Pour que les femmes et les hommes
vivent de la terre durablement

Biodiversité et sécurité alimentaire au Nord Laos

Préservation de la biodiversité de la zone du haut Nam Phaak et amélioration de la sécurité alimentaire des 2 000 familles paysannes : petite irrigation, riziculture, valorisation des produits non forestiers, élevage et santé animale.

En partenariat avec PAFO, CCL et ALL

  • Biodiversité et sécurité alimentaire au Nord Laos  Image principale
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Le Laos est connu pour sa très riche biodiversité. Au Nord Laos, dans la province montagneuse d'Oudomxai, les moyens de subsistance des familles paysannes d'ethnies minoritaires Kamou, Loa Loum et Mong dépendent de trois activités combinées : l'agriculture pluviale (rizières des hautes terres, manioc, maïs, sésame et légumes), l'élevage (porcs, volaille, buffles et bovins) et l'utilisation des produits non ligneux de la forêt (NTFP – cueillette, chasse et pêche). Ces derniers fournissent 50 % des protéines consommées par les ménages ruraux. La culture du brûlis est encore très pratiquée pour l'agriculture pluviale, conduisant parfois à des conséquences dramatiques sur la fertilité des sols et l'érosion. Quant à l'élevage, les principales contraintes sont des taux élevés de mortalité des animaux, en raison de la grande faiblesse des services de santé animale, tant au niveau local que régional et national. En raison de leur isolement, les familles paysannes ont rarement accès à des services d'assistance technique et d'information sur les marchés. La commercialisation des produits est d'autant plus difficile que les distances sont longues et l'état des routes très dégradé, en particulier en période de pluie et de mousson. Dans toute la province, la situation de la sécurité alimentaire est ainsi toujours classée comme "alarmante".

Depuis début 2012, en partenariat avec le Comité de Coopération Laos (CCL) et les autorités de la Province d'Oudomxai, AVSF appuie la mise en œuvre d'un programme pluri-annuel qui vise à lutter contre la pauvreté de ces familles rurales tout en développant l'économie locale, grâce à des modes de gestion durable des ressources naturelles et générateurs de revenus. Le projet touche déjà 20 villages et devrait s'étendre à plus de 45, sur deux districts (Namor et Muang La) relativement éloignés et avec des accès à certains villages rendus très difficiles de par l'état des pistes.

Le projet apporte des réponses pragmatiques aux besoins des familles tant au niveau individuel (installation de latrines ou de bassins piscicoles, ...) que collectif  (installation de petits systèmes irrigués, ...). Les activités ciblent les familles les plus pauvres grâce à la pisciculture et l'appui en intrants locaux pour la production de maïs et de coton sauvage, mais elles touchent en réalité un nombre de familles bien supérieur grâce à des méthodes innovantes et différentiées : les familles plus aisées payent les semences ou les alevins contre des dons gratuits pour les familles les plus pauvres.

Le projet vise la pérennité des activités grâce à une approche économique très pertinente : des groupements villageois "groupes marketing" ont été créés pour la collecte et vente groupée de certaines productions (maïs, coton, etc.) qui sont l'objet d'une forte demande de la part des familles. Un potentiel de marché existe notamment sur des produits comme le thé sauvage, le coton et les tissages, le bœuf séché ou les épices. Les ventes groupées permettent de constituer des caisses villageoises et des fonds de roulement, permettant aux familles d'accéder au crédit, par exemple pour l'achat de semences. Certains de ces groupes ont d'ores et déjà équipés de matériels de transformation : égreneuse et cardeuse de coton. Ce faisant, le projet permet de remettre en valeur plusieurs produits non ligneux de la forêt et renforce des savoirs traditionnels. Des activités sont directement ciblées vers les femmes, pour leur permettre à court terme plus d'autonomie économique grâce à la culture du coton sauvage et la revalorisation des tissages traditionnels. Un appui spécifique sur la production animale de cochons et volaille est également prévu : formation en alimentation et hygiène. La question sanitaire et la formation à la vaccination sont également deux fortes préoccupations des autorités de la province en raison de la proximité de la Chine qui impose d'être vigilant sur questions sanitaires.

Enfin les communautés villageoises bénéficiaires sont accompagnées dans l’élaboration de plans de gestion permettant l'utilisation durable des ressources forêt et eau. Au préalable, les ressources naturelles ayant un potentiel économique seront identifiées (bois, produits forestiers non ligneux,…) sur les 47 villages ciblés et des schémas d’exploitation raisonnée seront élaborés avec les volontaires et inclus dans les plans de gestion.

Le projet reçoit le soutien de l'Union Européenne, la Fondation Ensemble, la Coopération suisse et les associations Action de Carême (ADC) et Amis Lorrains du Laos (ALL)