chez AVSF et Présidente du réseau Vétérinaires Sans Frontières International.

Séminaire  « les services de santé animale de proximité : un enjeu mondial pour le développement des populations humaines et animales »
Du 20 au 22 octobre 2015
Ecole VetAgroSup
Amphithéâtre d’honneur
1 avenue Bourgelat 69280 Marcy l'Etoile
Programme complet

Contact presse : Christophe LEBEL / c.lebel@avsf.org / 01 43 94 73 48

Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières
Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) est une association lyonnaise de solidarité internationale reconnue d'utilité publique, qui agit depuis 1977 pour soutenir l'agriculture paysanne. Avec l'agriculture paysanne défendue par AVSF, des familles ne souffrent plus de la faim, des paysans vivent de leur terre et de leurs troupeaux, des communautés préservent l'environnement, des organisations nourrissent les peuples et défendent leurs droits. AVSF est membre de Vétérinaires Sans Frontières International.

Vétérinaires Sans Frontières International
Actifs dans plus de 30 pays en Afrique, en Amérique Latine et en Asie, les membres du réseau « Vétérinaires Sans Frontières International » agissent pour consolider l’élevage et l’agriculture familiale, au service des populations pastorales et rurales les plus démunies. Ils œuvrent pour une relation saine et durable entre Hommes, animaux et environnement. Ils consolident les services vétérinaires et interviennent pour améliorer le bien-être et la résilience des populations, afin de promouvoir la sécurité et la souveraineté alimentaires.

+ de 355 organisations de la société civile disent NON à l’«agriculture intelligente face au climat»

2015-09-21

Un an après le lancement de l’Alliance mondiale pour une agriculture intelligente face au climat (GACSA), la société civile réitère son opposition à cette initiative dans une 3e déclaration commune, signée par 355 organisations du monde entier dont 23 organisations en France[1].

Créée lors du sommet climat de l’ONU en septembre 2014, l’Alliance mondiale pour une agriculture intelligente face au climat (GACSA) est une initiative qui compte près d’une centaine de membres et notamment 22 Etats et des entreprises, parmi lesquelles de grandes multinationales de l’agro-industrie.

Le concept d’ « Agriculture intelligente face au climat » (« Climate Smart Agriculture » ou CSA), introduit pour la première fois par la FAO en 2010, est conçu comme un cadre visant à réorienter les systèmes agricoles pour soutenir les objectifs de développement et de sécurité alimentaire face aux changements climatiques. Ce concept est cependant fortement contesté, y compris par la communauté scientifique : 70 universitaires se sont ainsi ouvertement opposés au modèle de la CSA, promouvant à la place, la légitimité scientifique et sociale de l'agroécologie. [2]


Dans leur déclaration, les organisations signataires dénoncent le caractère trop vague et large de la définition d’«agriculture intelligente face au climat», qui permet d’inclure des pratiques dommageables pour la souveraineté alimentaire et le climat. En effet, aucun critère ne définit ce qui est ou n’est pas «intelligent face au climat». Les entreprises de l’agro-business qui promeuvent l’utilisation d’engrais chimiques, la production industrielle de viande et l'agriculture à grande échelle, consommatrice d’intrants et de pesticides chimiques peuvent ainsi se targuer d’apporter des réponses « intelligentes » face aux dérèglements climatiques tout en perpétuant leurs pratiques[3]. Alors même que ces dernières sont largement reconnues comme contribuant aux changements climatiques et nuisant à la résilience des systèmes agricoles. De surcroît, la GACSA, qui comprend de nombreux représentants du secteur de l’industrie des engrais, n’a mis en place aucun mécanisme de suivi et de redevabilité et n’est donc pas en mesure d’évaluer ce qu’elle considère comme climate smart.

Les Etats qui signeront un accord cette année lors de la COP 21 doivent se tourner vers des solutions qui répondent véritablement à la crise alimentaire et climatique, telle que l’agroécologie paysanne qui devrait être le pilier fondamental de toute politique agricole. Un "Agenda des solutions" est en cours de création pour la COP 21 avec pour objectif de lister initiatives concrètes pour lutter contre les dérèglements climatiques.  Les organisations signataires demandent aux gouvernements de ne pas reconnaître l’ « agriculture intelligente face au climat » comme solution aux changements climatiques au sein de cet Agenda et de n’orienter aucun financement lié à la lutte contre le changement climatique vers des projets et programmes estampillés « agriculture intelligente face au climat ».

Le texte complet de la déclaration de la société civile est disponible ici
Les précédentes déclarations  des organisations de la société civile s’opposant à l’« agriculture intelligente face au climat » sont disponibles ici

Contact presse : CCFD-Terre Solidaire - Karine Appy, 01 44 82 80 67 / 06 66 12 33 02


[1] Signataires français:

Action Contre la Faim (ACF), Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF), Amis de la Terre, ATTAC France, CARI, Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI), CCFD-Terre Solidaire, Confédération Paysanne, ENERGIES 2050, FIAN France, Gevalor, Greenpeace, Gret-Professionnels du développement solidaire, Ingénieurs Sans Frontières - Agricultures et Souveraineté Alimentaire (ISF AgriSTA), Laboratoire de Recherche en Gestion et Economie des Industries Agroalimentaires (Largecia-Oniris), Plate-Forme pour le Commerce Equitable, Peuples Solidaires-ActionAid, réseau  FAIRNESS, Réseau Action Climat, Réseau Climat & Développement, Réseau Foi et Justice Afrique Europe, Secours Catholique - Caritas France

[2] Une deuxième lettre signée par des scientifiques a été publiée en juin 2015 : http://www.iatp.org/documents/scientists%E2%80%99-open-letter-to-fao-director-general-graziano-da-silva-in-support-of-the-februa

[3] Par exemple, Monsanto, Walmart et McDonald's ont lancé leurs propres programmes « d'agriculture intelligente face au climat ».

Les associations de solidarité internationale, un secteur économique en croissance malgré un contexte défavorable

2015-06-08

Coordination SUD, le ministère des Affaires étrangères et du Développement international et l’Agence française de développement publient l’étude « Argent & associations de solidarité internationale de 2006-2011 ». Réalisée par Ritimo, cette enquête présente les ressources et dépenses d’un panel de 64 associations de solidarité internationale. Elle fournit des informations précieuses pour appréhender les évolutions du secteur et orienter les politiques publiques en la matière.

La dernière enquête « Argent et associations de solidarité internationale (ASI) » finalisée par la Commission Coopération Développement (CCD) en 2008, couvrait les exercices 2004 et 2005. Ce nouveau rapport sur les ressources et dépenses des ASI était donc particulièrement attendu. La présente étude, bien que basée sur un panel plus réduit, reste particulièrement utile.

Le secteur des ASI est en pleine croissance. Il pèse plus de 1 milliard d’euros et représente 23 500 emplois en France et à l’étranger. Les ressources des ONG interrogées ont augmenté de 54 % entre 2006 et 2011 avec un taux de croissance annuel moyen de plus de 9 %, malgré la crise, sans que les effets du séisme en Haïti n’en soient l’unique cause.

L’étude atteste du dynamisme et de l’efficience du secteur qui poursuit une diversification des métiers de ses organisations et un élargissement de leur spectre d’action. Même si l’Afrique Subsaharienne reste la zone d’intervention privilégiée des ONG, celles-ci renforcent également leurs actions en Asie. Autre évolution majeure, la prise en compte par de plus en plus d’ONG du continuum entre urgence, réhabilitation et développement, par des approches plurisectorielles.

« Cependant ce gain d’efficience ne doit pas occulter la faiblesse des financements structurels qui engendre une inquiétude permanente pour la pérennité des activités et limite les possibilités de travail sur la qualité des emplois », nuance Bernard Salamand délégué général de Ritimo.

Si l’on observe en détail la structuration des financements, la part des ressources provenant de la générosité du public n’a que très légèrement baissé au cours de cette période de crise. De même, un effort de diversification du secteur peut être noté qui se traduit par une part croissante des sources de financements émanant d’entreprises ou fondations, etc. Le poids des fonds publics en général demeure en dessous des 50 % du budget des ASI. Dans ce volume, les fonds européens et internationaux représentent la majeure partie des ressources des ASI. La part des fonds publics français demeure de son côté très faible (17 %).

Pour Philippe Jahshan, président de Coordination SUD : « On peut déplorer la remarquable et très regrettable constance dans ce domaine de nos politiques publiques. Ce constat avait déjà été dressé sur la période 2004-2005, reste le même pour la présente étude : la France est demeurée pendant 6 années désespérément peu intéressée par l’appui à ses ONG ».

La part de l’APD transitant par les ONG, quoiqu’ayant augmenté après 2011, n’en demeure pas moins inférieure à celle de nos voisins européens. Coordination SUD espère que cette étude contribuera à confirmer auprès des pouvoirs publics français, l’atout majeur encore insuffisamment estimé des ONG françaises pour notre politique de coopération.
Consulter l’étude complète

Contact presse :
Bénédicte Bimoko, bimoko@coordinationsud.org - Tél : 01 44 72 03 78 / 07 76 78 15 19.

Aide publique au développement : l’Europe se réengage mais repousse encore l’échéance

2015-05-28

La réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères européens dédiée au développement s’est tenue hier. Les dirigeants européens ont réaffirmé un engagement collectif pour atteindre l'objectif de consacrer 0,7 % du RNB à l’aide publique au développement (APD) et d’y consacrer 0,15 % puis 0,20 % aux pays les moins avancés (PMA). Néanmoins, l’atteinte de cet objectif datant de 1970, est cette fois repoussée à 2030. Coordination SUD attend des avancées concrètes de sa mise en oeuvre.


Coordination SUD salue cet accord européen obtenu. Elle s’était grandement mobilisée pour cela avec ses ONG membres et des ONG européennes. L'UE et ses États membres ont souligné à juste titre le rôle crucial que l'APD devra jouer après 2015, en particulier pour les pays les moins avancés (PMA). Le réengagement de l’UE à consacrer 0,7 % du revenu national brut à l’APD est à saluer. Cependant, Coordination SUD déplore le flou et le caractère non-contraignant du calendrier de mise en oeuvre.

Pour Philippe Jahshan, président de Coordination SUD, « Ce calendrier nous interpelle et interroge déjà sur la volonté des Etats européens d’atteindre les objectifs du développement durable (ODD). En effet, l’Union européenne atteindra l’objectif des 0,7 % en 2030, qui est aussi l’échéance des ODD, alors que ces financements doivent servir de socle pour leur réussite. »


En cette année du développement, l'UE et ses membres ont le devoir d’être exemplaires : il en va de la crédibilité et de légitimité de la parole française et européenne.
Pour Christian Reboul, responsable plaidoyer financement du développement à Oxfam France et administrateur de Coordination SUD : « Les conclusions du Conseil définissent un accord a minima, non contraignant. En prévoyant des dérogations en fonction des circonstances budgétaires et en faisant référence à un agenda plus que flou, les Etats membres, et en particulier la France, vident de sens l’engagement collectif d’atteindre 0,7 % ».


Coordination SUD attend maintenant que la France précise sous quelles modalités elle tiendra enfin cet engagement. L’effort de la France a atteint son plus bas niveau depuis 2001 avec 0,36 % en 2014, soit deux fois moins que promis !


« La France doit augmenter significativement les crédits d’aide publique au développement. Car, si les États membres n’augmentent pas leurs niveaux d’APD, l’objectif collectif de l’UE ne pourra pas être atteint. », précise Bruno Rivalan, chef de file de la commission Europe de Coordination SUD et directeur France de Global Health Advocates.
En cette année symbolique pour le développement et le climat, Coordination SUD n’aura de cesse d’appeler les dirigeants à faire des choix ambitieux et à respecter leurs engagements.

Contact presse Coordination SUD : Bénédicte Bimoko, Tél. : 01 44 72 03 78 / 07 76 78 15 19.

La société civile européenne demande à l’UE d’en finir avec la pauvreté

2015-05-19

Les dirigeants européens pourraient laisser passer l’opportunité historique de réduire massivement la misère dans le monde, en ne tenant pas leurs engagements de consacrer 0,7 % du PIB à l’aide au développement. Sauf si la France et l’Allemagne prennent leurs responsabilités.

Il y a 45 ans, les Etats-membres de l’UE se sont engagés à atteindre la cible de 0,7 % du PIB consacré à l’APD. En 2015, cette promesse ne sera toujours pas honorée, compromettant la réussite des nouveaux objectifs pour le développement durable (ODD), indispensable pour sortir de l’extrême pauvreté des millions de personnes sur la planète. Ces ODD doivent être adoptés lors de la prochaine Assemblée générale des Nations unies, en septembre prochain, en remplacement des objectifs du Millénaire pour le développement, qui expirent en 2015 (cf. note 1).

