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Pérou : vente directe pour réduire le gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire a souvent pour origine les mauvaises conditions de stockage, ou des prix de vente insuffisants qui font que les paysans abandonnent les récoltes dans les champs. Au Pérou, la vente directe a réduit ces aléas.

Pérou : vente directe pour réduire le gaspillage alimentaire Image principale

D’après une étude de la FAO de 2013, à l’échelle mondiale, la production et le stockage après-récolte, seraient à l’origine de 54% du gaspillage alimentaire. Et dans les pays en développement, ce gaspillage se produirait surtout dans la première partie de la chaîne alimentaire, lors de la production, de la transformation et du transport.

Par ailleurs certaines conditions économiques viennent aggraver ces pertes alimentaires. Par exemple, lorsque le prix du marché ou celui qu’imposent les intermédiaires est trop bas, et ne couvre parfois même pas le coût de la récolte, il pousse les producteurs à abandonner une partie des cultures dans les champs.

Une solution : la vente directe

Pour AVSF, favoriser la vente directe du paysan au consommateur est une solution doublement efficace : elle permet à la fois de regrouper la logistique et le transport des récoltes, et d’accéder à des marchés paysans pour vendre leur production à un prix juste et rémunérateur.

L’Association Régionale des Producteurs Agricoles et d’élevage de Cuzco dite « ARPAC » est née le 17 janvier 2004 à l’initiative de 300 familles paysannes. L’association a créé et organisé un marché de vente directe aux consommateurs, le marché de Huancaro, sur le principe de la chacra à la olla, c’est-à-dire du champ à l’assiette.

Des prix anti-gaspillage…

Devenus commerçants, les paysans contournent la fixation des prix par des intermédiaires, et vendent à un prix motivant pour récolter ce qu’ils cultivent. Le projet est un véritable succès, puisque l’ARPAC réunit plus de 5 000 paysans de toute la région de Cuzco, et ils sont 2 000, chaque samedi, à vendre directement leur production sur le marché, où affluent 25 000 consommateurs de la classe moyenne (instituteurs, artisans, employés) des différents quartiers de Cuzco. Avec comme conséquence, un revenu accru de 20 à 30% pour les paysans producteurs.

La vente directe permet de regrouper la logistique, et d’accéder à des marchés paysans pour vendre à un prix juste.

…Et un échange des invendus !

Autre originalité anti-gaspillage de ce marché : à partir de midi, quand la plupart des acheteurs sont repartis, les paysans s’échangent leurs productions. C’est l’heure d’un troc qui lui aussi participe à réduire les potentielles pertes alimentaires des fins de marché. Les paysans écoulent ainsi la quasi-totalité de leur marchandise et rentrent chez eux avec le revenu de leur production et des aliments produits par d’autres !

Le rôle moteur d’AVSF

Depuis 2007, AVSF aide l’ARPAC à accroître ses capacités de gestion, à accéder aux marchés et à renforcer son influence politique. Des formations aux techniques de production et de gestion, ainsi qu’aux techniques organisationnelles ont été dispensées à une quarantaine de « leaders » avec deux thématiques phares : le rôle des organisations paysannes dans la défense des intérêts de l’agriculture familiale, et la production agroécologique locale pour l’alimentation des villes.