En 2026, les Nations Unies ont proclamé l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux (IYRP 2026). Un signal fort pour remettre au cœur des politiques climatiques, agricoles et de développement des territoires et des communautés souvent invisibilisés, mais essentiels à notre avenir commun.
Depuis plus de 40 ans, Agronomes & Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) agit aux côtés des communautés d’éleveurs et éleveuses nomades, pour défendre leurs droits et renforcer la résilience des territoires pastoraux.
Des territoires clés pour le climat, la biodiversité et l’alimentation mondiale
Les pâturages (savanes, steppes, zones arides ou montagnes) couvrent plus de 50 % des terres émergées. Ils stockent près d’un tiers du carbone terrestre et jouent un rôle déterminant dans la régulation du climat, la préservation de la biodiversité et les cycles de l’eau.
Plus de 2 milliards de personnes dépendent directement ou indirectement de ces écosystèmes.
Pourtant, jusqu’à la moitié de ces territoires sont aujourd’hui dégradés.
Quand les sols se détériorent, ils perdent leur capacité à retenir l’eau, à stocker le CO₂ et à produire des ressources pour les populations humaines et animales. Les conséquences sont globales : aggravation de la crise climatique, fragilisation des écosystèmes, tensions sur les systèmes alimentaires.
Le pastoralisme : une solution d’avenir
Dans de nombreuses régions arides ou semi-arides, l’agriculture est difficile, voire impossible. Depuis des siècles, les communautés pastorales ont développé un système d’élevage mobile parfaitement adapté à ces environnements.
Grâce aux déplacements saisonniers, à une gestion fine des troupeaux et à une connaissance approfondie des écosystèmes, elles permettent :
- la régénération des pâturages,
- le maintien de la fertilité des sols,
- l’équilibre des cycles naturels.
Loin d’être une pratique “archaïque”, le pastoralisme est un mode de gestion durable des terres, capable de fonctionner même dans des conditions climatiques extrêmes.
Dans de nombreux pays, une part importante du lait et de la viande consommés en ville provient de ces systèmes pastoraux. Soutenir le pastoralisme, c’est donc aussi renforcer la sécurité alimentaire bien au-delà des zones rurales.
Des communautés sous pression
Malgré leur rôle central pour la résilience climatique et alimentaire, les communautés pastorales font face à de multiples menaces :
- restrictions de leurs droits fonciers et de mobilité,
- accaparement ou changement d’usage des terres,
- marginalisation dans les espaces de décision politique,
- impacts croissants de la crise climatique.
Si rien n’est fait, la dégradation des terres, les conflits liés aux ressources naturelles et la pauvreté risquent de s’intensifier.
IYRP 2026 : une opportunité politique à saisir
L’Année internationale des parcours et du pastoralisme 2026 ouvre une fenêtre d’opportunité pour faire évoluer les politiques publiques.
Au sein du réseau Vétérinaires Sans Frontières International, AVSF s’engage dans une campagne mondiale pour :
- protéger durablement et restaurer les pâturages dégradés,
- garantir les droits des communautés sur leurs terres, l’eau et leur mobilité,
- investir dans des services communautaires de santé animale et dans l’approche One Health,
- renforcer la place des éleveurs et éleveuses dans les décisions nationales et internationales.
Cette mobilisation se concrétise par la publication d’un Manifeste international adressé aux gouvernements, institutions et citoyens-nes.
Agir pour des parcours en bonne santé et des communautés résilientes
Protéger les pâturages, c’est :
- agir pour le climat,
- préserver la biodiversité,
- soutenir des systèmes alimentaires durables,
- défendre les droits de millions de femmes et d’hommes.
La transition écologique mondiale ne pourra pas se faire sans les communautés pastorales.
Soutenez notre engagement. Signez le Manifeste pour défendre des terres vivantes et des communautés résilientes.