Equateur – Pérou : les inondations, une fatalité ?

En fin d’année, tous les 2 à 5 ans, des pluies diluviennes s’abattent sur les côtes de Piura au Pérou et Portoviejo en Équateur. Elles causent de puissantes crues qui, aggravées par des erreurs d’aménagement du territoire, provoquent des dégâts considérables et des pertes de cultures fragilisant des communautés paysannes déjà très vulnérables. Après l’épisode violent de 2017, AVSF et les ONG PROGRESO et CESA ont appuyé la prévention des inondations dans les bassins versants de Piura (Pérou) et Portoviejo (Equateur). Avec 2 axes forts : renforcer la coordination inter-institutions entre société civile, organisations paysannes et l’Etat pour une gestion concertée des risques, et la résilience des paysans aux inondations avec des systèmes de production agroécologiques et diversifiés.

Impliquer tous les acteurs de l’eau

Si les 350 000 victimes des dégâts du phénomène climatique El Niño en 2017 se voient souvent comme « punies par la nature» , c’est plutôt dans une urbanisation et un changement de l’usage des sols qu’il faut chercher la cause de ces « super-inondations » puisqu’ils modifient ruissellement, zones humides et lits de rivières.

Pour accompagner les communautés, AVSF a misé sur des modules de formations et des échanges binationaux réunissant des responsables de gouvernements locaux, 30 organisations paysannes et des représentants de la société civile. Les objectifs : renforcer les connaissances sur la gestion hydrologique des bassins et contribuer collectivement à l’aménagement durable du territoire. Des visites sur site (barrages, ponts) et des jeux de rôles ont permis de co-construire des diagnostics de risques et de gestion des inondations, et de souligner l’importance d’investir dans la prévention en amont des crises.

…et renforcer la résilience des familles paysannes

55 ateliers ont permis de former 207 familles à des pratiques agroécologiques et aussi moins onéreuses pour limiter l’endettement en cas d’inondations prolongées : culture en bacs, engrais et insecticides naturels, variétés adaptées, diversification des cultures… Des moyens préventifs anti-épizooties ont aussi été diffusés et un appel à la mémoire collective a permis de partager l’ensemble des signaux naturels avantcoureurs des inondations. L’agroécologie renforce la résilience apportant au passage d’autres bénéfices : au Pérou, la production de coton et de maïs a augmenté de 30 à 40%. En Equateur, 100 ha de riz biologique ont vu le jour ainsi qu’un groupement de production et de vente d’engrais biologiques.

Réapprendre à vivre avec l’eau

Les inondations ne sont pas nécessairement une fatalité ; c’est précisément le message qu’AVSF souhaite faire passer sur les deux bassins versants. Il est possible de réduire le risque en aménageant durablement les territoires et en investissant en amont des crises dans la résilience. Mais pour cela, il faut que les populations réapprennent à vivre avec l’eau. De fait, les acteurs locaux construisent actuellement des plans de prévention du risque d’inondations et 13 institutions ont déjà adopté des mesures réduisant les risques d’inondation des bassins.

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