L’Union européenne, avec les autres pays riches, s’est engagée sur cette cible de 0,7 % du PIB lors de l’Assemblée générale des Nations unies de 1970. Cette promesse a été renouvelée en 2005, quand les Etats-membres se sont engagés à atteindre la cible en 2015. Le 26 mai prochain, la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères européens dédiée au développement, offre aux dirigeants l’opportunité de prendre l’engagement d’atteindre les 0,7 % en 2020. Des Etats-membres européens ont déjà atteint ou dépassé ce niveau, comme la Suède, le Luxembourg, le Danemark et le Royaume-Uni. D’autres Etats, en retard sur la cible, ne semblent pas vouloir renouveler leur engagement. Parmi eux, la France et l’Allemagne, qui restent flous sur un calendrier permettant de respecter l’engagement en 2020.

Bruno Rivalan, chef de file de la commission Europe de Coordination SUD et directeur France de Global Health Advocates souligne que « les peuples européens ont une longue histoire de générosité et de solidarité. L’UE, et la France, se doivent de refléter les valeurs de leurs citoyens et de montrer l’exemple quand il faut soutenir les populations dans les pays les plus pauvres ».

« Si l’UE et la France font marche arrière sur leurs promesses, cela découragera les autres pays de s’engager. Ce signal serait bien mal venu juste avant deux échéances importantes, le Sommet du G7 en juin et la 3e Conférence internationale pour le financement du développement, qui se tiendra à Addis-Abeba en juillet. Il en va de la crédibilité de l’Union européenne et de ses Etats-membres » s’alarme Philippe Jahshan, président de Coordination SUD.

Le Commissaire européen pour la coopération internationale et le Développement, Neven Mimica, a lui-même affirmé « Je crois fermement que nous devrions nous réengager à atteindre les 0,7 % ; comme une contribution cruciale pour atteindre un résultat ambitieux dans les négociations post-2015. » (cf note 2).

Malgré quelques signaux positifs côté français et allemand ces dernières années – le président Hollande s’est engagé publiquement pour les 0,7 % et l’Allemagne a annoncé la hausse la plus importante de son aide au développement sous sa présidence du G7 – un engagement plus général pour atteindre cette cible dans un délai précis se fait toujours attendre, pour les deux pays. Il est très important que tous les Etats-membres s’engagent pour plus d’aide publique lors du prochain Conseil des ministres du 26 mai.

Coordination SUD et ses partenaires européens demandent aux dirigeants de l’UE de

Réaffirmer leur engagement d’atteindre 0,7 % en 2020, avec des échéances précises au niveau national, montrant comment l’aide va s’accroître progressivement ; Renverser la tendance à la baisse de l’aide en direction des pays les plus pauvres, afin d’atteindre 0,15 % du PIB en 2020 et 0,2 % en 2025 pour ces pays.

2015 est une année d’échéances majeures au niveau international. L’Union européenne ne doit pas rater le coche, en envoyant un message de renoncement à des engagements pris il y a 45 ans.

Notes aux rédactions :
1. En 1970, les pays riches se sont engagés à fournir 0,7 % de leur produit intérieur brut comme aide publique au développement. Cet engagement a été répété depuis à de nombreuses reprises au plus haut niveau des dirigeants, lors de conférences internationales sur l’aide et le développement. 
2. Voir le communiqué de presse du 8 avril 2015 

Contact presse Coordination SUD : Bénédicte Bimoko, Tél. : 01 44 72 03 78 / 07 76 78 15 19.

2015, année du développement et du climat : la France baisse son aide au développement !

2015-04-08

L’OCDE publie aujourd’hui les chiffres de l’aide publique au développement (APD) engagée par ses membres en 2014. Cette année encore, la France se distingue par la faiblesse de son effort en matière de solidarité internationale. A cette irresponsabilité s’ajoute une orientation des crédits de plus en plus éloignée des besoins des populations les plus vulnérables.

En 2014, la France avait fait le pari de l’ambition pour sa politique de développement et de solidarité internationale. A l’ordre du jour : une loi d’orientation pour la coopération au développement et la mise en place du Conseil national de développement et de solidarité internationale. Sur le plan budgétaire, on repassera ! Pour la quatrième année consécutive, l’effort de la France se réduit de 9 %, à un niveau historiquement bas de 0,36 %.

« Le choix politique fait par la France demeure incompréhensible et pénalise les populations les plus vulnérables dans une année où les efforts doivent au contraire redoubler. Le décalage entre le discours du renouveau des politiques et la réalité de la coupe des crédits est d’autant plus difficile à supporter », s’alarme Philippe Jahshan, président de Coordination SUD.

Avec les conférences sur le financement du développement en juillet, sur les Objectifs du développement durable (ODD) en septembre, et la COP21 en décembre, en passant par les futurs exercices budgétaires français en octobre, 2015 est une année cruciale pour répondre aux défis du développement et de l’avenir de notre planète. « Comment prendre au sérieux ces futurs engagements, si chaque année, les contributions réelles ne cessent de se réduire ? Sans cohérence, sans moyens ambitieux, sans l’exemplarité de la France, ces échéances internationales sont vouées à l’échec et en particulier la COP21 », insiste Christian Reboul administrateur de Coordination SUD et responsable plaidoyer financement du développement à Oxfam France.

Afin de pallier leurs manquements, les pays riches s’en remettent au secteur privé, et plus particulièrement aux entreprises du Nord, en utilisant l’APD pour stimuler leurs investissements dans les pays du Sud. « La tendance est à la privatisation de l’aide publique tandis que les enjeux globaux de développement tels que la santé, l’éducation, la sécurité alimentaire ou l’adaptation au changement climatique requièrent plus que jamais un financement public accru et un encadrement des pratiques du secteur privé », complète Grégoire Niaudet chef de file de la commission Financement du développement de Coordination SUD et chargé de plaidoyer au Secours catholique – Caritas France.

« Nous attendons de la cohérence entre les discours et les actes mais surtout une volonté politique renouvelée pour que de nouveaux crédits soient réellement débloqués dès le prochain exercice budgétaire, en priorité sous forme de subventions, pour les pays les plus pauvres », conclut Bruno Rivalan, directeur France de Global Health Advocates.
Si la France veut rester crédible sur la scène internationale face aux enjeux de développement, elle doit donner un signal fort !

Contact presse : Bénédicte Bimoko - Tél. : 01 44 72 03 78 / 07 76 78 15 19.

Agriculture climato-intelligente : la science doit être force de proposition pour faire bouger les lignes !

2015-03-19

Du 16 au 18 mars 2015, se tenait à Montpellier la Conférence internationale de la recherche sur la Climate-Smart-Agriculture (agriculture climato-intelligente). L’occasion pour Coordination SUD de rappeler les fortes critiques émises depuis près d’un an par les ONG françaises1 et internationales2 sur l’Alliance globale (GACSA), lancée en septembre 2014 à New York. A quelques mois de la COP21, la communauté scientifique a un rôle à jouer pour pointer les dangers potentiels de ce concept et de cette Alliance et relever les multiples défis auxquels doit faire face l’agriculture dans le contexte d’un climat changeant.

Durant ces trois jours de conférences et débats, la communauté scientifique internationale s’est penchée sur le sujet de l’agriculture « climato-intelligente » (ACI) avec comme principal objectif d’échanger entre pairs, mais également avec les décideurs politiques et la société civile. La conférence visait ainsi à partager des connaissances sur l’ACI en vue de préparer un agenda global de recherche et proposer des recommandations aux décideurs politiques, à quelques mois de la Conférence internationale sur le climat (COP21) de Paris. Des représentants des commissions Agriculture et alimentation et Climat et développement de Coordination SUD ont été invités à participer à la table ronde finale de la conférence.

Coordination SUD se félicite que de nombreuses institutions et centres de recherche travaillent aujourd’hui sur les liens entre agriculture et climat. La communauté scientifique a cependant une responsabilité indéniable pour affiner l’approche actuellement incarnée par l’ACI, concept beaucoup trop imprécis et non dénué de risques.

En effet, il est susceptible d’englober des modèles agricoles extrêmement différents, dont les impacts environnementaux (ressources naturelles), sociaux (emplois, égalité de genre), culturels (droits des minorités) et économiques (autonomie/dépendance des paysans) sont très divers, voire opposés. Comme l’a rappelé Patrice Burger du CARI lors de la table ronde finale : « l’ACI porte à ce stade le risque de légitimer les modèles agricoles productivistes et de l’agrobusiness, qui n’ont pas réussi jusqu’ici à assurer la sécurité alimentaire, à apporter des réponses satisfaisantes aux enjeux écologiques et à résorber la pauvreté rurale de 500 millions de paysans dans le monde ».

La recherche n’est pas neutre et a un rôle de clarification à jouer. Coordination SUD appelle les scientifiques à collaborer avec les décideurs politiques, mais également toutes les organisations paysannes et la société civile, sur les modèles agricoles de demain. Les ONG françaises invitent la communauté scientifique à travailler tout particulièrement sur l’agroécologie, de manière à prioriser les agricultures familiales paysannes, à assurer réellement et durablement la sécurité alimentaire, le maintien des emplois en milieu rural et à relever les défis climatiques et écologiques.

Comme le souligne Philippe Jahshan, président de Coordination SUD, « A quelques mois de la COP21, les ONG de Coordination SUD sont très soucieuses du contenu de l’agenda des solutions et estiment que l’approche de la communauté internationale sur l’agriculture via l’ACI, et notamment portée par la GACSA, comporte encore trop d’imprécisions sur le fond comme sur la forme ».

Coordination SUD : Bénédicte Bimoko - Tél : 01 44 72 03 78 / 07 76 78 15 19
AVSF : Katia Roesch - Tél. : 04 78 69 67 96
CARI : Patrice Burger – Tél. : 04 67 55 61 18
Secours catholique – Caritas France : Jean Vettraino - Tél. : 06 80 46 93 84
GRET : Laurent Levard – Tél : 01 70 91 92 72

500 morts par jour dues aux pesticides. Le moment de dire stop ?

2015-03-20

Aujourd’hui dans le monde, 200 000 personnes meurent chaque année suite à une intoxication due aux pesticides, soit plus de 500 personnes en moyenne par jour[i]. Malheureusement, les pays du Sud sont le plus touchés car certains produits, interdits chez nous depuis des années, y sont encore vendus. C’est pourquoi l'association AVSF souhaite faire la lumière sur ces ravages et lance une grande pétition sur petition-pesticides.org pour dénoncer cette injustice !

Là-bas ; jouer, boire ou cultiver : ça tue !
Alors oui, pour certains enfants jouer peut tuer. Respirer dans un environnement pollué par ces pesticides peut être fatal. Sur les 2,5 millions de tonnes utilisées chaque année dans le monde[i], seulement 0,3 % atteindrait leur cible. Le reste se retrouve dans l'air, les sols et l'eau. Et pour les paysans qui travaillent chaque jour dans des cultures utilisant ces pesticides, l'impact sur leur santé est alarmant : risques accrus de cancers, maladies neurologiques, troubles de la reproduction, et de malformations chez des enfants quand leurs mamans ont été exposées.

« Les premières victimes des pesticides au niveau mondial sont sans conteste les paysans ! nous alerte Marie-Monique ROBIN, journaliste et soutien de cette pétition. En France, après plusieurs décennies d’utilisation de ces produits toxiques et cancérigènes, nous commençons malheureusement à en payer les conséquences sanitaires. Il est totalement injuste et criminel de continuer à distribuer ces produits aux pays du Sud, pour des raisons purement mercantiles. ».

Une convention signée… mais peu appliquée
Il existe pourtant une Convention de Rotterdam censée protéger les populations. Engagée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement depuis 2004, elle offre, en principe, la possibilité pour un pays de décider quels produits chimiques dangereux il veut bien recevoir sur son territoire et de refuser ceux qu’il n'est pas en mesure de gérer en toute sécurité. Dans les faits, les équipes de l’association Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) constatent sur le terrain que les paysans et leurs familles ont un accès beaucoup trop aisé à ces pesticides et en sont les 1ères victimes.

C’est pourquoi AVSF lance une grande pétition sur petition-pesticides.org pour dénoncer cette injustice !

Retrouvez les interviews complètes de Marie-Monique ROBIN, journaliste d’investigation et de Gonnane MONGALIN, paysan togolais.

Suivez la campagne sur les réseaux sociaux #PetitionPesticides

Pétition soutenue par Marie-Monique ROBIN, journaliste et auteure de « Mon poison quotidien » – Michèle RIVASI, députée européenne, Olivier KELLER, Président de la commission du développement rural et de l'agriculture du conseil régional de Rhône-Alpes – Brigitte ALLAIN, Députée de la Dordogne - La Confédération Paysanne - La Semaine Pour les Alternatives aux Pesticides - Générations Futures -  Bioconsomacteurs - Phyto-Victimes - Artisans du Monde

Contact presse : Christophe LEBEL / c.lebel@avsf.org / 06 74 19 63 48

Téléchargez le dossier sur les pesticides les plus dangereux.

[i] Source Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Ile-de-France


[i] Source Organisation Mondiale de la Santé

Les paysans premières victimes du changement climatique

2015-02-16

Cruel paradoxe pour les familles paysannes : très faibles émettrices de gaz à effet de serre, en comparaison de l'agriculture industrielle, elles sont pourtant les premières victimes du changement climatique. Au Nord Togo, l'association Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) favorise la transition agroécologique de ces agricultures ; une action qui sera primée au concours d’innovations « Challenge Climat Agriculture et Forêts » lors du prochain Salon de l’Agriculture.

