Cap 2 Cap : Une nuit à la ferme de Meslo

AVSF vous propose de découvrir cet article rédigé par Véronique et Vincent. Ce couple de retraités s’est lancé dans un incroyable défi solidaire : parcourir 9 000 km à vélo pour nous soutenir et promouvoir l’agroécologie ! Du Cap Saint Vincent au Portugal jusqu’au Cap Nord en Norvège, ils nous racontent leurs aventures et leurs rencontres.

Ce soir, nous sommes à la table d’Ingrid qui accueille des pèlerins dans sa ferme. Elle en reçoit une partie dans le bâtiment principal et une autre dans des petits mazots avec le mobilier d’époque, comme celui qui sera notre nid à tous les deux. 

L’odeur de lait de la ferme et de feu de bois rappelle des souvenirs d’enfance. 

On partage le site avec neuf marcheuses du pèlerinage. Pas de pique-nique avec les produits norvégiens ce soir.

La Norvège que nous traversons actuellement est une terre d’élevage. On y trouve caprins, ovins, bovins ainsi que du fromage et du lait. 

Par contre, la grande difficulté que l’on retrouve ici est le climat, qui ne laisse que peu de temps pour récolter du fourrage. Les terres d’altitude sont rapidement impropres aux pâturages, sauf si celui-ci est extensif pour les ovins. L’ensilage en balle est incontournable car sinon le foin ne pourrait jamais sécher. 

Les terres se disputent entre prairies et forêts pour l’industrie du bois. Cependant, il y a très peu de céréales ici. Comment le pays nourrit-il sa population ? Je doute qu’il y ait plus de céréales dans le Nord qu’ici mais c’est peut-être le cas vers Oslo, dans les terres du Sud ?

En effet, la souveraineté alimentaire n’est atteinte qu’à 40% en Norvège. C’est pourquoi le pays est très attentif à la protection des producteurs et à la réduction du gaspillage. Il s’engage au niveau mondial en participant à des programmes de conservation et grâce à des accords de protections locales dans le pays. Comme en Suisse, l’importation est surveillée pour protéger les produits locaux et les prix sont contrôlés par des accords tripartites entre agriculteurs, transformateurs et le gouvernement.

La soirée avec Ingrid et les pèlerins de Saint Olav est l’occasion de mieux comprendre l’équilibre précaire de ces petites exploitations. 

Avec 25 vaches et 50 moutons, elle gère en plus un hébergement pour les pèlerins de Saint Olav (l’étape ultime est à Trondheim avec la cathédrale Nidarosdomen). Le complément de revenu est nécessaire, mais la charge de travail est importante. 

Ses congés sont limités à environ deux semaines par an durant lesquelles elle emploie un remplaçant pour s’occuper de ses bêtes. Ce n’est pas facile de trouver une personne de confiance qui reste plus d’un an avec elle. Elle est très attachée au bien-être animal avec une stabulation libre et du pâturage dès que possible. Mais avec ce climat, on donne la priorité à la récolte de foin avant la pâture. Elle fait d’ailleurs vêler ses brebis pour pouvoir négocier les agneaux, en respectant toujours la santé des femelles.

Sa ferme familiale est son bien historique. Elle accorde d’ailleurs beaucoup d’importance à la préservation du patrimoine. Nous avons en effet remarqué cette passion pour les biens familiaux tout au long de notre voyage en Norvège, car les vieux bâtiments sont très bien entretenus. 

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