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Équateur : démocratiser l'accès à la terre

Face à la discrimination des paysans indigènes dans l’accès à la terre, AVSF mène un nouveau projet nommé "Equiterra" pour renforcer la participation active des organisations paysannes dans les espaces de dialogues et faire appliquer les lois.

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En Équateur, les populations paysannes et indiennes souffrent de graves inégalités d’accès à la terre et à l’eau. En 2008, le vote d’une nouvelle Constitution - notamment basée sur les principes du buen vivir (bien vivre) et de la souveraineté alimentaire – devait permettre aux organisations paysannes et indigènes d’obtenir des lois favorables à l’agriculture traditionnelle andine et d'accéder à des terres, dont ils ont besoin pour nourrir leurs communautés. Or, dans la pratique, les principes constitutionnels ne sont pas appliqués, les spéculations foncières et les inégalités perdurent. En effet, l'accès et l'usage des terres doivent être justifiés auprès des institutions politiques. Contrairement aux grandes exploitations ou entreprises dotées de services juridiques habitués à négocier avec les institutions, les communautés paysannes ne sont pas formées sur le plan juridique, politique ou de plaidoyer pour faire valoir leurs droits. Elles se retrouvent donc écartées des espaces de dialogues et ne parviennent pas à faire appliquer la loi en leur faveur. Résultats : la concentration des terres par quelques exploitants met en péril la souverraineté alimentaire des petits paysans.

10% des exploitations concentrent 70% des terres

L’économie du pays repose principalement sur un modèle extractiviste (pétrole, agriculture industrielle…) qui exerce une forte pression sur les ressources - pollution des eaux, déforestation - alors que le pays est riche en eau et en biodiversité. Ces besoins de terres pour se maintenir dans l’économie mondiale se heurtent à ceux de milliers de paysans qui doivent survivre de leurs récoltes. Or en 2000, date du dernier recensement agricole, la concentration foncière avait atteint un niveau préoccupant : 10 % des exploitations agricoles détenait 70 % des terres cultivées.

Étudier, former et informer

C'est pour doter les communautés paysannes de compétences pour défendre leur droit légitime d'accéder à des terres, qu'AVSF et ses partenaires offrent des formations dans le cadre du projet Equiterra. La stratégie se déploie en 3 axes :
1 - La mise en oeuvre d’études sur les politiques foncières, afin de mettre en lumière les obstacles (urbanisation, spéculation...) à partir du vécu des communautés,
2 - La formation de dirigeants paysans et de techniciens sur la question foncière et ses enjeux,
3 - La participation d’organisations paysannes autochtones à des tables de concertation, dans le cadre de politiques publiques comme l’activation du Fonds National des Terres (qui promeut un accès démocratique à la terre, à la justice sociale et à la souveraineté alimentaire).

Ces actions permettront d’obtenir des informations fiables et actualisées, d’établir un diagnostic des politiques foncières en cours et développer des outils de plaidoyer pour stimuler les débats à différentes échelles… Pour déboucher, à terme, sur une diffusion des travaux et des propositions d’action politique via les médias.

Le projet Equiterra est mené en partenariat avec les ONG équatoriennes CESA et le FEPP, et le centre de recherches sur les problématiques agraires équatoriennes, co-créé par AVSF, CESA, l'Université centrale de QUITO et le CAMAREN (système de formation professionnelle sur la gestion des ressources naturelles).

Le projet Equiterra est co-financé par l'Union européenne.