Au Togo, l’agro-écologie est une solution contre le changement climatique
Dans la région des Savanes, au Nord du Togo, les terres sont soumises à la fois à des sécheresses extrêmes de plus en plus fréquentes et des pluies très fortes qui lessivent le sol. « Les familles paysannes de cette région ont donc besoin d'améliorer la fertilité de leurs sols. Nous les accompagnons dans l'adoption de pratiques agro-écologiques adaptées. Notre objectif est de réduire peu à peu l’usage d'engrais chimiques et d'insecticides polluants, couteux, voire dangereux pour la santé, et d'améliorer ainsi leurs revenus pour qu'elles assurent leur sécurité alimentaire tout au long de l’année.» explique Katia ROESCH, chargée du programme chez AVSF.

Un projet récompensé à l’occasion du Salon de l’Agriculture
Le projet d’AVSF a été retenu parmi les 12 projets finalistes du concours international d’innovations « Challenge Climat Agriculture et Forêts » organisé par le CIRAD, l’Agence Française de Développement, le Ministère de l’Agriculture de l'agroalimentaire et de la forêt, le Ministère des Affaires étrangères et du développement international, et la Fondation de France. Ce concours a pour objectif de soutenir les innovations dans les secteurs de l’agriculture, de la forêt, du dérèglement climatique et du développement durable.

+ d’informations sur ce projet soutenu par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial et l’Union Européenne

Retrouvez l’interview complète de Katia ROESCH, chargée du projet.

Contact presse : Christophe LEBEL / c.lebel@avsf.org / 01 43 94 73 48

Agriculture familiale : le salut viendra-t-il des entreprises ?

2015-02-12

Tribune publiée sur Altermondes de Frédéric APOLLIN, directeur d'Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières.
Retour sur le lancement du fonds "Livelihoods pour l'Agriculture Familiale" :

Le 4 février dernier, deux grandes entreprises de l'agroalimentaire, Danone et  Mars, lançaient "le Fonds Livelihoods pour l’Agriculture Familiale (L3F)", sous les ors de la République dans une prestigieuse salle du Ministère des Affaires Etrangères. Un symbole de l'accueil réservé par les pouvoirs publics, représentés par deux de leurs ministres (Annick Girardin et Stéphane Le Foll) à cette nouvelle initiative du secteur privé marchand [1] dans le domaine du financement du développement.

Le secteur privé marchand : nouvel Ambassadeur de l'agriculture familiale
Devant un parterre de représentants du monde de l'entreprise, des pouvoirs publics, de la recherche et quelques ONG, les promoteurs de ce fonds faisaient un vibrant plaidoyer en faveur de l'agriculture familiale : "500 millions de petits agriculteurs qui produisent 70% des besoins alimentaires mondiaux et beaucoup d’autres matières premières agricoles utilisées par l’industrie". Le Fonds L3F prévoit d’investir 120 millions d’euros au bénéfice de 200 000 exploitations familiales en Afrique, Asie et Amérique Latine.  Il se veut être un modèle financier innovant pérenne fondé sur l’investissement et le paiement sur résultats : les projets préfinancés, mis en œuvre par des ONG ou des organisations paysannes, produiront différents types de bénéfices (accroissement des productions, protection de l’eau, des forêts et des sols, stockage de carbone, etc.) qui seront mesurés et achetés par des acteurs privés ou publics intéressés par ces produits.

L'initiative s'inscrit dans la lignée du rapport FABER-NAIDOO remis en 2014 par le Directeur général de Danone à la Ministre Annick Girardin. Il prône de profondes mutations de l’aide au développement : d'avantage de "coalitions d'acteurs" entre entreprises, ONG, recherche et pouvoirs publics ; de nouvelles modalités de financement du développement, notamment l'impact investment, supposées "plus pérennes" et garantes de résultats "à plus grande échelle" que l'aide traditionnelle.

D'aucuns critiqueront l'initiative, soupçonnant ses promoteurs d'être eux-mêmes responsables de distorsion sur les marchés au détriment des petits producteurs ou de vouloir indirectement favoriser ainsi leur propre approvisionnement en matières premières : lait, cacao, vanille, etc. Si médiatique soit-elle, il me semble qu'elle doit d'abord être saluée, de surcroit parce qu'elle vise un secteur que les ONG de développement ont toujours souhaité voir rester prioritaire dans l'agenda de l'aide au développement : l'agriculture familiale. A l'issue de cette Année Internationale de l'Agriculture Familiale, les dirigeants de Danone et Mars ont fait leur, notre discours sur ces agricultures et en deviennent les meilleurs ambassadeurs auprès des directeurs du développement durable et des acheteurs de grandes entreprises de l'agro-alimentaire ! Enfin, ils ne s'en cachent pas : s'ils cherchent à sécuriser leurs approvisionnements agricoles, ils revendiquent que ces  chaînes de production et d’approvisionnement aient un impact positif sur le plan économique, social et environnemental. Une évolution positive : nul doute que de nombreux jeunes dirigeants d'entreprise sont tout aussi préoccupés par les performances économiques de leurs sociétés que par leurs effets collatéraux positifs sur la société et son environnement. Enfin, dernier constat : les moyens mobilisés par ces entreprises sont déjà significatifs, tandis que l'aide publique au développement – nous le déplorons - stagne ! 

Eviter les sujets sensibles qui engagent aussi la responsabilité des entreprises
L'initiative Danone-Mars interroge cependant sur plusieurs points. Le fonds souhaite promouvoir à grande échelle des pratiques d'agriculture durable pour améliorer la productivité des agricultures familiales et limiter la dégradation des ressources et l'érosion des sols, présentées comme responsables de leurs faibles performances productives. Mais les initiateurs du fonds ne ciblent pas les contraintes structurelles que rencontrent nombre de paysans dans le monde et qui limitent tant leur productivité que tout simplement leurs investissements, en particulier l'insécurité foncière ou la concentration des filières et la concurrence déloyale sur des marchés peu transparents. Serait-ce pour éviter des sujets sensibles et controversés pour lesquels les entreprises ne sont pas non plus sans responsabilité ?  

Une réelle innovation à tester sans minimiser le rôle de l'intervention et l'aide publique
Pour parvenir à ses objectifs de retour sur investissement, le fond opte pour le paiement sur résultat. Mais de quels résultats parle-t-on ? Quantitatifs probablement, à l'image des tonnes de carbone comptabilisées dans les projets financés par le 1er fonds "Livelihoods Carbone. Avec des ambitions annoncées de nombre de producteurs (au moins 5000 par projet), et probablement de volumes produits et commercialisés, le fonds pourra-t-il cibler des initiatives naissantes dans des pays fragiles comme par exemple Haïti, Madagascar ou le Togo, et pourtant prometteuses ? Des coopératives paysannes productrices de céréales, de café, cacao, épices, vanille ou fruits exotiques, y gagnent chaque jour des parts de marchés dans le cadre d'un commerce plus juste et équitable ; mais sauront-elles répondre à court terme aux exigences de résultats du L3F ? Ce dernier acceptera-t-il de partager les risques liés aux aléas agricoles (climat, volatilité des prix, etc..) ? Or c'est bien dans ces situations et pays fragiles que se situent les défis les plus forts pour l'aide au développement : renforcer des organisations paysannes autonomes, offrant des produits agro-écologiques et de qualité pour conquérir des marchés urbains en pleine expansion, des marchés locaux et internationaux.

Le fonds ne risque-t-il pas de soutenir et étendre des initiatives déjà existantes et consolidées, là où les contraintes structurelles d'accès à la terre et l'eau seront par exemple levées ? Des territoires qui auront donc déjà souvent bénéficié d'interventions publiques et de projets de la coopération internationale soit-elle publique, d'ONG, collectivités, etc.. Ne nous y trompons pas : sans politiques et interventions publiques, les initiatives  du secteur privé marchand ne se suffiront pas à elles seules pour donner toute leur place à ces agricultures familiales qui nous nourrissent. La combinaison entre intervention publique et soutien privé restera de mise et nécessaire.

Les ONG françaises et les organisations paysannes partenaires du Sud n'ont d'ailleurs pas à rougir des résultats déjà obtenus. Elles ont à leur actif plusieurs innovations, devenues pour certaines des success stories, comme ces organisations économiques paysannes devenues pionnières en matière d'ESS sur certains marchés locaux et internationaux. Le Fonds L3F saura-t-il prendre en compte ces innovations et leur permettre de croître et rayonner toujours plus ? Nous sommes, plusieurs d'entre-nous, prêts à relever ce défi et l'invitation qui nous est faite de rejoindre ces coalitions d'acteurs. Partageons nos innovations respectives ; discutons des résultats atteignables et du partage des risques ; co-construisons ces projets. Et pourquoi ces coalitions d'acteurs ne pourraient pas ensemble soutenir des propositions conjointes pour réhabiliter aussi partout l'intervention publique dont nous avons tous besoin ?


[1] Danone avait déjà lancé un 1e fonds d'investissement Livelihoods sur le carbone.

La coopération française soutient la première filière de cachemire durable en Mongolie

2015-02-05

Le ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI), le ministère de l’Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt (MAAF) et l’association Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) s’unissent pour mettre en œuvre le projet : " Lier l'amélioration des pratiques d'élevage nomade à la production d'un cachemire durable dans le désert de Gobi, en Mongolie", avec le soutien financier du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM).

Du cachemire durable pour protéger un environnement dégradé
Dans la région de Bayankhongor, aux frontières du désert de Gobi, l’augmentation des troupeaux et le surpâturage conduisent progressivement à la dégradation d'un environnement riche et fragile. L'objectif principal du projet est de lutter contre cette dégradation en développant la première filière de cachemire durable grâce à l'amélioration des capacités des éleveurs à mieux gérer les ressources pastorales et à l'aménagement de points d’eau pour une meilleure répartition des troupeaux.

Un projet qui concilie préservation de l’environnement et développement
Cette initiative cofinancée par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) à hauteur de 1 200 000 €  sera mise en œuvre par l'association de solidarité internationale Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) en partenariat avec des coopératives d’éleveurs mongoles de chèvres.

« Autrefois produit de luxe, le cachemire est aujourd’hui à la portée de toutes les bourses. Sa démocratisation ne va pas sans causer de dégâts dans les zones d’Asie où il est produit et où des siècles d’histoire et d’héritage sont aujourd’hui menacés par l'engouement pour cette fibre ultra fine. Mais il est encore temps de réagir en soutenant le développement d'une filière de cachemire durable » explique Frédéric APOLLIN, directeur d’AVSF.

Stéphane LE FOLL, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, souligne que « ce projet contribue de par son caractère exemplaire à diffuser l'agro-écologie car il permettra de concilier performance économique, sociale et environnementale au profit du développement des populations locales. Ce projet prolonge les coopérations déjà importantes entre la France et la Mongolie sur les questions d’élevage et de sécurité alimentaire».

Annick GIRARDIN, Secrétaire d’Etat au Développement et à la Francophonie, se félicite de « la mise en place d’un projet innovant qui contribue au développement économique et social des territoires ruraux en Mongolie et à la conservation de leur capital naturel ».

Cette action de coopération d’un montant total de 3 600 000 € illustre parfaitement les priorités de la France  dans les pays partenaires et son soutien à l’agriculture familiale à travers l’aide publique française.

Plus d’informations sur ce projet

Contacts presse :

FFEM : Valérie FAKIR / fakirv@afd.fr / 01 53 44 39 41 MAEDI : Michel PRE / michel.pre@diplomatie.gouv.fr / 01 43 17 57 36 MAAF :  ministere.presse@agriculture.gouv.fr / 01 49 55 60 11 AVSF : Christophe LEBEL / c.lebel@avsf.org / 01 43 94 73 48

Climat : de Lima à Paris ou comment avancer le pied sur la pédale de frein

2014-12-16

De Lima à Paris ou comment avancer le pied sur la pédale de frein.

Paris, le 15 décembre 2014 – La 20e Conférence sur le changement climatique (COP20), qui a eu lieu à Lima du 1er au 12 décembre vient de se terminer. Pour Coordination Sud, alors que les négociations auraient dû poser les fondations de l’accord à conclure à Paris fin 2015, elles ont échoué à trouver des compromis et reportent de trop nombreuses décisions à la COP 21.


Au lendemain de la 20e Conférence sur le changement climatique, c’est un sentiment de déception et d’incertitude qui prévaut. Les négociations des 196 pays de la Convention Climat ont abouti à des décisions a minima, qui construisent l’accord de Paris sur des fondations fragiles. Cette situation est d’autant plus difficile à accepter que le sentiment d’optimisme prévalait à l’ouverture de la conférence et que les conditions semblaient réunies pour garantir son succès.

Une des avancées principales attendues était la définition de règles claires, équitables et contraignantes sur la façon dont les pays devaient s’engager à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Le but était ainsi de s’assurer d’une méthode appropriée de rapprochement des données pour s’assurer que l’effort combiné des pays soit suffisant pour limiter le réchauffement global à +2°C.

