Les expériences innovantes d’AVSF : Micro-irrigation à Madagascar

Auteur(s) : sous la direction de Hyac Paulin

Année : 2013

Les expériences innovantes d’ASVF : Micro-irrigation à Madagascar

Publiée dans la collection « Les expériences innovantes d’AVSF » de RURALTER/PRAXIS, cette note retrace l’approche et les résultats d’un projet de promotion de la micro-irrigation auprès des familles paysannes des Hautes Terres de Madagascar, mis en place par AVSF de 2009 à 2012, sur financement de COOPERNIC et FIDA. Le maraîchage a été pris comme porte d’entrée, comme activité génératrice de revenu à cycle court, exigeante en eau, en fertilisants et parfois en produits phytosanitaires, qui sont souvent surconsommés et mal utilisés. Le projet couvre plus de 60 communes maraîchères localisées dans 8 districts des Hautes Terres Centrales et 2 districts de la Côte Est.

Destiné à irriguer des surfaces maraichères de 100 à 400 m2 par unité, chaque kit se compose d’un réservoir amovible (sac en matière plastique), relié à une rampe (tuyau en PVC) sur laquelle vient se brancher les tuyaux souples courant au milieu de la plate-bande. Ces tuyaux souples sont munis au niveau de la rampe PVC de petits robinets permettant le réglage du débit. Sur ces tuyaux souples sont branchés des goutteurs.

La micro-irrigation facilite ainsi l’exploitation de terres avec de fortes contraintes d’accès à l’eau. Tout en limitant le coût de la production, elle permet d’améliorer les rendements des productions et d’améliorer la qualité sanitaire des produits (les contaminants éventuels de l’eau ne sont pas dispersés sur les produits). L’irrigation goutte à goutte réduit la consommation en eau et d’autres effets néfastes comme le lessivage des éléments fertilisants, le compactage des sols, le développement des maladies, … L’évaluation réalisée auprès des familles ayant déjà adopté le SMI démontre que cette technique permet d’irriguer une superficie 5 à 6 fois plus grande avec une même quantité d’eau, et d’obtenir une marge de plus de 70% à plus de 200% selon les productions.

Une chaine de fabrication et distribution locale indépendante a été mis en place pour la construction et la vente à des prix accessibles aux familles paysannes des différents kits proposés. Le dispositif fabrication – distribution était constitué en 2012 de 3 fabricants, 56 revendeurs, 74 technico-commerciaux.  L’amortissement d’un tel kit est réalisé après la 1ère campagne agricole (3 cycles culturaux de maraichage). A fin 2012, plus de 9200 familles ont pu expérimenter le SMI à Madagascar, soit en tant que clients, soit en tant que responsables de sites de démonstrations.

L’un des principaux enjeux pour la consolidation de cette filière est l’autonomisation des fabricants de matériels, afin de garantir aux paysans et distributeurs d’avoir ces kits SMI disponibles durablement sur leur territoire. Enfin, avec une nette amélioration de la production, il est aujourd’hui important d’appuyer les familles paysannes utilisant le SMI à mieux s’insérer dans les filières vivrières locales, notamment d’alimentation des marchés urbains et ruraux en produits maraîchers de qualité, ou via des organisations paysannes fortes, sous des modalités d’agriculture contractuelle avec des entreprises locales de produits maraichers frais et transformés, une contribution importante pour la sécurité alimentaire nationale.

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