Madagascar : déployer des alternatives aux pesticides

La diminution de la fertilité des terres cultivées due à une utilisation abusive de pesticides est un problème récurrent dans les régions d’Itasy et d’Analamanga. Mais malgré l’usage intensif de ces produits, les paysans se plaignent des invasions d’insectes et de ravageurs, ainsi que de maladies sur les cultures.

La récolte de témoignages des paysans bénéficiaires du projet Miary a permis aux équipes d’AVSF de mettre collectivement en lumière les impacts sur l’environnement et la santé liés à une mauvaise utilisation des pesticides.

C’est dans ce contexte, que nos équipes ont aidé les paysans à mettre en place des pratiques de lutte intégrée.

Maintenir la fertilité des sols

Problèmes de santé, d’intoxication du bétail, disparition des abeilles, risque de contamination de la population et des eaux suite au rinçage de matériel de pulvérisation… autant de maux qui poussent les paysans à repenser leurs pratiques agricoles et à s’ouvrir à des solutions alternatives.

Pour aider à diminuer autant que possible l’utilisation d’intrants chimiques (engrais et pesticides) et préserver la faune utile (améliorateurs du sol, ennemis des ravageurs), les équipes ont travaillé sur la mise en place de plantation de légumineuses en embocagement ou sur des parcelles en jachère (cajanus, tephrosia, crotalaire, …) pour que les paysans puissent disposer facilement de biomasse qui servira à la fabrication d’engrais.

« Grâce au compost, le sol est devenu meuble et fertile. Nous avons beaucoup de parcelles, aussi, il faut produire beaucoup d’engrais pour pouvoir assurer les besoins toute l’année. Nous profitons de la période de pluie pour récolter ces matières vertes en quantité abondante », témoigne Faratiana Rasoamanarivo, agricultrice et bénéficiaire du projet.

A ces plantations s’ajoutent des plantes répulsives des ravageurs – comme la tagète, la tanaisie, ou la consoude. Lorsque les maladies apparaissent, des traitements biologiques à base de plantes locales (voandelaka, piments, savon artisanal «savony gasy», sisal) ont été dispensés. « On mélange 1kg de feuilles de tephrosia avec 5 litres d’eau, pour une parcelle de 50m². Ce mélange protège les cultures, élimine les insectes et nourrit les plantes sans détruire la fertilité des sols et l’environnement. »

Capitaliser et diffuser les réussites

Ces pratiques ont été répertoriées dans une brochure dont l’objectif est de servir de support de formation.

Pour en optimiser la diffusion et l’appropriation, AVSF a choisi de privilégier une approche par le collectif et de diversifier les canaux d’apprentissage : formations proposées à des « paysans-relais », ouverture à la participation de paysans à des champs-école, organisation de visites d’échanges, ou encore mise en place de parcelles d’expérimentation pour des groupes paysans (120 parcelles en 2017).

Des revenus et une production en hausse

La fertilisation au compost s’est traduite par une augmentation de la production parfois jusqu’à 40 %, par rapport à l’utilisation de fumier de bœuf traditionnel. Elle a aussi généré une baisse des dépenses en intrants et du coût de production : 0,88 € contre 3,52 € pour 1 are sous engrais chimiques. Ce qui a eu pour conséquence d’augmenter les marges des paysans bénéficiaires de 44 %.

Par ailleurs, en améliorant la structure, la fertilité, et la capacité du sol de rétention en eau, l’apport de compost permet aux populations de mieux faire face au changement climatique.

La combinaison de ces avantages économiques, sanitaires et climatiques ont ainsi contribué à la valorisation de 3125 ares et d’engager 596 paysans sur le chemin de de la transition agroécologique et de l’autonomie.

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