Par ailleurs, le Fonds Vert devait commencer à être sérieusement abondé. Les 10 milliards contribués sont une première étape indispensable, mais insuffisante pour répondre à l’ensemble des besoins d’adaptation et de transition énergétique dans les pays les plus démunis qui se chiffrent en centaines de milliards de dollars.

Il apparaît clairement que les décideurs, notamment au sein des pays développés, déconnectés des réalités, restent enfermés dans une logique d’attentisme et repoussent à plus tard les décisions difficiles, alors qu’une action immédiate est indispensable pour éviter un emballement climatique incontrôlable et restaurer la confiance nécessaire à un accord ambitieux. Il ne s’agit pourtant plus de savoir qui fera le premier pas ; il faut que tout le monde se mette en marche.

« D’ici Paris, nous devons construire un accord qui soit capable à la fois d’inclure le monde entier dans une démarche de réduction d’émissions, tout en tenant compte des besoins immenses des populations les plus vulnérables face aux impacts du changement climatique», estime Carline Mainenti, chargée de plaidoyer à AVSF et administratrice de Coordination SUD référente de la commission Climat et développement.

Un autre élément d’inquiétude est la place très limitée laissée à l’agriculture dans les négociations officielles alors que la COP 17 à Durban en 2011 en avait ouvert les portes en proposant la mise en place d’un programme de travail dédié. Ce n’est qu’en 2015 que débuteront des ateliers de travail, sans aucune certitude sur les résultats et consensus qui en ressortiront. En laissant cette thématique conflictuelle en suspens, certains pays cherchent en effet à éviter la remise en cause de leurs modèles agricoles. En parallèle, la place grandissante qu’occupe la GACSA (Alliance Globale sur l’Agriculture Intelligente face au Climat), située en dehors de l’espace de dialogue des Nations unies et intégrant une très grande variété d’acteurs, y compris des multinationales de l’agro-business, éveille des inquiétudes dans la société civile.

Ce constat ne fait que mobiliser encore plus fortement la société civile et renforcer le rôle de la Coalition internationale, faisant le contrepoids du manque de volonté politique.

« Malgré une déception bien compréhensible sur de nombreux aspects, nous n’avons pas l’intention de relâcher notre effort et attendons des décisions politiques fortes des divers gouvernements en 2015, à commencer par la France », déclare Vanessa Laubin, chargée de projets au Geres et cheffe de file de la commission Climat et développement de Coordination SUD.

Les membres de Coordination SUD présents à Lima étaient:
Action contre la Faim : Peggy Pascal, ppascal@actioncontrelafaim.org
AVSF : Katia Roesch, k.roesch@avsf.org
Care : Aurélie Ceinos, ceinos@carefrance.org et Fanny Petitbon, petitbon@carefrance.org
CCFD Terre solidaire : Maureen Jorand, jm.jorand@ccfd-terresolidaire.org
GERES : Vanessa Laubin, v.laubin@geres.eu et Marina Gavaldão, m.gavaldao@geres.eu
Secours Catholique – Caritas France : Emilie Johann, emilie.johann@secours-catholique.org
Oxfam : Romain Benicchio, romain.benicchio@oxfaminternational.org

Contacts presse :
Christophe Lebel, c.lebel@avsf.org, 01 43 94 73 48
Bénédicte Bimoko, bimoko@coordinationsud.org, 01 44 72 03 78

Communiqué de Coordination Sud - Solidarité - Urgence - Développement

Agriculture et sécurité alimentaire à la COP20 : un non sujet ? Pas si sûr...

2014-12-12

ACF, AVSF, le CCFD-Terre Solidaire et le Geres ont participé aux négociations à Lima du 1er au 12 décembre 2014

Alors que les Etats s’apprêtent à s’accorder sur une déclaration commune devant clôturer la COP20 de Lima et poser les premiers jalons pour un accord à Paris l’an prochain, une fois encore, le secteur agricole n’a fait l’objet d'aucune discussion officiellement. Pourtant, en marge des négociations, le concept « d'agriculture intelligente face au climat » était dans toutes les bouches.

Le secteur agricole est pourtant un sujet clef pour les négociations climatiques. En effet, 23% des émissions de gaz à effet de serre lui sont attribuables. Pourtant, les paysans sont sans aucun doute, les premières victimes des impacts des changements climatiques.

Les 805 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde nous le rappellent : les systèmes alimentaires ne parviennent pas à subvenir aux besoins de tous aujourd’hui.

D’ici 2080, les changements climatiques entraineront 600 millions de personnes supplémentaires vers l’insécurité alimentaire. Raréfaction des pluies, chute des rendements et de la qualité nutritionnelle des aliments, appauvrissement des sols. Climat, agriculture et sécurité alimentaire et nutritionnelle sont indissociables.

Pourtant, les Etats ne parviennent pas à répondre à cet enjeu dans le cadre de la COP. Les divergences entre pays sont encore très importantes. Certains, comme les États-Unis, le Brésil ou encore l’Argentine, dont les modèles agricoles sont les plus polluants s’efforcent d’éviter toute discussion concernant des modèles agricoles durables au service de la sécurité alimentaire et nutritionnelle de tous.

Pire, l'unique mention faite de la sécurité alimentaire pourrait ne pas être intégrée au texte de décision de Lima. Certaines branches de l’agriculture ont cependant été mentionnées dans les textes, comme l’agroforesterie et le sylvopastoralisme qui deviennent de nouvelles activités éligibles pour des financements dans les mécanismes de développement propre (MDP). On ne peut que craindre les effets négatifs de la financiarisation des ressources naturelles, des terres et des matières premières agricoles qu’entrainent de tels mécanismes.

Mais en marge de l’assemblée plénière, il a finalement été beaucoup question d’une certaine agriculture : l’agriculture intelligente face au climat (climate smart agriculture).

Ateliers, événements, publications et communiqués de presse … Pour beaucoup cette agriculture, semble être une « solution miracle » et il devient ainsi de plus en plus clair que l’Alliance globale qui l’a porté pourrait devenir  l’antichambre des négociations sur l’agriculture.

Nous craignons fort que dans les prochains mois, ce soit cette expression fourretout et auto-proclamée qui apparaisse dans les textes officiels validant ainsi certaines pratiques agricoles qui pourraient être nuisibles à l’environnement et à la sécurité alimentaire. En attendant, la trentaine de membres de l’Alliance parmi lesquels la France, les Etats-Unis mais aussi McDonalds’, Cargill et Yara se réuniront la semaine prochaine à Rome pour continuer le travail sur l’initiative… et avancer ce cheval de Troie en parallèle des négociations officielles et du cadre de gouvernance des Nations Unies.

Contacts presse :
Action contre la faim : Karima Zanifi : kzanifi@actioncontrelafaim.org 01 70 84 72 37
Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières : Christophe Lebel 01 43 94 73 48
CCFD- Terre Solidaire : Karine Appy 06 66 12 33 02
GERES : Mathieu Grapeloup m.grapeloup@geres.eu

Communiqué d'Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, d'Action Contre la Faim, du CCFD - Terre solidiare et du GERES.

L'agriculture familiale absente des négociations sur le climat

2014-11-27

COP20 de Lima : une étape décisive pour la conclusion d’un accord ambitieux en 2015

La 20e Conférence sur le changement climatique (COP20), se tiendra à Lima du 1er au 12 décembre. 2014. Ce sera une étape décisive avant Paris Climat 2015. Pour Coordination SUD, la conclusion d’un accord à la hauteur du défi est à portée de main. Les gouvernements, à commencer par la France, doivent se montrer exemplaires et ne pas relâcher leurs efforts.

La COP20 de Lima sera déterminante pour répondre à l’urgence climatique. Dernière phase de négociations avant la COP21 de Paris, qui devrait aboutir à un accord international décisif, la Conférence de Lima permettra de poser le rythme de l’année 2015 et de définir les fondations de l’accord, en particulier le niveau d’engagement des Etats.

Les évolutions récentes permettent d’être optimistes. Les marches du 21 septembre ont replacé la lutte contre le changement climatique au coeur de l’agenda politico-médiatique. Le Fonds vert pour le climat a été capitalisé à hauteur de 9,7 milliards de dollars sur les 15 milliards espérés cette année. D’autres contributions devraient être annoncées à Lima. La France a déjà promis d’abonder le fonds à hauteur de 1,35 milliards de dollars (dont 489 millions de dons).

« Coordination SUD salue le niveau d’engagement des pays développés, dont la France, mais restera attentive à l’additionnalité des fonds accordés au climat et leur nature », rappelle Jean-Louis Vielajus, président de Coordination SUD.

« Les pays devront esquisser une feuille de route globale des financements bilatéraux sur le climat d’ici à 2020 afin de renforcer la prévisibilité et garantir l’augmentation progressive des financements publics », nuance encore Vanessa Laubin, chargée de projets au Geres et cheffe de file de la commission Climat et développement de Coordination SUD.

Coordination SUD attend de la France, qui présidera la Conférence Paris 2015, qu’elle s’assure que toutes les voix soient représentées dans les négociations, y compris celles des populations les plus vulnérables ; qu’elle soutienne les solutions qui permettent réellement d’assurer le double défi du changement climatique et du droit à un développement équitable.

Les ONG de Coordination SUD mettent en garde les Etats qui seraient tentés de recourir à des mécanismes ou pratiques dépourvus de règles communes et de garde-fous. D’autre part, les ONG de Coordination SUD présentes à Lima rappellent que l’agriculture est le secteur économique le plus vulnérable au climat. Elles appellent donc au renforcement de la place de l’agriculture dans les négociations, afin de mettre au coeur de l’accord la sécurité alimentaire et nutritionnelle et la promotion de modèles agricoles vertueux. Tous les types d’agricultures n’ont pas le même niveau de vulnérabilité ni de responsabilité face au dérèglement climatique.

« Alors que les agriculteurs familiaux des pays du Sud représentent l’immense majorité des exploitants, ces derniers demeurent absents des négociations internationales sur le climat », regrette Carline Mainenti, responsable de plaidoyer à Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières et administratrice de Coordination SUD.

Les membres de Coordination SUD présents à Lima sont :

Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières : Katia Roesch, Action contre la faim : Peggy Pascal, Care : Aurélie Ceinos et Fanny Petitbon CCFD – Terre solidaire : Maureen Jorand GERES : Vanessa Laubin et Marina Gavaldão, Secours Catholique : Emilie Johann, Oxfam : Romain Benicchio,


Contact presse AVSF : Christophe Lebel

Un engagement français obscur au Sommet sur le climat

2014-09-25

Clôture du Sommet sur le climat – Fonds vert, ACSA : un engagement de la France peu clair en deçà des attentes de la société civile.

A 15 mois de la Conférence de Paris de 2015, le Sommet sur le climat de New York qui réunissait 120 chefs d’Etat et de gouvernement, s’est conclu le 23 septembre. Malgré les annonces de François Hollande, Coordination SUD, dont fait partie AVSF, déplore le manque d’ambition de la France et attend une clarification de ses engagements.

Rendez-vous capital de négociation pour inverser les effets du changement climatique, le Sommet de New York était un rendez-vous attendu, non seulement par les organisations de la société civile mais aussi par les chefs d’Etat et de gouvernement, qui ont se sont saisis de cette occasion pour faire des déclarations importantes.

Ainsi, parmi plusieurs annonces, le président Hollande a promis le versement d’un milliard de dollars – et non d’euros - pour abonder le Fonds vert pour le climat. Les ONG françaises reconnaissent l’effort consenti, qui intervient alors que le fonds, qui devait mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020, manque cruellement de moyens. Cependant, cette contribution apparait aujourd’hui peu claire et transparente. Coordination SUD demande à ce que soit précisé le calendrier de tenue de cet engagement. Les ONG françaises seront, en effet, vigilantes sur la réelle additionnalité des fonds et leur nature. « Le recyclage de moyens déjà prévus, sous la forme de prêts plutôt que de dons, viderait cet engagement de son sens », nuance Jean-Louis Vielajus, président de Coordination SUD.

En outre, François Hollande a confirmé le choix de la France d’adhérer à l’Alliance pour une « agriculture intelligente face au climat » (Global Alliance for Climate-Smart Agriculture). Cette décision est regrettable, alors même qu’une large majorité d’organisations au sein de la société civile mettait en garde les chefs d’Etats. « Le choix de la France de s’y impliquer pour infléchir ses orientations de l’intérieur est une stratégie hasardeuse, qui revient à cautionner l’initiative, alors que de nombreux garde-fous ne sont pas réunis », souligne Vanessa Laubin, chargée de projets au Geres et cheffe de file de la commission Climat et développement de Coordination SUD. Les ONG françaises veilleront à l’exemplarité des positions de la France au sein de cette alliance.

Au final, au-delà des annonces du 23 septembre, Coordination SUD demande à François Hollande de clarifier les engagements pris et les choix de la France quant au modèle agricole à défendre pour lutter efficacement contre le changement climatique, assurer un développement durable et équitable bénéficiant aux populations les plus vulnérables, et contribuer au renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle de celles-ci.

L’absence d’engagements clairs en la matière reviendrait à envoyer un mauvais signal, à l’ensemble de la société civile et aux populations du Sud, alors que la France présidera la COP fin 2015.

