Les expériences innovantes d’AVSF : Reboisement en Haïti

Auteur(s) : sous la direction de Giraud Adeline

Année : 2012

Les expériences innovantes d’AVSF : reboisement en Haïti

Publiée dans la collection « Les expériences innovantes d’AVSF » de RURALTER/PRAXIS, cette note présente les premiers résultats d’une action mise en place depuis 2008 par AVSF et son partenaire CROSE (Coordination Régionale des Organisations paysannes du Sud-Est) dans le bassin versant Fond Melon, département de Jacmel, au sud-est d’Haïti.

Déboisées, très dégradées, les pentes du bassin versant Fond-Melon sont extrêmement vulnérables à l’érosion et au lessivage, en particulier pendant les périodes de fortes pluies et de cyclones. Les familles paysannes de Fond-Melon, au mode de vie déjà très précaire, subissent de plein fouet les effets des phénomènes extrêmes qui iront en s’amplifiant avec le changement climatique. Entre 2008 et 2011, une surface totale de 70 hectares a été reboisée. Cette surface est répartie sur de petites parcelles disséminées en lots boisés d’un hectare environ, touchant directement environ 200 familles. En 2012, la plantation de 60 hectares supplémentaires est programmée.

Pour ce faire, AVSF et CROSE ont développé une méthodologie innovante, pour assurer la pérennité de ces plantations forestières villageoises dans un contexte caractérisé par une forte insécurité foncière, des surfaces réduites et des vulnérabilités sociales, économiques et climatiques fortes. Le fiche présente les différents éléments de cette méthodologie dont (a) une identification participative des terrains à reboiser sur la base d’une maquette en 3D, (b) une vérification de la propriété foncière des terrains à reboiser, (c) un système de compensation financière sur dix ans (de l’ordre de 100 €/ha/an) pour la non mise en culture des terrains et l’entretien des plantations, (d) un libre choix des espèces plantées sur la base d’une pré-selection d’espèces, (e) enfin la recapitalisation des exploitations familiales par des activités parallèles de soutien à l’agriculture, hautement complémentaires aux activités de reboisement.

Outre l’intérêt direct sur la lutte contre l’érosion dans le bassin versant, le projet contribuera à la lutte contre le changement climatique par le stockage de carbone dans les arbres, estimé à environ 7 000 tonnes de CO2 sur les plantations pilotes après 25 ans, mais aussi dans les sols. Mais AVSF réfléchit également à une valorisation alternative du stockage de carbone notamment à travers un Paiement pour Service Environnemental intégrant d’autres externalités telles que la restauration de la biodiversité. Le projet a ainsi initié fin 2011 un partenariat avec le Critical Ecosystem Partnership Fund (CEPF). Ce programme devrait permettre à la fois d’étendre la surface boisée et d’intégrer la conservation de la biodiversité aux activités. Le projet a ainsi une valeur expérimentale dans le contexte haïtien, et donne donc une place importante à la recherche-action et à la capitalisation.

Participez au projet en soutenant AVSF

Ces publications pourraient vous intéresser

Retrouvez les dernières publications d'AVSF

Hors collection

2026, 

AVSF

Projets en relation avec les mêmes thèmes

Retrouvez les derniers projets d'AVSF

Elevage et santé animale

Madagascar

Dans un contexte mondial marqué par la reconsidération des pratiques pour atténuer le changement climatique, le projet consiste à explorer les options de circularité dans l’agriculture et principalement dans l’élevage pour développer des solutions durables avec et pour les acteurs locaux. Il vise à réorganiser les pratiques agricoles de manière à optimiser l’utilisation des ressources et à rectifier le modèle linéaire consistant à extraire, utiliser et jeter. Il aboutira sur le développement d’outils pratiques pour accompagner la transition durable des territoires par la circularité.

Après les crises

Madagascar

Dans la continuité du projet MITYMA, le projet HASOAVAGNE (signifiant « survie » et « bien-être » en langue locale) vise à contribuer à l’installation et à l’organisation de la gestion des infrastructures d’eau potable rendues possibles à travers le projet MITYMA ainsi qu’à permettre la création de points d’eau supplémentaires.

Agroécologie

Équateur

Pérou

Renforcer des dispositifs de gouvernance forestière et de contrôle des organisations indigènes (Kichwa, Asháninkas et Machiguengas) sur leur territoire dans le bassin amazonien (province de Napo en Equateur, provinces de La Mar et La Convención au Pérou), pour protéger la biodiversité et contribuer à l’adaptation et à l’atténuation du changement climatique dans ces régions : formations en gestion et en formulation de projets, mise en place de systèmes de surveillance et d’alerte précoce pour protéger les forêts et les rivières, élaboration de politiques locales qui donnent la priorité à la conservation des écosystèmes forestiers.