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Études et témoignages

Du régime post-2012 au régime post-2020 : une route longue et sinueuse pour le climat. Retour sur la conférence de Durban

Editeurs : CARI
Coordination SUD
GRET
RAC-France
4D
AVSF
Auteurs : Blavier Sébastien
Burger Patrice
Chetaille-Anne
Gauthier Celia
Giraud Adeline
Mazounie Alix
Année : 2012
Du régime post-2012 au régime post-2020 : une route longue et sinueuse pour le climat


Depuis l’échec de Copenhague en 2009, la perspective d’un futur accord mondial sur le climat, qui soit ambitieux, équitable et juridiquement contraignant, apparaissait incertaine. La Conférence des parties sur le climat (COP17), qui s’est tenue à Durban du 28 novembre au 11 décembre 2011, a donné lieu à un "paquet" de décisions bien léger au regard des attentes. Ce document analyse les résultats de cette conférence du point de vue des questions de développement et de solidarité internationale. Il s’intéresse d’abord à l’ambition des pays en matière de lutte contre le changement climatique.Il analyse ensuite les avancées des différents volets de la négociation concernant le financement de la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement, l’adaptation au changement climatique, l’agriculture, enfin les mécanismes Redd+.


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Du régime post-2012 au régime post-2020 : une route longue et sinueuse pour le climat.

Retours sur la dix-septième Conférence des Parties à la
 Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique, du 28 novembre au 11 décembre 2011, Durban, Afrique du Sud

Depuis l’échec de Copenhague en 2009, la perspective d’un futur accord mondial sur le climat, qui soit ambitieux, équitable et juridiquement contraignant, apparaissait incertaine. L’époque où l’on croyait à la Conférence internationale qui sauverait le climat et changerait le monde est désormais révolue. La crise économique et financière, l’élection d’une majorité républicaine au Congrès des États-Unis, ou encore le creusement de la différenciation entre les pays émergents et le reste des pays en développement figurent parmi les facteurs aggravant l’immobilisme politique.

L’expérience montre que la négociation onusienne sur le climat est un processus certes long, mais nécessaire. Elle est la seule qui garantisse une participation de tous les États à un débat crucial pour un avenir partagé. Le multilatéralisme est garant d’un cadre coopératif nécessaire à l’échelle internationale pour lutter efficacement et équitablement contre le changement climatique. C’est dans cet esprit que sont venus plusieurs milliers de participants à la

Le premier enjeu de la COP17, qui s’est tenue à Durban du 28 novembre au 11 décembre 2011. était de sauver le Protocole de Kyoto, qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) des pays développés. On attendait aussi de la Conférence de Durban qu’elle initie un nouveau cycle de négociations, appuyé sur un calendrier clair, afin de parvenir au plus tôt à ce fameux accord mondial rassemblant l’ensemble des pays émetteurs dans la lutte contre le changement climatique. En d’autres termes, il s’agissait de signer un « Plan d’action de Bali bis ». La troisième attente pour Durban était d’avancer sur la mise en œuvre des Accords de Cancun, adoptés lors de la COP16 en décembre 2010. Ces Accords avaient débouché notamment sur la création d’un Fonds vert sur le climat, d’un cadre international sur l’adaptation et l’opérationnalisation du mécanisme sur la réduction des émissions liées à la déforestation, à la dégradation des forêts, et augmentation des stocks de carbone forestier (Redd+).

Au terme de seize jours de négociations intenses, prolongées de manière inhabituelle, les délégués sont rentrés chez eux avec un « paquet » de décisions bien léger au regard de ces attentes. Ce paquet comprend quatre décisions majeures. La première décision concerne la mise en place d’un nouveau groupe de travail spécial : la Plateforme de Durban pour une action renforcée. Cette plateforme est chargée de négocier un accord incluant tous les pays d’ici 2015, pour une entrée en vigueur d’ici 2020 maximum. Ce processus devra au plus tôt se substituer au Groupe de travail sur l’Action concertée à long terme (GTS-ACL) mis en place suite au Plan d’action de Bali. En parallèle de ce processus, les pays renouvellent le Protocole de Kyoto, en actant le principe d’une deuxième période d’engagement, dont la durée reste toutefois à définir.

Sur le plan opérationnel, le Paquet de Durban marque des avancées techniques et opérationnelles sur la mise en œuvre des Accords de Cancun, notamment dans les pays en développement. La troisième décision majeure du Paquet de Durban porte sur l’adoption de l’instrument de gouvernance (governing instrument) du Fonds vert pour le climat. Ce fonds devrait donc devenir opérationnel dès 2013-2014. Enfin, la décision essentielle du Paquet de Durban porte sur l’Action concertée à long terme. Elle inclut notamment des avancées sur l’adaptation et l’agriculture. Des décisions techniques sur Redd+ ont également été prises. Cependant, plusieurs questions laissées en suspens à Cancun sont encore restées irrésolues à Durban. C’est le cas, par exemple, des sources de financements nécessaires pour abonder le Fonds vert. Ou bien des mécanismes et approches utilisés pour financer les actions Redd+ sur le terrain.

Le Paquet de Durban a le mérite de relancer un cycle de négociations pour une refonte de l’architecture climatique à partir de la réalité économique des pays. La Conférence marque aussi un déplacement majeur du centre de gravité vers les pays émer- gents, avec un recul du poids des États-Unis qui, bien que bloquants sur de nombreux sujets, ont été esseulés dans les négociations. Pour la première fois, les pays émergents, Chine en tête, affichent leur volonté d’être acteurs des efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique et acceptent l’éventualité d’engagements internationaux de réduction de leurs émissions de GES à partir de 2020. Cependant, le Paquet de Durban est encore très loin de respecter ce que la science pense être indispensable pour éviter les conséquences désastreuses d’un réchauffement climatique de plus de 2°C.

Ce document analyse les résultats de la Conférence de Durban du point de vue des questions de développement et de solidarité internationale. Il s’intéresse d’abord à l’ambition des pays en matière de lutte contre le changement climatique.

Le document analyse ensuite le volet des négociations internationales qui concerne la mise en œuvre des accords déjà trouvés à Cancun, en soulignant également les points qui restaient à résoudre à Durban. La deuxième partie porte sur le financement de la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement. La troisième partie analyse les résultats de Durban du point de vue de l’adaptation au changement climatique. Longtemps ignorée dans les négociations climatiques, l’adaptation a pris de l’importance, à la fois au niveau international et dans les actions des pays aux niveaux national et local.

La quatrième partie concerne l’agriculture, un sujet devenu phare dans les négociations internationales depuis plus de deux ans mais sans avoir été reconnu comme tel au niveau politique par une décision de la COP. L’agriculture représente au moins 14 % des émissions mondiales de GES (sans prendre en compte la déforestation). C’est un secteur essentiel pour l’adaptation des plus pauvres et des plus vulnérables aux impacts du changement climatique. Pour beaucoup, Durban était ainsi la dernière chance d’inclure officiellement l’agriculture dans le cadre de la Convention Climat.

La cinquième et dernière partie de ce document s’intéresse au mécanisme Redd+. Comme l’adaptation, c’est un des volets des négociations internationales qui avaient connu des avancées décisives à Cancun. Durban devait préciser les modalités techniques encadrant l’action sur le terrain et résoudre une question politique principale : les mécanismes et les sources de financement qui seront utilisées pour financer la lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts sur le long terme.



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