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Gérer et partager l'eau : un défi majeur

Par Marie Bonnard et Frédéric Apollin

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Conséquence du changement climatique, la raréfaction de la ressource en eau sur certains territoires génère une forte pression sur la ressource, des inégalités croissantes d’accès et des tensions de plus en plus grandes entre les usagers. Or sans eau pour irriguer les cultures ou abreuver les animaux, la vulnérabilité économique et climatique des communautés paysannes s’aggrave. Gérer et partager la ressource, de surcroît en situation de pénurie, est un défi majeur.

Et de très nombreuses communautés rurales rencontrent aujourd’hui bien des difficultés à obtenir ou conserver des droits d’accès à l’eau, face à d’autres usagers mieux organisés ou plus puissants comme les secteurs urbains ou entrepreneuriaux. Défendre le droit des paysans à un accès équitable à l’eau et à son usage est donc une priorité d’AVSF : l’eau est un bien commun qui doit rester accessible à tous, un principe fondamental pour garantir le droit à l’alimentation, inscrit dans le droit international.

Ressource disputée entre ville et campagne, l’eau l’est également au sein même des communautés rurales et entre agriculteurs et éleveurs. Or seule une gouvernance plus démocratique de la ressource permettra un partage plus équitable : c’est l’objectif du travail d’AVSF que de créer localement des espaces de concertation pluri-acteurs (comité de bassin, unité pastorale, etc.) où chacun puisse défendre ses intérêts et ses droits.

Avec l’accélération du changement climatique, la prise en compte des risques liés à l’eau - inondation, sécheresse, pluies diluviennes et éboulements - est également devenue incontournable. Ces risques ne sont pas seulement « naturels » : la violence de leur impact résulte trop souvent d’aménagements et d’infrastructures inadaptées, de la diminution du couvert végétal sur les versants ou de la dégradation des sols directement liée à l’activité humaine.

Pour mieux s’en protéger, l’enjeu est d’agir à l’échelle des bassins versants en impliquant autorités publiques, collectivités urbaines et rurales pour repenser collectivement l’aménagement du territoire. Il s’agit également d’appuyer les populations locales à restaurer ces espaces dégradés et y réinstaller des parcelles boisées ou agroforestières, tout en répondant aux contraintes économiques qui les ont souvent amenées à couper des arbres ou surexploiter les ressources de leur territoire.

Enfin, si l’atténuation du changement climatique est une priorité mondiale, pour les populations paysannes qui en sont déjà victimes, s’adapter est une urgence. La transition agroécologique des systèmes agricoles et d’élevage paysans est une 1ère voie qui a démontré toute sa pertinence pour répondre à ce double défi. L’investissement sur des ouvrages de captage, stockage et distribution de l’eau est la 2ème priorité à laquelle s’attelle AVSF. Or si les bailleurs internationaux et les États investissent encore sur des grands chantiers publics d’aménagement hydraulique, nombre de communautés paysannes, situées loin des sentiers battus et de ces plaines irrigables, sont les oubliées de ces investissements.

AVSF milite et agit pour des investissements massifs dans des ouvrages de petite hydraulique. Citernes, impluviums, petits barrages, puits, forages en zone pastorale, etc. - : des investissements in fine peu coûteux mais indispensables à l’adaptation et la survie des populations paysannes.