Garantir l’accès à l’eau des populations paysannes

Auteur(s) : sous la direction de Allaverdian Céline

Année : 2012

Défendre l’eau des paysans

Garantir l’accès à l’eau des paysanneries du Sud

L’eau est un bien commun unique, en quantité finie et  exigeant une entière coopération entre les  Hommes. Les paysanneries du Sud dépendent fortement de l’accès à l’eau pour leur subsistance et, en particulier, pour la production de denrées alimentaires : eau pour irriguer dans le cas des agriculteurs, eau pour abreuver le bétail dans celui des éleveurs, et eau comme écosystème aquatique pour les riverains et singulièrement pour les pêcheurs. Or la concurrence pour l’eau et entre les différents usages de l’eau ne cesse de s’aiguiser du fait de la croissance démographique, l’industrialisation, l’urbanisation, et de modes de consommation alimentaire de plus en plus gourmands en eau. Les exemples de conflits, parfois violents, entre agriculteurs, entreprises et villes en pleine croissance se multiplient dans tous les pays du monde. Et cela sans compter la concurrence aujourd’hui accrue pour l’accès à l’eau d’irrigation entre les paysans et une agro-industrie en plein développement.

Premières victimes de cette concurrence  de l’eau: les paysanneries du Sud. Souvent politiquement faibles face à d’autres usagers, plus organisés et puissants, elles subissent ainsi une double injustice sociale avec un accès à l’eau et à la terre de plus en plus restreint et une spoliation de plus en plus fréquente de leurs droits historiques d’accès à la ressource. La réalité des faits atteste ainsi des difficultés croissantes des paysanneries du Sud en matière d’accès à l’eau comme moyen de production, qu’ils soient agriculteurs, éleveurs ou pêcheurs.

Face au chiffre alarmant de 950 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde, dont les trois quarts sont des ruraux, il est donc urgent de défendre et garantir ce droit essentiel d’accès à l’eau pour les paysanneries du Sud. Celles-ci détiennent un potentiel immense pour répondre aux grands défis de la sécurité alimentaire, de l’aménagement du territoire, de la protection des écosystèmes et de la biodiversité, ainsi que du maintien d’emplois en zones rurales. Garantir l’accès à l’eau aux paysanneries du Sud constitue donc une solution clé aux grands enjeux auxquels l’humanité se trouve aujourd’hui confrontée , pour un effort financier somme toute modeste de la part des Etats et de l’aide internationale.

Rédigée par AVSF, GRET, CCFD et AGTER, cette note produite dans le cadre de la Commission Agriculture et Alimentation de Coordination Sud, présente le point de vue des ONG françaises en vue de défendre et garantir ce droit essentiel d’accès à l’eau pour les paysanneries du Sud. A l’approche du Forum Mondial de l’Eau (Marseille, 2012), il s’agit bien là d’un combat fondamental.

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