Pour que les femmes et les hommes
vivent de la terre durablement

La jeunesse : moteur du changement au Honduras

Depuis 1990, AVSF mène au Honduras des actions en santé animale, gestion des ressources naturelles, développement économique local, sécurité alimentaire et nutritionnelle et production paysanne agroécologique.

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Dans les provinces d’Intibucá et La Paz, au Honduras, les populations indiennes Lencas vivent en grande partie en situation de pauvreté, en raison notamment des discriminations à l’égard des populations autochtones et d’une agriculture fortement dépendante d’intrants chimiques et en perte de souffle. Parce que très peu représentés dans les espaces de décisions, les jeunes et les femmes subissent peu à peu une exclusion économique et sociale.

Dans ce contexte difficile, AVSF et ses partenaires ont mis en place entre 2017 et 2020 un projet pour d’une part, mieux intégrer les jeunes et les femmes dans le système productif agricole et d’autre part, permettre la mise en place d’une alternative saine et innovante aux systèmes de production traditionnels.

Les jeunes ruraux au pied du mur

Face aux difficultés économiques, la migration est une réponse pour de multiples familles dans cette région du Honduras, en particulier des jeunes. Ses conséquences se répercutent à différents niveaux : elle augmente la charge de travail des membres de la famille qui restent sur les terres (en particulier des femmes), déstabilise le tissu social et limite le changement générationnel, source d’innovation productive dont les jeunes sont souvent le moteur du changement.

Des écoles d’agroécologie 

La réussite du projet est le fruit de la complémentarité entre différentes activités, qui reposent toutes sur la mise en place d’écoles d’agroécologie.

Avec les organisations paysannes et indigènes locales, le projet a permis de définir le contenu des modules et les profils des participants. Il a ensuite promu l’école à travers des groupes liés aux organisations partenaires puis mis en œuvre les programmes de formation.

Les écoles ont ainsi mobilisé 180 jeunes (40% de femmes), issus de six municipalités d’Intibucá et sept de La Paz. En complément du cursus, les participants ont mis en place des parcelles sous gestion agroécologique, avec l’accord signé de leurs parents, sur la base de “plans de diversification” conçus par les jeunes eux-mêmes.

Enclencher la transition

Au total, 709 familles ont ainsi pu bénéficier de ces écoles, toutes situées dans ces 12 municipalités d’Intibucá et de La Paz.

Ces familles utilisent aujourd’hui au moins 2 pratiques agroécologiques et elles ont toutes diversifié leur production.

Elles ont ainsi diminué leurs coûts de production, amélioré leur sécurité alimentaire et obtenu un meilleur revenu de la vente de certains produits agricoles sur des marchés locaux.*

Un soutien a été apporté à 120 jeunes avec des équipements et des intrants de base pour la production de bio-préparations et pour promouvoir la transition agro-écologique sur leurs terres ou les fermes familiales.

Au cours de la dernière année du projet, des échanges locaux entre jeunes ont été encouragés afin de promouvoir la diffusion des expériences, et des visites ont été effectuées en Équateur et en Colombie. Enfin, les concours entre parcelles et l’attribution de prix lors des marchés, ont permis une dynamique d’émulation et de débat avec les autres acteurs présents sur le territoire, notamment avec les autorités locales.

Source : rapport d’évaluation finale du projet, Carlos Cubillos, 2020.