Au Sénégal, les circuits courts permettent d’approvisionner des cantines scolaires en produits locaux et de qualité. Une approche qui améliore la nutrition des enfants tout en soutenant l’économie agricole locale.
Dans plusieurs régions rurales du Sénégal, l’accès à une alimentation diversifiée et nutritive reste un défi, en particulier pour les enfants. Cette situation a des conséquences directes sur leur santé et leur scolarité.
Pour y répondre, AVSF accompagne la mise en place de cantines scolaires s’appuyant sur les circuits courts pour fournir des repas équilibrés aux élèves.
Mieux nourrir les enfants pour mieux apprendre
Depuis 2020, dans les départements de Kolda, Vélingara, Linguère et Ranérou, le projet Niamdé permet à des milliers d’enfants de bénéficier de repas nutritifs à l’école. Ces cantines contribuent à lutter contre la malnutrition infantile et à améliorer les conditions d’apprentissage.
Elles permettent aussi de limiter les abandons, de réduire l’absentéisme et d’améliorer les performances scolaires : en évitant aux enfants de rentrer chez eux à pied à midi, elles favorisent leur présence en classe toute la journée.
« Avant, les enfants n’allaient pas à l’école régulièrement. Et quand ils rentraient le midi, certains n’avaient pas de quoi manger à la maison et ne revenaient pas l’après-midi. Depuis la cantine, l’assiduité s’est considérablement améliorée car ils savent qu’à l’école, ils vont bien manger.” Haby Baldé, mère conseillère dans l’école de Koumera.
Des produits locaux au cœur des repas
Pour garantir la qualité des repas, les cantines s’approvisionnent en priorité via des circuits courts. Céréales, légumineuses, légumes ou produits laitiers proviennent de productions locales, issues de fermes voisines.
« Avant, nous avions du mal à vendre notre lait régulièrement. Aujourd’hui, grâce aux cantines, nous avons un débouché stable, durable, à bon prix et nous savons que nos produits nourrissent les enfants de nos propres villages. », Halimatou Baldé, éleveuse membre de la coopérative laitière de Pakour.
Grâce à ces liens directs entre producteurs et écoles, les circuits courts garantissent la qualité des repas et une meilleure valorisation des productions locales. Le projet contribue ainsi à la relance économique de vingt entreprises et coopératives agroalimentaires dans les territoires, leur permettant une hausse de leur chiffre d’affaires.
Des activités de maraîchage sont également développées au sein des écoles, renforçant l’accès à des aliments frais tout en sensibilisant les élèves à l’alimentation et à l’agriculture.
Pour se développer durablement, ces dynamiques doivent toutefois s’appuyer sur des politiques publiques adaptées. AVSF accompagne les organisations paysannes dans le dialogue avec les institutions et contribue, via le groupe de travail français à l’élaboration de politiques nationales sur l’alimentation scolaire fondées sur la production locale.
En rapprochant production agricole et alimentation scolaire, le projet Niamdé montre qu’il est possible d’agir simultanément sur la nutrition des enfants, la réussite scolaire et le développement économique local.