Intégrer la question du genre dans les projets n’est pas un simple principe théorique : c’est une condition essentielle pour renforcer l’autonomie des familles paysannes et favoriser un développement durable. En Mongolie, où AVSF accompagne des éleveurs et éleveuses nomades, cette approche prend tout son sens. Notre collègue Mungo, responsable du projet PLEDGE, explique pourquoi et comment l’égalité femmeshommes est au cœur de l’action d’AVSF.
Pourquoi la prise en compte du genre est-elle essentielle dans les projets d’AVSF, et comment se traduit-elle concrètement sur le terrain ?
Dans les familles d’éleveurs nomades mongols, comme dans de nombreux pays du Sud, les rôles restent très marqués : les hommes gèrent les troupeaux, les revenus et les décisions, tandis que les femmes, qui assurent pourtant une part essentielle de la production et de la transformation
des produits de l’élevage (lait, viande, laines et fibres, etc.), sont peu associées aux choix familiaux.
Pour AVSF, prendre en compte le genre consiste d’abord à partir de cette réalité. L’enjeu est à la fois économique, social et culturel. Intégrer cette dimension est indispensable à tout processus de développement, car les rôles des femmes et des hommes sont complémentaires : ensemble, ils peuvent devenir des moteurs de changement.
Concrètement, cette approche est intégrée dès la conception et la rédaction des projets : femmes et hommes sont identifiés comme bénéficiaires, leurs besoins respectifs sont analysés, puis les activités sont conçues pour y répondre de manière adaptée, équitable et durable.
Quels sont, selon toi, les principaux obstacles auxquels font face les femmes rurales dans les territoires où intervient AVSF ?
Les femmes rurales font face à de multiples difficultés : des revenus très faibles, une forte dépendance économique, des compétences techniques insuffisamment reconnues, mais aussi des conditions de vie précaires et un fort isolement, loin des marchés. À cela s’ajoute la dévalorisation des produits d’élevage qu’elles transforment, malgré leur importance pour la sécurité alimentaire et les revenus familiaux.
Peux-tu nous donner un exemple concret de projet mené par AVSF où l’intégration du genre a permis un changement significatif ?
Dans la province d’Arkhangai en Mongolie, AVSF soutient les éleveuses dans la fabrication de produits laitiers traditionnels et le développement du tourisme solidaire.
Les femmes se sont structurées en groupes, favorisant les échanges d’expériences et le partage de bonnes pratiques.
Le projet a également facilité leurs tâches grâce à des équipements adaptés (récipients et matériel de cuisson, réfrigérateur, etc.), renforcé leurs compétences techniques et soutenu la valorisation de leurs produits ainsi que leur accès aux marchés. Un appui aux services vétérinaires a complété ces actions, améliorant la santé et la productivité des animaux.
Résultat : les familles disposent de revenus supplémentaires et les femmes occupent désormais un rôle économique plus visible et reconnu dans leurs foyers. Cette intégration renforce aussi leur leadership : elles gagnent en responsabilités, en autonomie financière, et leur place au
sein des communautés se consolide.
Une chose est certaine : en plaçant l’égalité de genre au cœur de ses projets, AVSF pose les bases d’un développement plus juste et plus durable, pour les femmes, les hommes et les territoires qu’ils font vivre.