Mongolie : comment lutter contre le surpâturage ?

Depuis la démocratisation du cachemire dans les années 2000, la demande n’a fait que croître. Conjuguée à une absence de régulation des marchés, elle a provoqué une augmentation considérable de la taille des troupeaux qui ont plus que doublé sur les dix dernières années. Cette croissance des cheptels pose un problème majeur : les animaux ont besoin de plus de végétation pour se nourrir que les prairies ne peuvent en fournir. Le sol, mis à nu, est sujet à l’érosion. Les éleveurs sont donc confrontés à un phénomène de surpâturage et de détérioration des milieux naturels, avec une perte massive de la richesse floristique des prairies pouvant aller jusqu’à la désertification. 

Le sol ainsi dégradé perd une partie de sa biodiversité et de ses fonctions, comme nourrir les plantes, les animaux ou filtrer les eaux. Il devient donc nécessaire et urgent de réduire la taille des troupeaux. 

Comment freiner la course à la quantité ?

Pour réduire la quantité d’animaux sans affecter les revenus des familles d’éleveurs, il faut miser sur la qualité. AVSF engage ainsi les communautés d’éleveurs dans un cercle vertueux en les encourageant à adopter des pratiques plus durables qui seront valorisées sur les marchés nationaux et internationaux par un prix plus intéressant. Dans la province de Bayankhogor, une filière de cachemire durable a été initiée. Les éleveurs s’engagent à respecter des principes et critères exigeants qui prennent en compte le respect des pâturages et du bien-être animal et garantissent un impact environnemental, social et économique positif sur le long terme. La création d’une certification “cachemire durable”, la première en son genre, permet de récompenser les efforts fournis sur des pratiques plus durables par une prime environnementale. Ce gain de rémunération permet alors aux éleveurs d’envisager une réduction de la taille de leur troupeau. 

L’union fait la force

Les pâturages mongols appartiennent à l’État et sont mis à disposition des éleveurs qui gèrent individuellement le nombre d’animaux élevés et les zones de parcours de chaque saison. Pour pallier ce manque d’organisation collective, des « groupements d’usagers des pâturages » ont été créés afin que les éleveurs réfléchissent ensemble à une manière responsable de gérer ces ressources pastorales fragiles. Ces groupements permettent aux éleveurs de fixer ensemble des règles équitables de partage des pâturages et des parcours. 

Afin de pouvoir suivre précisément l’impact des solutions mises en œuvre et la santé des pâturages, un nouvel outil de télédétection est en développement. Cet outil permettra également de déterminer la qualité des sols et le niveau de séquestration du carbone. 

Les efforts paient ! Les éleveurs bénéficient d’une augmentation moyenne de 15 % de leurs bénéfices et les territoires pastoraux sont maintenant gérés et protégés de manière responsable. Des résultats prometteurs qui encouragent éleveurs, partenaires commerciaux et pouvoirs publics à s’inspirer de cette expérience. Le défi de ces prochaines années sera d’élargir le projet à de nouveaux territoires.

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