Pour que les hommes vivent
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Diminuer la vulnérabilité des populations paysannes face au changement climatique

Marie BONNARD, coordinatrice nationale en Haïti croit à la diminution du risque climatique grâce à l'agro-foresterie.

Le cyclone Matthew qui a frappé Haïti en 2016 est-il une manifestation du changement climatique mondial ?

Les cyclones et autres aléas climatiques, ouragans, sécheresse, ont toujours existé en Haïti. Plusieurs études montrent une augmentation de leur fréquence et de leur violence ces dernières années. L’une d’entre elles montre d’ici à 2030 une diminution de la pluviosité annuelle de 6 à 20 % et une diminution de l’aptitude climatique de certaines cultures devant aboutir à une perte annuelle de productivité estimée entre 0,5 et 1,2 % et donc à un appauvrissement accru des familles rurales. Ce sont donc tout autant les sécheresses que les cyclones que redoutent les paysans haïtiens.


Quelle a été l’intervention d’AVSF en Haïti suite à ce cyclone ?

AVSF met en place, via ses organisations partenaires et grâce au financement de la Fondation de France et de l’Agence Française de Développement, un soutien à plus de 3 000 familles paysannes pour relever l’agriculture à court, moyen et long terme. 90 familles ont reçu une subvention pour refaire leurs toits envolés avec le cyclone, 2 200 pour recommencer une culture à cycle court ou des activités d’élevage générant des revenus d’ici juin 2017 et 800 pour le développement de l’agroforesterie sur le long terme.

Le soutien d’AVSF va-t-il diminuer la vulnérabilité des populations au changement climatique ?

Sur le long terme oui ! Le système agro-forestier encouragé par AVSF possède de nombreux avantages pour une recapitalisation progressive et durable. C’est un système diversifié avec un grand nombre de cultures sur une même parcelle, donc une bonne répartition du risque face aux aléas. Ces cultures ont des cycles de récolte différents. Cela permet l’entrée régulière de trésorerie pour le paysan : récolte de haricot et de maïs après 3 à 5 mois, récolte de banane et de papaye après 6 à 12 mois, récolte de cacao, de café ou de mangues après 2 à 3 ans, et récolte de bois d’œuvre après 10 à 20 ans. Il s’agit enfin d’un système étagé qui favorise l’infiltration des eaux de pluie donc la diminution des risques d’érosion, d’inondation et de sécheresse par recharge des nappes souterraines.

Découvrez le projet post-ouragan Matthew.