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Promouvoir l'agroécologie scientifique n'a rien d'immoral

2019-07-30

Le GTAE, Groupe de travail sur les transitions agroécologiques, composé de quatre ONG de solidarité internationale (AGRISUD, AVSF, CARI et GRET), propose dans cette tribune un droit de réponse à Bill Wirtz, analyste des politiques publiques pour le Consumer Choice Center, qui a publié le 7 juin dernier dans La Tribune Afrique un point de vue sous le titre : «Exporter l'agroécologie en Afrique est immoral».

Contrairement à ce qu'affirme Monsieur Bill Wirtz, promouvoir des pratiques agricoles relevant de l'agroécologie scientifique pour sortir l'Afrique de la pauvreté et de l'insécurité alimentaire n'a rien d'«immoral» et de «criminel». A cet égard, le seul recours à de tels adjectifs et affirmations dont M. Wirtz n'est pas en mesure de fournir la limite de validité, jette le doute sur d'éventuelles intentions ou motivations cachées. Quelle signification donner par ailleurs à l'oblitération totale des nombreux travaux scientifiques d'analyse et évaluation sur la situation et les impasses de l'agriculture conventionnelle en Afrique et dans le monde, inapte à répondre aux défis présents et à venir et sommée désormais de changer de paradigme pour une nouvelle alliance avec la nature, une gestion durable des terres et des agrosystèmes ?

En matière de désinformation, l'amalgame est classique de laisser entendre que agriculture biologique et agroécologie seraient exactement la même chose, en passant sous silence ces millions d'agriculteurs dans le monde en Afrique qui ont déjà opté pour ces pratiques et refusent les impasses et dépendances liées aux technologiques basées sur l'appauvrissement de la génétique locale et la surutilisation des ressources fossiles.

Ces pratiques reposent en effet sur la gestion en circuit court des cycles du carbone, de l'azote et des éléments minéraux : couverture maximale des sols par la biomasse végétale pour leur protection et les besoins de la photosynthèse, utilisation des résidus de culture pour l'affouragement des animaux, recours aux déjections animales pour la fabrication de fumier et de composts destinés à la fertilisation des sols, remontée biologique des éléments minéraux issus de la désagrégation des roches mères ou de leur migration par lessivage vers les couches arables par le biais de l'agroforesterie et des champignons mycorhiziens, recours aux légumineuses pour la fabrication des protéines végétales et la fertilisation biologique des sols, etc.

Elles visent aussi à réguler les cycles de reproduction des pollinisateurs et autres insectes auxiliaires des cultures de façon à maintenir une grande biodiversité domestique et spontanée, tout en minorant les dégâts occasionnés par les éventuels insectes ravageurs et agents pathogènes. Elles ne doivent surtout pas être considérées comme extensives dans la mesure où elles font souvent un usage intensif des ressources naturelles renouvelables (l'énergie lumineuse, le carbone et l'azote de l'air, les eaux pluviales, etc.) et n'excluent donc pas l'obtention de rendements durablement élevés à l'hectare. Mais elles font par contre un usage très limité des ressources non renouvelables (énergie fossile, eaux souterraines, minerais de phosphate, etc.) et des intrants manufacturés les plus coûteux (engrais de synthèse, produits pesticides, antibiotiques, etc.).

S'il est vrai qu'aujourd'hui, le passage à l'agriculture biologique ou à l'agroécologie peut se traduire dans certains cas par une baisse des rendements bruts à l'hectare dans les pays où l'agriculture industrielle a déjà considérablement dégradé la fertilité de nos agroécosystèmes (baisse du taux d'humus, érosion des sols, surmortalité des abeilles, etc.), il n'en est pas du tout ainsi dans la plupart des régions africaines où l'emploi des engrais de synthèse et produits pesticides n'a pas encore occasionné de tels dégâts. Quiconque a observé les accroissements des rendements du sorgho et du mil sous les parcs arborés de Faidherbia albida en est parfaitement conscient. Et tous ceux qui ont côtoyé les paysans africains lourdement appauvris à l'issue de l'emploi de coûteux intrants chimiques dans des conditions climatiques aléatoires peuvent témoigner du fait que c'est bien l'exportation des méfaits de notre agriculture industrielle en Afrique qui parait immorale.