Contact presse :
Bénédicte Bimoko, Tél. : 01 44 72 03 78

Rencontre Coordination SUD - François Hollande : dialogue constructif mais des inquiétudes demeurent

2014-09-20

En préparation du Sommet sur le climat de New York et de l’Assemblée générale des Nations unies, des représentants d’ONG environnementales et de développement, dont Coordination SUD, ont été reçues ce matin par François Hollande. Une occasion de dialoguer avec le Président de la République sur les enjeux majeurs. Malgré les engagements du chef de l’État, les ONG françaises restent vigilantes et appellent à une plus grande ambition de la France.

Coordination SUD qui rencontrait François Hollande le 20 septembre, salue le maintien du dialogue du Président de la République avec les représentants d'ONG, comme il s'y était engagé avant chaque sommet international. Des entretiens réguliers essentiels au vu des échéances de l'agenda international (post-2015 et climat) et de la multiplicité des crises humanitaires, notamment au Proche-Orient, sur lesquelles la France doit jouer un rôle de premier plan.

L'Assemblée générale de l’ONU du 24 et 25 septembre 2014, adoptera des Objectifs de développement durable, intégrant les questions environnementales à la lutte contre la pauvreté et le changement climatique, alors que les Objectifs du millénaire pour le développement - qui arrivent à échéance en 2015 - ne seront que partiellement atteints. Si les propositions sont globalement satisfaisantes, Coordination SUD estime que la place accordée à la croissance économique, vue comme le principal moteur du développement durable est trop importante. Le développement économique à lui seul ne peut assurer un développement équitable pour tous.

D'autre part, le Sommet sur le climat du 23 septembre qui rassemblera les chefs d’États et de gouvernement, constituera une étape importante pour la réussite de la conférence de Paris en 2015. Jean-Marc Boivin, vice-président de Coordination SUD, rappelle que « les populations les plus vulnérables au changement climatiques sont dans les pays pauvres, et deux-tiers des actions d’urgence des ONG sont liées aux catastrophes climatiques ».

En pleine année internationale de l'agriculture familiale, une alliance pour une « agriculture intelligente face au climat » (Climate-Smart Agriculture) devrait être lancée à New York. François Hollande a confirmé que la France s’y engagerait. Les ONG françaises expriment leur ferme opposition à cette décision compte tenu des fortes inquiétudes que soulève l’Alliance « Le choix de la France de s’y impliquer pour infléchir ses orientations de l’intérieur est une stratégie hasardeuse, qui revient à cautionner l’initiative » souligne Vanessa Laubin, chargée de mission au Geres et cheffe de file de la Commission Climat et développement de Coordination SUD.

Enfin, Coordination SUD a alerté le Président de la République sur la confusion entretenue entre intervention militaire et action humanitaire. Les principes du droit international humanitaire, dont se revendiquent les ONG, affirment la nécessaire neutralité et impartialité pour répondre aux besoins de toutes les populations, sans distinction.

Le Président s’est engagé à rencontrer de nouveaux les ONG, en amont de toutes les grandes échéances internationales, ce dont se félicite Coordination SUD.

Contact presse : Bénédicte Hermelin Tél : 06 75 86 91 68

ONG internationales, comment être toujours plus efficaces ?

2014-09-03

A l’occasion du Forum mondial Convergences des 8 et 9 septembre 2014 au Palais Brongniart à Paris, l’ONG « Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières » (AVSF) et le Groupe Initiatives invitent à débattre sur les défis, les pratiques et nouveaux métiers des associations de développement et des acteurs de l'économie sociale et solidaire pour démultiplier leur impact.

Les ONG de développement n'ont pas à rougir des succès qu'elles ont obtenus dans leurs actions au bénéfice d'un développement inclusif, équitable et durable des territoires.  Depuis plus de 40 ans, elles ont porté des innovations nombreuses, en soutenant notamment l'émergence d'acteurs de l'économie sociale et solidaire au Sud : mutuelles de santé, coopératives agricoles, etc... Pourtant, elles ne peuvent pas se contenter de réussites d'innovations locales pour contribuer à des transformations sociales, économiques et politiques de grande envergure. La démultiplication de leur impact est au cœur de leurs préoccupations actuelles. 

 « Au Cambodge, depuis 20 ans, nous avons formé plus de 1 500 agents villageois vétérinaires, dans un pays qui manquait cruellement de services vétérinaires. Nous avons toujours associé l'Etat à l'action qui soutient aujourd'hui pleinement ce dispositif, de même que les vétérinaires privés dont le rôle de supervision de ces agents a été confirmé » souligne Frédéric APOLLIN, Directeur Général d’AVSF. « Nous avons créé des associations d'agents vétérinaires, pour mieux organiser et pérenniser la vente de leurs services. Aujourd'hui, le territoire cambodgien est couvert par un service vétérinaire de qualité, garant de revenus pour les familles paysannes et de sécurité sanitaire pour toutes les populations. »

Rejoignez-nous pour en débattre lundi 8 septembre 2014 à 16h30 pour la conférence :
"Changez d’échelle : comment démultiplier l’impact social des ONG et des acteurs de l’ESS ? » co-organisée par le Groupe Initiatives et l’Atelier Ile-de-France.

Inscription obligatoire sur convergences.org/forum-mondial/participer

+ d’informations sur convergences.org/forum-mondial-2014/programme

Rejoignez nous également sur le stand d'AVSF les 8 et 9 septembre prochains pour découvrir les actions engagées en faveur de plus de 700 000 hommes et femmes paysans dans le monde. Des produits issus de l’agriculture bio et du commerce équitable de coopératives, groupements et entreprises paysannes du Sud vous y seront proposés à la dégustation.

Contact presse : Christophe LEBEL / c.lebel@avsf.org / 01 43 94 73 48

Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières est une association de solidarité internationale qui agit pour soutenir l'agriculture paysanne :

AVSF soutient 140 000 familles, soit près de 700 000 personnes. AVSf mène 75 projets de développement dans 20 pays (Afrique, Asie, Amérique Centrale et du Sud, Caraïbes). AVSF est composé d'une équipe de 300 salariés, dont 85 % issus des pays où sont menés les projets de développement.

L'aide aux pays les plus pauvres en danger sous la gauche ?

2014-04-07

Lettre ouverte à François Hollande sur les coupes budgétaires dans l’aide aux pays les plus pauvres.
Tribune rédigée par Coordination SUD, co-signée par Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières et publiée par Libération du 7 avril 2014

Monsieur le Président de la République, « Pouvons-nous encore, au regard des difficultés que nous traversons sur le plan économique, sur le plan budgétaire, pouvons-nous encore conserver une politique ambitieuse de développement ? » Il y a un an, en clôturant les Assises de la solidarité internationale, vous vous étiez poser  cette question, pour répondre immédiatement et sans ambigüité par l’affirmative. « Compte tenu de son rang, de sa place, de son histoire, de ses valeurs, je réponds oui. Nous le pouvons, nous le devons, nous le ferons », disiez vous.

Or, un an plus tard, où en est-on ? Non seulement, votre affirmation, pourtant forte et claire, ne s’est pas traduite dans les faits, puisqu’en 2013 le niveau d’aide au développement accordé par la France est en baisse. Mais, sous prétexte de modernisation de l’Etat  un risque encore plus important plane aujourd’hui sur l’aide vers les pays les plus pauvres. Un risque que les orientations prioritaires promues par votre gouvernement depuis près de deux ans soient vidées de leur substance. Et un risque bien réel pour des budgets destinés notamment à la santé materno-infantile, aux programmes d’appui à la gouvernance, au Fonds de lutte contre le sida et le paludisme, qui, pourtant, ont montré leur efficacité !

Alors que la France ne cesse de réaffirmer son engagement international de consacrer 0,7 % de son revenu national brut à l’aide au développement, la réalité est donc bien différente. Aujourd’hui, seul 0,46 % du revenu national contribue à cette politique, soit un investissement budgétaire réel  d’environ 4 milliards d’euros, sur un budget total de plus de 407 milliards. Cette contribution déjà insuffisante ne devrait subir, sous aucun prétexte, de nouveaux coups de rabot. Quel bénéfice économique extraordinaire tirerait-on en France de nouvelles réductions sur un budget aussi faible ? La réalité est qu’il sera à peine mesurable, son impact quasi nul en France. Pour les plus pauvres de la planète les conséquences seront, en revanche, autrement considérables, y compris en termes de vies humaines, pour tout dire. En 2012, l’aide française a permis de scolariser 10 millions d’enfants et d’améliorer l’accès à l’eau potable pour près de 2 millions de personnes. 16 pays d’Afrique subsaharienne, dont de nombreux parmi les pays prioritaires de l’aide française, sont aujourd’hui en bonne voie de réduire de moitié l’extrême pauvreté d’ici à 2015. Autant de preuves que l’aide au développement, un investissement aux effets plus que décuplés par rapport aux sommes dépensées est source de progrès, que nous, citoyens français, pouvons être fiers d’y contribuer. Pour la France, la 5e puissance économique mondiale, renier aujourd’hui – sans le dire, bien sûr - ses engagements internationaux, serait renoncer à une exigence de solidarité dans le monde extrêmement inégalitaire que nous connaissons. Ce serait faire, sans l’avouer, payer les effets de notre crise aux populations les plus pauvres de la planète. Concrètement, ce serait priver, sans vouloir le reconnaître, des enfants d’éducation, de vaccins, des malades de traitement contre le sida ou le paludisme, des agriculteurs de semences, des réfugiés d’abris et des citoyens d’électricité, de routes et de tous les moyens qui leur permettraient de sortir de l’extrême pauvreté.

Est-ce dire que rien n’a bougé sur ce sujet en France ? Non. Et c’est une raison de plus pour aujourd’hui vous alerter. En un an, la France a fait évoluer sa politique de développement en se dotant d’une loi d’orientation qui contribuera à améliorer la transparence, favorisera le débat public et permettra de mieux informer les  citoyens des réalisations et des résultats de cette politique. Les députés, très mobilisés ont d’ailleurs été nombreux à le souligner lors des débats dans l’hémicycle sur cette loi. Les principes sont là et sont louables mais les moyens manquent. Nombreux sont ceux qui ont ainsi regretté de ne pas voir inscrit, dans le texte, l’engagement d’une trajectoire ascendante pour atteindre l’objectif des 0,7 %, et les moyens budgétaires pour y parvenir. On pourrait, certes, se satisfaire d’orientations louables et de bons principes  - mais dans des situations de crise qui vous ont mobilisé personnellement comme celles que traversent la Centrafrique aujourd’hui, le Mali ou la Syrie, ou, quand il s’agit de faire face aux effets pour des millions de personnes des conséquences du changement climatique, l’aide au développement est cruciale. Non pas une aide qui mettrait sous perfusion ces Etats, en nourrissant une dépendance que leurs citoyens eux-mêmes rejettent, mais bien une aide qui permette aux populations les plus vulnérables de faire face aux chocs immédiats et aux institutions nationales de se réformer pour créer les cadres d’un développement durable.

Un an après votre discours aux Assises de la solidarité internationale, nous ne pouvons croire que vous acceptiez   que la réponse à ces défis soit dans de nouvelles coupes budgétaires, qui pour être faites sans publicité n’en seront pas moins réelles. Un tel chemin est incompatible avec une politique française de développement « ambitieuse » qui pour redevenir crédible doit l’être politiquement mais aussi financièrement. Pour qu’elle reste un des piliers majeurs de l’action étrangère de la France votre ambition se traduira-t-elle dans le budget 2015 et celui des années à venir ?

Liste des signataires
Jean-Louis Vielajus, Président, Coordination SUD
Frédéric Apollin, Directeur général, Agronomes et Vétérinaires sans frontières (AVSF)
Luc Lamprière, Directeur général, Oxfam France
Friederike Röder, Directrice, ONE France
Bruno Spire, Président, AIDES
Dr Thierry Brigaud, Président, Médecins du Monde (MDM)
Jean-Marc Boivin, Directeur, Handicap International France
Pierre Jacquemot, Président, GRET
Dr Louis Pizarro, Directeur, SOLTHIS
Georges Morizot, Président, Gevalor
Alain Raymond, Directeur de pôle, France Volontaires
Dr A. Le Vigouroux, Président, Association des professionnels de santé en coopération (ASPROCOP)
Kristel Malègue, Coordinatrice, Coalition Eau
Khady Sakho Niang, Présidente, Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations (FORIM)
Jean-Daniel Balme, Directeur, Service de Coopération au Développement (SCD)
Kadiatou Djidja Diallo, Vice-présidente, Association de Jeunes Guinéens de France (AJGF)
Jean-Charles Ahomadegbe, Président, Conseil des Béninois de France (CBF)
Bernard Pinaud, Délégué général, CCFD-Terre Solidaire
Hakima Himmich, Présidente, Coalition PLUS
Pierre Perbos, Président, Réseau Action Climat-France (RAC)
Mike Penrose, Directeur général, Action contre la Faim (ACF)

Changement climatique : le défi de notre siècle

2014-03-28

Soyons clairs : le changement climatique n’est pas un concept abstrait mais une réalité quotidienne pour de nombreuses familles, communautés et nations. Ironie du sort, il affecte particulièrement les populations vulnérables qui sont pourtant les moins responsables des émissions de gaz à effet de serre. Face au scepticisme de certains, les chiffres sont sans appel. La Terre s’est déjà réchauffée de 0,8°C depuis 1850. Elle se réchauffera de 1,7°C d’ici 2100 si des mesures efficaces sont prises et, de beaucoup plus - de 4 à 5°C - selon le pire des scénarios qui correspond malheureusement aux évolutions actuelles d’émissions de gaz à effet de serre.

