La solidarité, cela commence peut-être par apprendre des uns et des autres. Comme au Guatemala, où des producteurs et productrices péruviens sont venus rencontrer leurs pairs pour partager leurs expériences des marchés paysans, leurs réussites, mais aussi leurs défis.
Les marchés paysans : piliers de l’économie locale
Au Guatemala comme au Pérou, de nombreuses familles paysannes et leurs organisations mettent en place des marchés qui leur permettent de vendre directement leurs produits, de se rapprocher des consommateurs et consommatrices en créant des circuits-courts au sein de leurs territoires.
« Le marché paysan nous a permis de faire connaître nos légumes agroécologiques et de disposer d’une source de revenus pour notre famille, tout en proposant des produits de meilleure qualité aux consommateurs », témoigne Juana Rosales Tzoc, membre de l’association de producteurs « Les Semeurs », accompagnée par AVSF. « Toutefois, le défi aujourd’hui consiste à faire en sorte que les acheteurs paient des prix justes, car ils cherchent généralement à acheter le moins cher possible, et à accéder également aux magasins et aux restaurants ».
C’est justement pour échanger entre pairs autour de défis communs qu’a été organisé le Forum « Marchés paysans, contributions au développement économique local au Guatemala », du 26 au 28 août, à Totonicapán. Des organisations paysannes et autochtones y ont accueilli une délégation de producteurs péruviens. Pendant trois jours, tables rondes, témoignages, dégustations, échanges entre pairs et visite d’un marché paysan ont permis de faire circuler les expériences d’un territoire à l’autre.
Des enjeux politiques et sociaux
Autre défi de taille pour les organisations paysannes : faire reconnaître et soutenir ces marchés par les collectivités locales. C’est notamment ce qui a attiré l’attention de Yanina Viviana Loayza Romero, vice présidente de l’Association des producteurs écologiques de la Vallée del Chillón (APEVCH), au Pérou. Venue partager son expérience, elle souhaitait aussi découvrir les initiatives développées par les organisations guatémaltèques.
« Ce qui m’a le plus interpellée lors du Forum, c’est le travail articulé avec les gouvernements locaux et la manière dont ils s’organisent en tant qu’association de producteurs pour agir sur la commercialisation. »
Pour Yanina, les échanges ont aussi été l’occasion de présenter son propre parcours. Productrice engagée dans la transition de l’agriculture conventionnelle vers l’agroécologie, elle a diversifié sa production et développé la commercialisation directe auprès des consommateurs et consommatrices.
« J’ai aimé partager mon expérience, le travail que je réalise dans l’agriculture et ma persévérance malgré les difficultés que l’on peut rencontrer en chemin, et rendre visible la place des femmes paysannes. »
S’adapter à chaque territoire
Au fil des rencontres, les producteurs péruviens ont pu découvrir différentes actions mises en place au Guatemala : transformation des aliments, certification participative, organisation collective ou encore mobilisation des pouvoirs publics en faveur des marchés paysans. L’objectif n’était pas de reproduire à l’identique une expérience développée dans un autre pays. Chaque territoire a son histoire, ses ressources et ses contraintes. L’enjeu était plutôt de repartir avec des idées, des pistes et des solutions que chacun pourra adapter à sa propre réalité.
En favorisant ces rencontres entre pairs, AVSF ne transmet donc pas de solution toute faite. Elle crée des espaces où les savoirs et les expériences peuvent circuler, où chacun peut apprendre de l’autre et où de nouvelles idées peuvent naître. Une solidarité qui se construit dans les deux sens, en s’appuyant sur les savoirs et les initiatives de celles et ceux qui la font vivre.