Cap 2 Cap : Les « chercheuses d’or » d’O Grove

AVSF vous propose de découvrir cet article rédigé par Véronique et Vincent. Ce couple de retraités s’est lancé dans un incroyable défi solidaire : parcourir 9 000 km à vélo pour nous soutenir et promouvoir l’agroécologie ! Du Cap Saint Vincent au Portugal jusqu’au Cap Nord en Norvège, ils nous racontent leurs aventures et leurs rencontres.

En Galice, autour de Vigo et O Grove, dans de vastes estuaires, on a été surpris de voir de très nombreuses barges. C’est en fait un site massif de conchiliculture et d’aquaculture.

De grosses sociétés se sont développées ici et dominent le marché mondial. Entre autre, l’aquaculture du turbot est née ici.

Cette méthode répond actuellement à plus de 50% de la consommation mondiale de poissons et crustacés, mais pose de graves problèmes environnementaux. Rejets de déchets, de polluants divers, de résidus de produits pharmaceutiques, fuite de poissons dans le milieu naturel, confusion d’espèces génétiques, bilan carbone.

L’alimentation des poissons est une autre problématique qui peut être malgré tout une source de coopération entre aquaculteurs et agriculteurs, pour une symbiose des chaînes de production.

On est en train de fortement évoluer depuis les fermes de saumons qui choisissaient la nourriture pour la couleur qu’elle donne à la chair du poisson. La durabilité fait partie de la réflexion industrio-économique de ces grosses entreprises mondiales. Bon signe !

Le problème a été pris à bras le corps dans la région pour pratiquer durablement et éduquer le marché. La création de mini-centrale de production a permis de redistribuer un savoir-faire à la portée financière et technique de petits producteurs.

Si vous voulez consommer durablement du poisson il ne suffit pas de choisir des espaces pêchées en haute mer en respectant quotas et lieux de pêches, vous pouvez aussi choisir des poissons d’élevage labellisés durable. Vous limiterez ainsi la perte en espèces sauvages et l’appauvrissement des milieux naturels.

Nous sommes venus sur la presqu’île d’O Grove pour les mariscadoras, ces femmes pêcheuses de coquillages. Dans l’estuaire d’Arousa, les pieds dans l’eau, elles retournent le sable avec leur « horquilla » (« épingle à cheveux » en espagnol), une fourche munie de deux manches et de grandes dents… et avec leur bouée et leurs cuissardes car elles évoluent entre deux marées.

La pêche aux coquillages à pied est une pratique traditionnellement féminine, qui leur assure indépendance financière et sécurité sociale. Ces « chercheuses d’or » sont rémunérées en fonction de la vente et ne travaillent en moyenne que 15 jours par mois, suivant la saison et la demande.

De fait, les fins de mois sont aléatoires mais c’est le prix de la liberté.

La Galice effectue 80% de la production de coquillages du pays, la concurrence est donc bien présente avec la conchiliculture. Néanmoins, la pêche traditionnelle persiste grâce à la demande de coques, palourdes, couteaux (un délice !) qui se cachent dans le sable contrairement aux naissains de moules ou huitres.

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