« Quelques degrés de plus, où est le problème ? »

Lorsque certaines régions se réchaufferont de 1°C, d’autres seront impactées par des hausses de températures moyennes supérieures à 6°C, rendant invivables de vastes régions du globe déjà touchées par la malnutrition, l’insécurité alimentaire et la pauvreté chronique.

Savez-vous qu’une hausse du niveau moyen de la mer d’ici à 2100 de 50 à 80 cm est prévu sur les côtes bretonnes et que 10% de la population mondiale habite une zone menacée par la montée des eaux ?

Savez-vous aussi qu’il est estimé que la disponibilité en eau de nombreuses régions du monde va réduire de 20% pour chaque degré supplémentaire de réchauffement global alors que le nombre d’habitants augmente ?

Savez-vous enfin que nous ne sommes pas tous égaux devant les conséquences de ce changement ? Les femmes et les enfants ont 14 fois plus de chance de mourir que les hommes lors de catastrophes naturelles1 comme les inondations qui risquent d’augmenter.


La version provisoire du volet « Impacts » du 5e rapport du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), composé de plus de 800 chercheurs, qui sera publié le 29 mars, vient confirmer que le changement climatique creuse les inégalités et crée une vulnérabilité supplémentaire, en entravant le développement de pays déjà marqués par la pauvreté chronique. Alors que le monde s’inquiète de pouvoir nourrir ses habitants dont le nombre augmente chaque jour, avec environ 842 millions de personnes souffrant de la faim, et plus de 180 millions d’enfants touchés par la malnutrition2, le rapport publie des chiffres inquiétants sur les impacts négatifs attendus sur la santé, la raréfaction des ressources en eau, la baisse des rendements agricoles, la sécurité alimentaire, l’économie et, plus généralement sur la sécurité des populations3. Le rapport estime que les coûts pour l’adaptation devraient atteindre 70 à 100 milliards de dollars par an d’ici 2050.

Les impacts du changement climatique ne connaissent pas de frontières, ils se diffusent partout et inégalement. Ils frappent d’abord les plus vulnérables.

Soyons honnêtes : le rapport du GIEC est anxiogène et ce n’est pas le premier rapport à nous alerter sur l’urgence de la situation. Pourtant la volonté politique et les financements promis par les Etats développés depuis 2009 ne sont toujours pas au rendez-vous. Nous devons nous donner les moyens de mettre en oeuvre des politiques communes et équitables pour faire face à ce défi mondial à la fois en réduisant les émissions mondiales et en luttant contre les impacts du changement climatique.

Les solutions existent. Par exemple, pour appuyer les plus vulnérables, nous, ONG et nos partenaires des sociétés civiles du Sud, avons démontré que généraliser les systèmes d’alerte précoces, sensibiliser les pouvoirs publics locaux à la gestion des risques, investir dans la recherche et les politiques publiques d’appui aux systèmes de production agricoles durables comme l’agro-écologie, améliorer l’accès aux moyens financiers et à l’appui aux petits agriculteurs et éleveurs ou encore optimiser la gestion des ressources naturelles améliorent durablement les conditions de vie des populations vulnérables. En investissant par exemple dans des systèmes de prévisions météorologiques et de diffusion de cette information dans les pays en développement les bénéfices financiers seraient de 4 à 36 fois supérieurs aux coûts4.

Soyons au rendez-vous : 2014 et 2015 offrent des opportunités majeures pour profiter d’une mobilisation citoyenne d’envergure afin d’inciter les puissances mondiales à un engagement politique fort. La France, en tant qu’acteur-clé de l’Union Européenne et hôte de la Conférence des Parties organisée par les Nations-Unies en 2015 (COP21)5, doit faire preuve à la fois d’exemplarité à travers sa politique de transition énergétique et de financement de l’adaptation, de cohérence dans son action climat/développement, mais aussi de leadership en encourageant l’adoption par l’Union Européenne d’une politique énergie-climat bien plus ambitieuse6. Nous demandons à nos représentants politiques, enfin, de s’engager sérieusement dans la lutte contre le changement climatique, notamment en mettant tout en oeuvre pour qu’un accord climatique ambitieux, contraignant, juste, soit obtenu. Ce sont l’ensemble des acteurs qui doivent aujourd’hui assumer leurs responsabilités face au changement climatique : Etats, mais aussi organisations internationales, société civile, recherche, secteur privé.

Chaque négociation politique ratée nous expose un peu plus, et en particulier les populations les plus vulnérables, aux effets dévastateurs du changement climatique. L’heure est venue de s’attaquer ensemble au plus grand défi de ce début de siècle. L’inaction coûtera bien plus cher : en vies et en dommages matériels.

1 Gender and Disaster, UNDP, 2010 / Peterson, 2007
2 Source: FAO, 2013, The State of Food Insecurity in the World 2013
3 Global Security Defense Index on Climate change, 2013. Le changement climatique est considéré comme une menace majeure pour la sécurité nationale et internationale par plus de 110 gouvernements.
4 Source: Banque Mondiale, 2013, Managing Risk for Development
5 Au cours de laquelle un accord climatique international et contraignant à la fois pour les pays développés et en développement et respectant le principe de responsabilité commune mais différenciée, devrait être conclu.
6 Les ONG préconisent l’adoption de trois objectifs contraignants sur l’énergie pour 2030 :55% de réduction des émissions de gaz à effet de serre, 40% d’énergies renouvelables, 45% d’amélioration en termes d’efficacité énergétique.

Tribune rédigée par la Commission Climat-Développement de Coordination SUD
4D, ACF, AVSF, CARE, CARI, CCFD-Terre Solidaire, GERES, GEVALOR,
Gret, ID, Médecins du Monde, Oxfam, Planète Urgence, Solidarités Internationale

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Artisans du Monde rejoint AVSF pour une consommation + près, + saine et + juste !

2014-03-05

AVSF se réjouit que la Fédération Artisans du Monde rejoigne dès aujourd’hui la campagne d’information « + près, + sain, + juste : c’est meilleur pour tout le monde ! » Les deux associations partagent les mêmes valeurs, notamment le soutien de l’agriculture paysanne au Nord comme au Sud.

Consommer sain et local, à prix juste pour soutenir les petits paysans, au Nord comme au Sud
Europe, Afrique, Amérique du Sud, Asie, même combat ! Partout, des paysans sous-payés n’arrivent pas à vivre d’une agriculture confrontée à la mondialisation des échanges. C’est pourquoi dans 20 pays du Sud, l’association Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières soutient la production agro-écologique de petits paysans et les aide à s’organiser pour retrouver leur autonomie alimentaire et économique ! AVSF a lancé une grande campagne pour sensibiliser le public à ce combat, ici comme là-bas.

Un partenariat logique sur des valeurs communes
« Le réseau Artisans du Monde s’est reconnu dans les valeurs portées par cette campagne. C’est donc tout naturellement que nous en sommes devenus partenaire », témoigne Gérald GODREUIL, Directeur de la Fédération Artisans  du Monde.

« La consommation à bas prix a forcément des répercussions négatives sur les producteurs, au sud, comme au nord. La dimension + juste de cette campagne défend notre vision d’un monde où vivre dignement de son travail n’est pas une option mais bien une nécessité afin d’instaurer des échanges plus équitables pour tous. Promouvoir des modes de productions agro-écologiques (+ sain) et soutenir des initiatives locales pour développer un commerce équitable sud-sud et un renforcement des partenariats entre Artisans du Monde et les acteurs des circuits courts, s’inscrit dans notre vision d’une économie ancrée sur son territoire (+ proche)ajoute-t-il.

Cette campagne de sensibilisation, lancée en avril 2013 par AVSF, est soutenue par la coopérative Ethiquable, la fédération Artisans du Monde et l’AMAP OSI.

AVSF - Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières est une association de solidarité internationale reconnue d'utilité publique, qui agit depuis 1977 pour soutenir l'agriculture paysanne. + d’informations sur www.avsf.org

Artisans du Monde est le 1er réseau associatif de commerce équitable en France. 3 grands moyens d’action forment les piliers du mouvement : la vente de produits, l’éducation au commerce équitable et les campagnes d’opinion et de plaidoyer. + d’informations sur www.artisansdumonde.org

Le site pour consommer + près, + sain et + juste : www.plus-pres-plus-sain-plus-juste.org

Contacts presse
Christophe LEBEL, 01 43 94 73 48 c.lebel@avsf.org
Sanaâ NADIR, 01 83 62 92 03 s.nadir@artisansdumonde.org

Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières mis à l’honneur à l’UNESCO

2014-03-04

L’association de solidarité internationale « Agronomes et Vétérinaires sans Frontières » est mise à l’honneur par l’UNESCO le jeudi 6 mars 2014 auprès de 1 000 jeunes lors d’une grande journée. Le projet sélectionné lutte pour le droit d’un accès à l’eau pour tous en Equateur.

Jeudi 6 mars 2014, l’UNESCO accueille 1 000 jeunes d’horizons variés pour découvrir 10 projets sur l’éducation, le sport et la diversité culturelle. A ce titre, Agronomes et Vétérinaires sans Frontières  et son partenaire équatorien CESA ont été sélectionnés parmi des centaines de projets sur la promotion des droits de l’Homme. Le projet retenu montre l’efficacité de la lutte pour l’accès à l’eau pour tous.

En Equateur : une eau abondante mais très mal répartie
Situation paradoxale : riche en eau, l'Equateur souffre pourtant d'une distribution inégale de la ressource et de fortes tensions pour le partage de son accès et de son usage. Depuis 2007, Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières  et son partenaire équatorien CESA luttent contre l’appropriation par les plus puissants de cette ressource indispensable aux populations paysannes indiennes de ce pays.

« Aujourd’hui dans la région de Licto en Equateur, la gestion sociale et équitable de l’eau est bien mieux acceptée par ses différents utilisateurs. Tout le monde a compris l’intérêt d’une eau partagée pour assurer  l’alimentation de tous, paysans comme citadins. Le droit à l’eau pour tous est même entré dans la constitution nationale ! » témoigne Marlène BARBA coordinatrice du projet.

L’eau, une denrée vitale et fragile au niveau mondial
Avec seulement 2,8 % d’eau douce disponible sur Terre et à l’aube de la journée mondiale de l’eau le 22 mars prochain, Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières constate tristement que l’eau constitue toujours un combat quotidien pour de nombreuses populations dans le monde. Croissance démographique, changements climatiques, agriculture industrielle, etc. sont autant de pressions sur cette ressource fragile et vitale qu’il convient de protéger et répartir équitablement.

Découvrez une vidéo du projet / l’émission « Sur les Docks » de France Culture sur ce projet / le témoignage d'un expert AVSF et la fiche projet

Contact presse : Christophe LEBEL / c.lebel@avsf.org / 01 43 94 73 48

Interview possible de responsable du projet le 6 mars 2014 à l’UNESCO

Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières est une association de solidarité internationale qui agit pour soutenir l'agriculture paysanne :

AVSF soutient 140 000 familles, soit près de 700 000 personnes. AVSf mène 75 projets de développement dans 20 pays (Afrique, Asie, Amérique Centrale et du Sud, Caraïbes). AVSF est composé d'une équipe de 300 salariés, dont 85 % issus des pays où sont menés les projets de développement.

Salon de l’Agriculture : Assez de déclarations pour l’agriculture familiale paysanne, la France doit passer aux actes !

2014-02-24

L’Année Internationale de l'Agriculture Familiale sera à l’honneur au Salon de l’agriculture le 26 février prochain, en présence des ministres de l'Agriculture et du développement. Ce sera l’occasion de mettre l’accent sur une agriculture familiale chère à un gouvernement qui l'a défendue jusque dans la Loi d'orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale, récemment adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale. Au delà de l'opération de communication, des engagements politiques forts sont attendus ! L'année 2014 doit conduire la France à engager concrètement l’évolution de ses politiques commerciales, agricoles, d'investissement et de développement en faveur de l'agriculture familiale paysanne.

Aujourd’hui, sur les 842 millions de personnes qui souffrent de la faim, les trois quarts sont des paysans et paysannes. Pourtant, malgré les multiples formes d'exclusions qui frappent l'agriculture familiale paysanne, celle-ci produit aujourd'hui 70 % de l'alimentation mondiale, fournit plus de 60 % de l'emploi dans les pays les moins avancés (PMA) et reste garante de la biodiversité.

