Pour que les hommes vivent
de la terre durablement

Evaluer les performances de l’agroécologie en Afrique de l’Ouest : les avancées du GTAE

Evaluer les performances de l’agroécologie en Afrique de l’ouest : les avancées du GTAE Image principale

AVSF a coordonné tout au long de l’année 2017, le projet CALAO (Capitalisation d’expériences d’acteurs pour le développement de techniques agroécologiques résilientes en Afrique de l’Ouest), mis en œuvre en partenariat avec les autres organisations du GTAE (Agrisud, CARI et GRET) ainsi que 7 autres partenaires Ouest Africains (ONG locales et Universités au Sénégal, Burkina Faso et Bénin).

Le projet a été mis en œuvre dans le cadre du PASANAO (Projet d’Appui à la Sécurité Alimentaire en Afrique de l’Ouest), financé par l’AFD et dont la maitrise d’ouvrage est assurée par la CEDEAO. Il a consisté en 3 études de terrains menées en parallèle dans les 3 pays sur l’évaluation socio-économique et agro-environnementale des pratiques agroécologiques, l’analyse des freins et leviers à leur intégration dans les systèmes de production. Un atelier de restitution et d’échanges a eu lieu à Dakar les 18 et 19 octobre, en présence de l’ensemble des partenaires,  afin de contribuer à l’élaboration des documents de capitalisation prévus sous forme de rapport et note synthétique à l’usage des Organisations paysannes, des ONG et des décideurs politiques.

Le séminaire a mis en évidence les points suivants :

· la nécessité d’évaluer, non pas des pratiques agroécologiques de manière isolée, mais des systèmes de production plus ou moins agroécologiques en considérant les effets aussi bien au niveau de la parcelle ou du troupeau (systèmes de culture et d’élevage), de l’exploitation agricole (système de production) que de régions (système agraire) ;

· l’accès aux moyens de production, les conditions d’accès au foncier et aux ressources naturelles, l’environnement socio-économique, le travail nécessaire et sa situation dans le calendrier agricole, les politiques publiques, figurent parmi les principaux facteurs favorables ou limitants pour le développement de l’agroécologie ;

· les effets positifs des pratiques agroécologiques en termes de fertilité des sols, avec par exemple une amélioration en moyenne du taux de matière organique et du niveau d’azote dans les 20 premiers cm du sol de respectivement +55% et +45% dans le cas de combinaisons de pratiques de conservation des eaux et sols et d’applications régulières de fumure organique dans diverses situations culturales au Burkina Faso. Des impacts ont aussi été mis en évidence sur les rendements agricoles (de l’ordre de +50% dans diverses situations) et la régénération des arbres dans les paysages agraires.

· les impacts en termes de revenu agricole, de valeur ajoutée, d’emploi et de sécurité alimentaire au sein des exploitations agricoles. Par exemple, dans la région Sereer du Sénégal, les systèmes agroécologiques basés sur une forte intégration entre agriculture et élevage permettent au minimum un doublement des revenus agricoles par actif par rapport à d’autres systèmes par ailleurs comparables, tant du fait de l’amélioration des rendements que de la croissance de la production animale. Cette dernière a également un impact en matière d’alimentation des familles, avec notamment un accroissement de la consommation laitière.

L’expérience et le bilan du projet CALAO seront confrontés à d’autres méthodes d’évaluation mises en œuvre par divers organismes français ou étrangers, à l’occasion d’un séminaire international organisé par le GTAE les 14 et 15 décembre au Jardin d'Agronomie Tropicale de Paris. L’objectif est de déboucher sur une base méthodologique commune solide à l’usage des praticiens du développement, pour mieux évaluer les actions et les effets de nos interventions en agroécologie.