S'inspirer de l'agroécologie scientifique n'exclut bien évidemment pas tout recours à la mécanisation des tâches agricoles, surtout quand elle contribue à alléger la pénibilité du travail. Mais le recours à des engins motorisés ne doit surtout pas avoir pour principal effet de remplacer les paysans par des machines et de renvoyer ces derniers au chômage dans les bidonvilles. Ce serait franchement criminel !

En insistant sur le besoin d'avoir toujours recours aux OGM et aux pesticides, l'erreur de Bill Wirtz est d'oublier que le travail des paysans consiste en l'aménagement et la mise en valeur d'agroécosystèmes d'une très grande complexité. Mettre exclusivement l'accent sur le recours à la génétique et sur l'emploi de coûteux produits en «cide» contribue malheureusement presque toujours à simplifier (et donc à fragiliser) exagérément ces agroécosystèmes. C'est imposer ce modèle dans les pays en voie de développement qui est immoral et criminel ! 

S’adresser aux estomacs du Nord pour mieux parler du Sud !

2013-04-18

AVSF lance sa 1ère campagne de notoriété :
« Plus près, plus sain, plus juste, c’est meilleur pour tout le monde ! »

Une campagne décalée et positive sur les bienfaits de l’agroécologie
Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) est une association de solidarité internationale reconnue d’utilité publique, qui agit depuis 1977 pour soutenir l’agriculture paysanne au Sud. AVSF met au service des communautés paysannes menacées par l’exclusion ou la pauvreté, les compétences de professionnels de l’agriculture, de l’élevage et de la santé animale.
AVSF défend l’agroécologie *: en effet, celle-ci constitue une solution indispensable pour répondre aux défis alimentaire, environnemental, climatique, sanitaire, ainsi que d’emploi en milieu rural.
Convaincue qu’une consommation plus locale, plus saine et plus juste est indispensable au Nord comme au Sud, l’association AVSF lance sa 1ère campagne de communication.
* Agroécologie : L’agroécologie est une agriculture qui utilise et respecte les cycles naturels : fertilité naturelle des sols, cycle de l’eau. Elle protège la vie des sols et la biodiversité : elle associe différentes espèces cultivées dans un même champ, et utilise des engrais naturels pour fertiliser la terre. Par des circuits d’échanges courts, elle rapproche les consommateurs des paysans.

Une campagne attrayante, positive et décalée :
Des visuels qui attirent l’oeil, et qui prônent des pratiques de consommation éthique. Le détournement de publicités alimentaires et d’étiquettes crée un léger décalage, pour susciter la sympathie et l’adhésion.

L’objectif de la campagne :
Elle vise à rappeler qu’au Sud comme au Nord, une production plus saine, plus locale et plus juste, tant pour le consommateur que pour les producteurs, est une absolue nécessité.
Cette campagne souhaite attirer l’attention d’un public sensible à la consommation bio, équitable et/ou locale, sensible à la notion d’agroécologie et au maintien d’une production paysanne. Par sa légitimité de 35 ans d’actions agroécologiques sur le terrain, AVSF souhaite ainsi rassembler ce public autour de valeurs communes.

Un site internet est spécialement dédié à la campagne.

Frédéric Apollin, Directeur d’AVSF, témoigne :
"Notre positionnement est directement lié à notre vision globale de l’agroécologie. Le combat est le même au Nord comme au Sud ! Nous avons toute légitimité à défendre des positionnements communs, sur la défense et la promotion des agricultures paysannes qu’elles soient au Nord ou au Sud. L’agroécologie que nous défendons au Pérou, au Togo ou au Cambodge, est aussi celle que nous devons tous ensemble défendre en France : une agriculture de proximité, créatrice d’emplois sur les territoires, protectrice de l’environnement et des paysages, inscrite dans une économie sociale et solidaire, incontournable pour l’alimentation des villes et des campagnes en produits frais, sains et diversifiés. A l’heure du scandale de la « viande de boeuf » impossible à tracer, est-il besoin de rappeler à quel point ces enjeux sont primordiaux ?"

Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, les chiffres-clé :

AVSF soutient 140 000 familles, soit près de 700 000 personnes. 75 projets de développement dans 20 pays (Afrique, Asie, Amérique Centrale et du Sud, Caraïbes). Une équipe de plus de 300 salariés, dont 85 % issus des pays où sont menés les projets de développement. Plus de 300 bénévoles et adhérents engagés avec AVSF dans toute la France.

Contact presse :
Agence RendezVous RP
Stéphanie Gentilhomme
01 45 41 19 37 / 06 84 61 62 68
Dossier de presse disponible sur demande