Action contre la faim, Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, AGTER, le CCFD Terre Solidaire, le CFSI, le Gret, Oxfam France, Peuples Solidaires, Réseau Foi et Justice Afrique Europe et la Confédération Paysanne, attendent du Président François Hollande, du ministre délégué en charge du Développement Pascal Canfin, du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll et du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qu’ils se saisissent des opportunités internationales existantes en 2014 pour défendre l’agriculture familiale paysanne. La France doit mettre son action en cohérence avec ses discours en mettant fin aux processus publics et privés d'exclusion de l'agriculture familiale et paysanne. La France peut et doit :

Créer des instruments de coercition contre l'accaparement des terres et l'éviction des paysannes et paysans. La mise en œuvre des Directives volontaires sur le foncier de la FAO doit passer par un chantier international en vue d'instaurer des règles obligatoires incontournables et des instances de recours contre toute forme d'investissement qui contribue à la violation des droits fondamentaux des paysannes et des paysans. Œuvrer pour le report des Accords de partenariat économique (APE) Europe-Afrique-Caraïbe-Pacifique au-delà du 1er octobre 2014 et soutenir les processus d'intégration régionale favorables à la protection et à l'essor des agricultures familiales et des filières locales, en particulier en Afrique. Plus généralement, mettre fin aux politiques commerciales de libre échange qui condamnent à terme l’agriculture familiale paysanne et la souveraineté alimentaire des pays concernés notamment dans les processus de négociations Européens en cours avec l’Inde, la Chine, les pays méditerranéens et l’Amérique latine. Remettre en cause les leviers d'action de la mal-nommée Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique, du G8 afin que soient soutenus, non pas des entreprises d'exploitation agro-industrielle à grande échelle, mais des programmes d'investissement et des politiques publiques foncières, agricoles et commerciales qui permettent aux agricultures familiales paysannes de révéler tout leur potentiel pour la souveraineté alimentaire et la nutrition ; S'assurer que les futurs Objectifs du développement durable en matière d'agriculture et d'alimentation soutiennent clairement les agricultures familiales paysannes ; Soutenir l’agriculture familiale paysanne comme un secteur prioritaire pour la recherche et les financements en matière d'atténuation et d'adaptation au changement climatique lors des futures Conférences sur le climat au Pérou en 2014 et en France en 2015, plutôt qu'une Climate Smart Agriculture vantée par la FAO mais dont les contours flous laissent la porte ouverte à des modèles d'agriculture polluants et excluants. Revoir sa position et soutenir le travail des Nations Unies sur les droits des paysans et des paysannes.

L’agriculture familiale paysanne est la mieux armée pour nourrir le monde et pour relever tous les défis majeurs du XXIe siècle : alimentation, climat, énergie, environnement, emploi. L'Année Internationale de l'Agriculture Familiale 2014 ne doit pas seulement permettre à la France d'en discuter, mais d'accorder son action à ses discours officiels.

Télécharger l'argumentaire complet

Contacts presse :
AVSF, Carline Mainenti c.mainenti@avsf.org 06 60 61 92 94
Oxfam France, Magali Rubino, mrubino@oxfamfrance.org  06 30 46 66 04
CCFD Terre solidaire, Maureen Jorand, jm.jorand@ccfd-terresolidaire.org 06 65 03 72 86

Pourquoi donc soutenir l’agriculture paysanne ?

2014-02-21

Le Salon de l’Agriculture 2014 est placé sous le signe de l’Année Internationale de l’Agriculture Familiale, telle que l’ont promue les Nations Unies. AVSF s’en félicite mais attire l’attention sur les dérives de certaines "agricultures familiales". L'année 2014 sera-t-elle bien celle de décisions politiques fortes pour soutenir les agricultures paysannes qui sont partout dans le monde une réponse efficace aux défis majeurs des prochaines décennies : alimentation, climat, santé publique, environnement et emploi ?

Toutes les agricultures familiales ne sont pas paysannes !
Certains agriculteurs familiaux ont des logiques d'intensification basées sur un usage très important de capital et d'intrants chimiques et une spécialisation excessive sur une culture ou un élevage au détriment de la diversité et qualité des productions et de l'environnement. Dans des logiques de croissance, certains concentrent les terres agricoles au détriment de l'emploi rural et de l'installation de jeunes.
Partout dans le monde, AVSF soutient une agriculture paysanne capable d'innover et produire plus, de manière plus autonome grâce à des pratiques de production agroécologiques qui préservent l'environnement et garantissent des produits sains. Une agriculture paysanne qui permette une rémunération juste et un revenu décent aux producteurs, garante d'une répartition équitable de la terre et créatrice d'emplois. Une agriculture qui crée des liens étroits entre des paysans, hommes et femmes, et leur territoire.

Soutenir une agriculture paysanne + proche, + saine et + juste !
Grâce à la campagne « + près + sain + juste, c’est meilleur pour tout le monde ! » que mènent AVSF et ses partenaires, nous réaffirmons la modernité de l'agriculture paysanne pour répondre aux défis du 21e siècle : alimentation, climat, santé publique, environnement et emploi ! Cette reconnaissance est pourtant loin d'être gagnée : exclusion des politiques publiques, de l'accès à la terre ou à l'eau, des marchés, du financement, ... Espérons qu'au-delà de l'opération de communication, l'AIAF se traduise par des actes politiques forts en leur faveur pour lutter contre ces discriminations !

RETROUVEZ AVSF AU SALON DE L’AGRICULTURE 2014

Mardi 25 février à 11h30 Conférence "Produire plus et autrement dans le contexte des agricultures familiales" sur le stand Cirad-AFD, Hall 4, allée E, n°127. Mercredi 26 février à 9h30 Table ronde 2 du séminaire MAAF-JA-AFDI "Comment faire de l'agriculture familiale un moteur de développement ?", Hall 7.2 salle Lyra. Mercredi 26 février à 11h30 Conférence "Agriculture familiale et signes de qualité" et à 16h00 Conférence "Agriculture contractuelle" sur le stand Cirad-AFD.


Découvrez l’agriculture paysanne et familiale en chiffres et dans un dossier de presse

Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, les chiffres clés :

AVSF soutient 140 000 familles, soit près de 700 000 personnes. 75 projets de développement dans 20 pays (Afrique, Asie, Amérique Centrale et du Sud, Caraïbes). Une équipe de 300 salariés, dont 85 % issus des pays où sont menés les projets de développement.

Contact Presse : Christophe LEBEL 01 43 94 72 17

Politique française de développement : orientation ou programmation ?

2014-02-14

Le premier projet de Loi d’orientation et de programmation sur la Politique française de développement et de solidarité internationale a été adopté par l’Assemblée nationale en première lecture ce lundi 10 février 2014, après des heures de débats et des centaines d’amendements proposés. Les 10 ONG professionnelles de développement du Groupe initiatives se félicitent de l’adoption de cette loi, attendue depuis longtemps, qui sera examinée au Sénat après les municipales 2014. Elles insistent sur les enjeux pour « orienter le développement » et relever le grand défi du XXIe siècle : réduire les inégalités des revenus, des situations et des opportunités.

Orienter le développement, c’est l’encadrer juridiquement
Les 10 ONG du Groupe initiatives se félicitent de la décision du Gouvernement d’inscrire l’engagement de solidarité internationale de la France dans une loi. Le cadre législatif reprend des orientations majeures- priorité vers les pays les plus pauvres,
lutte contre les inégalités par l'inclusion, développement durable et approche par les droits - et est porteuse d’avancées notamment sur les questions de transparence, de cohérence des politiques et l’inscription de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) dans son périmètre. Le Groupe initiatives s’est associé aux amendements portés par Coordination SUD, et suivra la mise en œuvre de cette loi, si le Sénat confirme le choix de l’Assemblée nationale, notamment dans le cadre du Conseil national pour le développement et la solidarité internationale (CNDSI).

Orienter, c’est prévoir comment atteindre la ligne d’arrivée
Il n’en demeure pas moins que voter une loi d’orientation sur la politique française de développement sans prévoir les moyens de sa mise en œuvre, c’est donner le cap à un voilier qui n’a pas de vent pour avancer. Surmonter un nombre croissant de défis à budget d’Aide publique au développement (APD) constant est une gageure. Malgré son nom, cette loi d’orientation n’est pas une loi de programmation : les députés l’ont bien compris et ont ajouté un article précisant que cette loi, révisée à
cinq ans, entrerait en vigueur  « jusqu’à la promulgation de la nouvelle loi de programmation ». La question du financement est renvoyée aux débats sur le Projet de loi de finances (PLF) et la loi prévoit que le  gouvernement « remet un rapport au Parlement sur l’utilisation du résultat de l’Agence française de développement et sur l’équilibre entre les prêts et les dons. » Un rôle important du Parlement, d’autant que la « différenciation des partenariats » est un concept clé de la loi qui permet de réserver un sort particulier aux pays pauvres, bénéficiaires de l’aide sous forme de subvention, un instrument absolument nécessaire. La logique instrumentale actuelle – plus de prêts, moins de dons- atteint ses limites et empêche la France de respecter ses engagements. Sans tomber dans la tyrannie des critères chiffrés, la référence au montant relatif de l'APD demeure pour la France, comme pour les autres membres de l'OCDE, un enjeu international, un indicateur de son engagement sur le terrain du développement, un témoignage de la réalité tangible de ses alliances. La faiblesse de l’aide française se répercute aussi sur les ressources mises à la disposition des ONG. Le doublement de l'APD transitant par les ONG est un réajustement plus qu’une réelle avancée, la France restant très en retard par rapport à ses voisins européens et ne prenant pas suffisamment en compte les coûts de structure des ONG.

Orienter, c’est anticiper l’avenir
Le développement, ce n’est pas répondre au coup par coup à une situation donnée, c’est toute une approche à inventer avec les acteurs locaux et qui s’inscrit dans la durée. L’innovation constitue un élément clé pour trouver, avec les acteurs publics, privés et les populations concernées, des solutions pérennes, efficaces et adaptées. La recherche a besoin des ONG, tant dans la mise en œuvre des dispositifs (connaissance du terrain, partenaires locaux, recherche-action) que dans la diffusion des résultats (contributions aux politiques, dialogue, renforcement des capacités). Pourtant, le projet de loi limite ce sujet aux seuls instituts de recherche. Les entreprises bénéficient de financements publics pour leur propre recherche et développement, mais quel soutien de la contribution des ONG au secteur du développement? Les évaluations ont démontré le flou dans le pilotage de l’APD française : quelle clarification du pilotage des politiques de recherche pour le développement ? Innover suppose de mesurer : quels instruments pour mesurer l’impact social et économique, les progrès réalisés et la pérennité des dispositifs ?

La loi Canfin a passé la première étape. Si le Sénat confirme le choix de l’Assemblée nationale, elle sera une occasion exceptionnelle pour poser les piliers d’un engagement national, assorti de moyens, pour un développement international plus durable et moins inégalitaire. De l’orientation à la programmation…

Paris le 14 février 2014.

Les Présidents des ONG membres du Groupe Initiatives
Christian Lespinats (Groupe Initiatives), Marc Oswald (APDRA), Claude Roger (AVSF), Philippe Villeval (Ciedel), Dominique Frémaux (Essor), Thierry Cabirol (Geres), Michel Colin de Verdière (Grdr), Pierre Jacquemot (Gret), Gilles Bogo (HSF), Alain Larreture (ID), Johnny Egg (Iram).

Contact presse pour le Groupe Initiatives : Marie Bessières, bessieres@gret.org, 01 70 91 92 76

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Distinguer agriculture familiale et agriculture paysanne

2014-01-29

A l'occasion du lancement de l'Année Internationale de l'Agriculture Familiale 2014, AVSF réaffirme avec force son soutien à l'agriculture paysanne, qui constitue une réponse efficace aux défis alimentaire, climatique, environnemental et de création d'emplois en milieu rural !

Le vendredi 22 novembre 2013, l'ONU a lancé officiellement l'Année Internationale de l'Agriculture Familiale 2014. C'est l'occasion de remettre l’agriculture familiale au centre des politiques publiques dans les programmes nationaux d’action, en identifiant les lacunes à combler et les opportunités offertes afin de favoriser la transition vers un développement plus équitable et plus équilibré.

Distinguer agriculture familiale et agriculture paysanne

En France comme dans le monde, on a souvent tendance à parler indifféremment d'agriculture familiale et d'agriculture paysanne. Toutes les paysanneries reposent sur la cellule familiale et peuvent donc être qualifiées d'agricultures familiales. Pour AVSF, l'agriculture paysanne est spécifique par un lien étroit entre des paysans, hommes et femmes, enracinés sur des territoires spécifiques, avec un profond attachement à leur culture et des règles d'usage souvent historiques des ressources de leur territoire.

Ainsi certains agriculteurs familiaux ont parfois des logiques d'intensification basés sur un usage très important de capital et d'intrants chimiques. Ils peuvent mener une spécialisation parfois excessive sur une culture ou un élevage au détriment de la diversité des productions. Ils peuvent aussi développer une très forte extension de leur exploitation agricole au détriment d'une répartition équitable de la terre qui permette aussi l'installation de jeunes. Alors cette forme d'agriculture familiale ne peut plus être caractérisée comme paysanne.

