Au Guatemala, les circuits courts permettent aux familles paysannes de mieux valoriser leurs productions. Une stratégie qui renforce leur autonomie économique, tout en sécurisant leurs revenus.
Dans les zones rurales du Guatemala, de nombreuses familles paysannes vivent de petites exploitations agricoles, mais leurs revenus restent faibles et instables. Cette fragilité s’explique notamment par leur dépendance à des intermédiaires, mais aussi par la concurrence de produits agricoles issus de systèmes intensifs, au Guatemala comme à l’étranger, qui tirent les prix vers le bas.
Face à cette réalité, des organisations paysannes mayas Q’eqchi’ et K’iche’ développent des circuits courts pour reprendre la main sur la commercialisation de leurs produits. Elles vendent directement sur des marchés locaux, lors de foires paysannes ou via des points de vente collectifs et directs, proposant des produits variés comme le maïs, les haricots, les tomates et des fruits.
“Le projet MIA accompagne ces dynamiques qui redonnent aux paysans et paysannes un rôle central dans la chaîne de valeur et renforcent leur capacité à vivre dignement de leur travail”, explique Pierre Du Buit, chargé de programme chez AVSF.
Reprendre la main sur les prix et les débouchés
En commercialisant directement tubercules, légumes ou poulets sur le marché paysan hebdomadaire de Totonicapan, les producteurs et productrices indigènes peuvent fixer eux-mêmes leurs prix de vente. En réduisant les intermédiaires, ils et elles améliorent ainsi leurs marges, tout en accédant à des débouchés plus stables.
Pour cela, ils et elles s’organisent collectivement : mutualisation du transport, gestion d’espaces de vente, planification des productions.
Certaines organisations développent également des activités de transformation pour le marché local. Comme à Cobán et autour du lac Atitlán, où des organisations de producteurs Q’eqchi’, telles que APODIP ou ASOKAPE, vendent en boutique du café et du cacao transformés. ASOKAPE a par ailleurs développé sa propre cafétéria, prolongeant ainsi cette logique de valorisation en créant un espace direct de vente et de consommation. En transformant elles-mêmes leurs produits, elles peuvent proposer des produits de qualité sur le marché national et en tirer davantage de valeur.
Des revenus plus stables pour les familles rurales
Ces nouveaux modes de commercialisation offrent une meilleure visibilité sur les ventes qui deviennent plus régulières et plus prévisibles grâce aux liens directs avec des consommateurs ou des marchés locaux.
Aujourd’hui, 250 familles paysannes ont vu leurs revenus augmenter grâce à ces initiatives de vente directe. Plus de 100 tonnes de produits maraîchers sont désormais produits et commercialisés localement. Une évolution positive qui impacte directement la qualité de vie des familles et leur permet par ailleurs d’investir dans le développement de leur activité et de diversifier leur alimentation.
Au Guatemala, ces initiatives montrent qu’un autre modèle agricole est possible : un modèle qui valorise les savoir-faire locaux et soutient les économies rurales.