La riziculture, pilier de la sécurité alimentaire

Rizière à Madagascar

À Madagascar, environ 2 millions de personnes souffrent de la faim. Entre cyclones et records de sécheresse, les aléas climatiques liés au réchauffement planétaire impactent les productions agricoles et ne font qu’aggraver l’insécurité alimentaire qui pèse sur les familles malgaches.

Le riz, au cœur de l’alimentation des populations de l’île, est cultivé par la quasi-totalité des paysans et paysannes. La consommation moyenne évaluée à 124 kg par personne, classe le pays parmi les plus gros consommateurs de riz dans le monde. La production de riz est donc vitale : elle permet de répondre aux besoins alimentaires des familles et de dégager un revenu grâce à la vente des surplus sur les marchés locaux.

Dans 80 % des cas cependant, la production est menacée par des difficultés d’accès et de maîtrise de l’eau : problèmes d’irrigation, de drainage, attente des premières pluies pour commencer à planter, etc. Cette mauvaise gestion de l’eau impacte directement les rendements des paysans qui doivent déjà se contenter de très petites parcelles. Avec seulement un hectare de terrain en moyenne, dont moins de la moitié est dédiée à la culture du riz, une mauvaise récolte peut avoir des conséquences dramatiques sur la sécurité alimentaire des familles.

Améliorer les pratiques progressivement

Nourrir une famille requiert environ huit gobelets de riz par jour, ce qui représente plus au moins 900 kilogrammes de riz par an. Or actuellement, on estime que les pratiques agricoles traditionnelles ne permettent généralement pas aux paysans de dépasser les 650 kilogrammes de rendements annuels.

Travailler avec les producteurs et productrices sur de nouvelles techniques qui soient réalistes par rapport à leurs ressources et contraintes est au cœur de l’accompagnement d’AVSF. Les “Systèmes de Riziculture Améliorée” optimisent l’itinéraire technique sans instaurer de changements de pratiques drastiques qui seraient impossibles à respecter pour les paysans de manière pérenne. Il leur est par exemple proposé d’avancer le repiquage des plants à 10 jours maximum pour favoriser la reprise de la plante, de préparer les sols avec de la fumure organique pour en améliorer la fertilité, ou encore, de travailler sur la densité en espaçant les plants d’au moins 20 à 25 cm, afin de leur permettre de se développer correctement.

Diversifier les cultures

À Madagascar, l’année agricole est divisée en deux temps : la grande-saison, de décembre à juin, dédiée aux grandes cultures vivrières comme le riz ; et la contre-saison, entre juin et novembre, qui concerne principalement le maraîchage. À Tanety, dans le nord du pays, un nouveau projet démarrera au début de la prochaine grande-saison. Le projet Vagnono, « Prospérité » en langue malgache, vise à améliorer la production de riz pluvial en expérimentant avec les paysans plusieurs systèmes d’association et de rotation de cultures, à adapter selon la qualité des sols. Associer des cultures fertilisantes comme des légumineuses ou des céréales, telles que le sorgho ou le mil, permet non seulement d’améliorer et de maintenir les sols en bonne santé, mais aussi de diversifier les productions et le régime alimentaire des familles.

Co-construire et innover

Direction maintenant les Hauts Plateaux malgaches, où une dizaine de « jardins communautaires » ont déjà vu le jour. Le projet Tambatra est un projet ambitieux de lutte contre la malnutrition qui repose sur l’échange de connaissances et de savoir-faire entre paysans et dont l’un des axes d’action consiste à améliorer les pratiques rizicoles. Chaque semaine, des paysans et paysannes se retrouvent sur une des parcelles cédées volontairement par un des paysans accompagnés dans le cadre du projet. Ensemble, ils testent et échangent sur leurs pratiques respectives pour apprendre les uns des autres et identifier non seulement les difficultés rencontrées, mais surtout les marges de progrès possibles. Ils et elles peuvent ensuite appliquer les pratiques les plus efficaces sur leur propre terrain.


Comme le résume Paulin Hyac, coordinateur technique d’AVSF à Madagascar, “améliorer la riziculture à Madagascar fait partie des actions historiques d’AVSF et reste un enjeu majeur de notre action dans le pays.” Aliment de base du régime malgache, augmenter les rendements tout en préservant la fertilité des sols sur le long terme est plus que jamais crucial dans un contexte d’insécurité alimentaire de plus en plus alarmant.

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