35 ans d'actions d'AVSF en faveur des agricultures paysannes

C'est pourquoi, depuis 35 ans, AVSF soutient les agricultures paysannes car loin des clichés d'hier, l'agriculture paysanne est aujourd'hui symbole de modernité face aux défis alimentaire, climatique, environnemental et de création d'emplois en milieu rural ! Cette agriculture paysanne est capable d'innover pour produire plus et mieux grâce à des pratiques de production améliorées tout en préservant l'environnement.

Retrouver notre dossier média sur l'agriculture paysanne et familiale (infographie et témoignages)

Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, les chiffres clés :

AVSF soutient 140 000 familles, soit près de 700 000 personnes. 75 projets de développement dans 20 pays (Afrique, Asie, Amérique Centrale et du Sud, Caraïbes). Une équipe de plus de 300 salariés, dont 85 % issus des pays où sont menés les projets de développement.


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Les coopératives paysannes du Pérou et de la Bolivie : des réussites d'une économie sociale et solidaire !

2014-01-20

AVSF se réjouit qu’à l’occasion du déplacement officiel que réalise le Ministre Benoit HAMON au Pérou et en Bolivie du 19 au 23 janvier 2014,  il ait prévu de visiter les coopératives  FECAFEB, CEPICAFE et APROMALPI de petits producteurs de café, cacao et mangues, impliquées dans les filières du commerce équitable et dont AVSF a soutenu la création ou la consolidation au cours des 30 dernières années. 

Des entreprises paysannes performantes

Jusqu'au début des années 2000, la filière café de Bolivie, contrôlée par des exportateurs privés plus préoccupés de volume que de qualité, a souffert d'une très mauvaise image sur le marché international, avec pour conséquence la décote de prix la plus importante d'Amérique latine. Les petits producteurs de café de Bolivie étaient parmi les plus pauvres du continent. Dès 1993, AVSF a soutenu les coopératives existantes et le renforcement de leur Fédération nationale FECAFEB, en apportant un soutien technique à l’amélioration de la qualité, la mise en œuvre de  certifications biologiques et du commerce équitable et le renforcement des capacités de gestion de ces organisations. "Ce sont aujourd’hui une cinquantaine de petites coopératives de 50 à 100 familles, réunies au sein de la fédération FECAFEB, qui exportent plus de 80 % du café bolivien. Elles ne laissent pratiquement que les écarts de triage aux commerçants de la région. Les prix à l’exportation du café bolivien ont ainsi augmenté de plus de 50 %", témoigne Sarah METAIS, représentante d'AVSF en Bolivie.

Au Nord du Pérou, les oasis côtiers irrigués sont très prisés des investisseurs privés pour l'installation d'agro-industrie et d'exploitations agricoles intensives de fruits et légumes à l'exportation. En 1996, un groupe de petits producteurs crée l'association des producteurs de mangue de l'Alto Piura APROMALPI: elle a pour ambition de commercialiser des mangues en direct pour échapper aux prix imposés par ces intermédiaires et les courtiers. AVSF décide alors de soutenir cette association pour lui permettre d'accéder au marché équitable et lui apporte assistance technique pour la production biologique et son renforcement commercial et institutionnel. "Les résultats sont là", souligne César PAZ, représentant d'AVSF au Pérou. "APROMALPI compte aujourd'hui 170 sociétaires ; elle produit plus de 120 containers annuels (2400 tonnes de fruits frais et transformés) pour les marchés du commerce équitable. Et fierté des producteurs, elle a été primée par les Autorités nationales péruviennes comme l'une des entreprises paysannes les plus innovantes dans notre pays".

Une économie au service des Hommes

"Dans les deux cas, organisations coopératives et commerce équitable ont clairement montré leur impact tant sur la croissance de l'économie agricole que sur la juste redistribution de la richesse produite au bénéfice du plus grand nombre, en particulier des familles paysannes marginalisées. Et cela vaut aussi pour les petits producteurs de cacao soutenus par AVSF dans ces mêmes régions." souligne Frédéric APOLLIN, directeur général  d'AVSF. En Bolivie, les revenus des familles productrices de café labellisé commerce équitable peuvent atteindre pour certaines jusqu'à 3 000 € par an. Cette économie caféière a permis la mise en place de services de base dans la région des Yungas ; les communautés ont cofinancé l'électrification et des collèges et des lycées se sont installés. Au Pérou, les revenus des familles sociétaires d'APROMALPI sont de 40 % supérieurs à ceux de producteurs vendant sur les marchés traditionnels aux intermédiaires. APROMALPI a créé plus de 140 emplois dans la récolte des fruits et 60 emplois féminins dans l'unité de traitement des mangues que l'association a installée. Les primes issues du commerce équitable sont utilisées pour financer des prêts à faible intérêt pour les membres, la création d'un atelier textile fournissant des emplois pour les femmes et l'installation d'une clinique médicale sur place.

Ces transformations structurelles sont le fait de coopératives paysannes engagées, soutenues par AVSF, avec l'appui d'entreprises du commerce équitable, comme la SCOP Ethiquable, partenaire privilégié d'AVSF pour ces programmes. FECAFEB, APROMALPI, CEPICAFE ... autant d'exemples de réussites d'entreprises paysannes coopératives qui ont été les précurseurs de cette économie sociale et solidaire que le Ministre Benoit Hamon vient honorer de sa présence lors de son déplacement officiel. Au Pérou, il sera pour cette occasion unique, accompagné par la Vice-Présidente Marisol ESPINOZA CRUZ qu'AVSF avait récemment invitée à Paris en novembre dernier au Salon International du Chocolat, pour promouvoir le cacao des petits producteurs péruviens organisés.

Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, les chiffres clés :

AVSF soutient 140 000 familles, soit près de 700 000 personnes. 75 projets de développement dans 20 pays (Afrique, Asie, Amérique Centrale et du Sud, Caraïbes). Une équipe de plus de 300 salariés, dont 85 % issus des pays où sont menés les projets de développement.


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Un appui renouvelé du CG92 à AVSF et aux petits producteurs de cacao d'Haïti

2013-12-08

Un cacao paysan déjà reconnu au niveau international
Du 25 au 29 novembre 2013, AVSF et la FECCANO ont accueilli en Haïti des Vice-Présidents et Conseillers Généraux du département des Hauts-de-Seine, venus suivre le projet d'appui à la Fédération des producteurs de cacao du Nord d'Haïti (FECCANO) initié en 2007. La mission était conduite par Christian Dupuy, vice-président du Conseil général en charge de la Culture et des Animations culturelles, maire de Suresnes et président du Groupe pays Haïti à Cités-Unies France. Il était accompagné de Georges Siffredi, vice-président du Conseil général en charge de la politique de la ville, et de Jean-André Lasserre, conseiller général. AVSF était représenté par Frédéric Apollin, Directeur général et David Millet, Coordinateur national en Haïti.

Visionnez le reportage video produit par le Conseil Général sur cette visite

Regroupant 6 coopératives du Nord d'Haïti et plus de 2000 producteurs paysans, la FECCANO a obtenu grâce à AVSF, les certifications biologique et équitable et maîtrise maintenant la technique de la fermentation du cacao. C'est ce qui lui permet d'exporter aujourd'hui près de 100 tonnes d'un cacao de qualité sur le marché français et européen avec le soutien déterminé de la SCOP Ethiquable, partenaire d'AVSF, et de chocolatiers des Hauts-de-Seine, en particulier Christophe Bertrand (Chocolaterie "A la Reine Astrid"). La production et commercialisation de ce cacao reconnu de qualité et très typé, ont valu à Haïti et la FECCANO d'être présents au prestigieux Salon International du Chocolat de Paris en novembre dernier et de voir son cacao sélectionné pour les International cocoa awards.

Soutenir l'économie des familles et du pays et protéger l'environnement
Au cours de cette mission, les élus altoséquanais et le Directeur général d'AVSF ont pu rencontrer longuement le Ministre Haïtien de l'Agriculture, Jacques Thomas, puis les coopératives, leurs membres, les dirigeants de la FECCANO, enfin Guito Gilot, Gérant de la Fédération. Tous ont souligné l'importance stratégique de la filière cacao en Haïti pour la sécurité alimentaire des familles paysannes productrices, la protection d'un environnement boisé et la relance économique des territoires ruraux et du pays.

A cette occasion, une nouvelle convention de financement a été signée entre le Conseil Général des Hauts-de-Seine et AVSF dans le cadre de la coopération décentralisée du département, pour une 4e phase de soutien à une action innovante et prometteuse.

Découvrez le projet d'appui aux petits producteurs de cacao d'Haïti

Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, les chiffres clés :

AVSF soutient 140 000 familles, soit près de 700 000 personnes. 75 projets de développement dans 20 pays (Afrique, Asie, Amérique Centrale et du Sud, Caraïbes). Une équipe de plus de 300 salariés, dont 85 % issus des pays où sont menés les projets de développement.


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Des APE au service du développement des peuples !

2013-12-06

A l'occasion du Sommet de l'Elysée pour la Paix et la sécurité en Afrique du 6 et 7 décembre 2013, AVSF et plusieurs ONG demandent au Président de la République, Monsieur François Hollande, de considérer les points suivants :

Les APE (Accords de Partenariats Economiques) doivent avoir pour priorité le développement, et tenir compte des niveaux de développement différentiels entre les pays ACP (Zone Afrique Caraïbes Pacifique) eux-mêmes mais également à l'intérieur même des pays. Ils ne doivent en aucun cas limiter la capacité politique des Etats à définir leurs propres politiques commerciales, agricoles, industrielles ou énergétiques, ni intégrer d'autres mesures que celles visant à mettre le système de préférences UE-ACP en conformité avec les règles de l'OMC. La souveraineté alimentaire des pays ACP devrait être respectée et promue par la France auprès de l'UE. La cohésion des ensembles régionaux, et la recherche de solutions concertées et coopératives, par ces régions, en dialogue avec l'Union européenne, doit rester prioritaire. L'UE doit soutenir le processus d'intégration régionale et non contribuer à les hypothéquer, la France devrait encourager cette dynamique au sein de l'UE. Les pressions à l'œuvre ne sont pas acceptables et ont des impacts négatifs sur les pays ACP concernés. La France devrait continuer à œuvrer pour le report de la date butoir du 1er octobre 204, et éviter vigilante pour qu'aucune pression ne soit exercée sur certains états en particulier. La demande des pays ACP africains de porter cette discussion au Sommet Européenne - Union africaine d'avril 2014, à Bruxelles, devrait être soutenue par la France.

Lire la lettre ouverte complète à François Hollande

Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, les chiffres clés :

AVSF soutient 140 000 familles, soit près de 700 000 personnes. 75 projets de développement dans 20 pays (Afrique, Asie, Amérique Centrale et du Sud, Caraïbes). Une équipe de plus de 300 salariés, dont 85 % issus des pays où sont menés les projets de développement.


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AVSF primée pour son innovation au Pérou

2013-06-24

AVSF et l’association péruvienne ARPAC ont été primées pour leur projet innovant de marché de vente directe de produits de qualité à des prix justes qui réunit 5 000 petits producteurs et plus de 25 000 consommateurs proche de Cuzco.

Des produits locaux de qualité à des prix justes pour 25 000 consommateurs
Grâce au soutien d’AVSF, l’Association régionale des producteurs agricoles et d’élevage de Cuzco (ARPAC) a créé et organise depuis 9 ans le marché de producteurs « Huancaro » selon le principe des circuits courts « du champs à l’assiette ». Aujourd’hui, ce marché constitue une véritable réussite et rassemble chaque samedi plus de 2 000 paysans des 13 provinces de la région de Cuzco qui viennent vendre en directe leurs productions à près de  25 000 consommateurs fidélisés.
Ce projet de vente directe a ainsi amélioré la qualité de vie et les revenus de milliers de petits producteurs et leur famille grâce à des prix justes. Les prix pratiqués sur le marché, en moyenne 20% inférieurs à ceux des marchés dominés par les intermédiaires, et la relation directe avec les producteurs, constituent des atouts essentiels pour les consommateurs de Cuzco.

3 récompenses sur 105 projets d’agriculture familiale
A Washington, le Fonds régional pour la technologie agricole (FONTAGRO), parrainé par l'Institut Interaméricain de Coopération pour l'Agriculture (IICA) et la Banque Interaméricaine de Développement (BID) a ainsi remis le prix de l’innovation agricole en Amérique latine à AVSF et l’ARPAC pour ce projet commun.
Ce projet a été sélectionné par un panel d’experts internationaux parmi 105 autres pour récompenser « les innovations technologiques, institutionnels et organisationnels mis au point par les petits paysans ».

+ d’information sur ce projet

AVSF - Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières - est une association de solidarité internationale reconnue d'utilité publique, qui agit depuis 1977 pour soutenir l'agriculture paysanne.

AVSF soutient 140 000 familles, soit près de 700 000 personnes dans le monde, 75 projets de développement dans 20 pays (Afrique, Asie, Amérique Centrale et du Sud, Caraïbes), Une équipe de + de 300 salariés, dont 85 % issus des pays où sont menés les projets de développement.

Contact presse
Christophe LEBEL, 01 43 94 73 48