À Rome, les 17 et 18 octobre, Carline Mainenti, responsable plaidoyer d’AVSF, a participé aux échanges du Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones (MSCPA), en amont de la 54ème session du Comité pour la sécurité alimentaire mondiale (CSA).
À Rome, deux jours pour préparer les négociations
« Ces deux jours sont essentiels pour nous accorder sur les messages que nous voulons porter collectivement lors de la session du CSA. » – Carline Mainenti, responsable plaidoyer chez AVSF
À Rome, les représentants-es d’organisations paysannes, de mouvements de pasteurs-es, de pêcheurs-ses artisanaux, de peuples autochtones, de travailleurs et travailleuses de l’agroalimentaire et d’ONG se sont retrouvés-es au sein du MSCPA, avec un objectif commun : consolider et formaliser des positions communes qui seront portés lors du Comité pour la sécurité alimentaire mondiale.
Pour AVSF, qui accompagne les organisations paysannes, participer à ces échanges permet de mettre en lumière les réalités des paysans-nes jusque dans les espaces où se construisent les politiques internationales.
Défendre la place de la société civile : un enjeu majeur
« L’un des points les plus préoccupants de nos discussions concerne la remise en cause du rôle du MSCPA dans les négociations du CSA. » – Carline Mainenti, responsable plaidoyer chez AVSF
Le CSA occupe une place unique au sein des Nations Unies : il permet aux organisations de la société civile de participer à ses travaux et aux discussions politiques, aux côtés des États.
Mais la place de la société civile dans ces discussions est aujourd’hui remise en question. Les membres du MSCPA s’inquiètent notamment de voir leur rôle dans les négociations du CSA fragilisé.
Des revendications communes pour transformer les systèmes alimentaires
Au fil des échanges, plusieurs priorités se sont dégagées.
Le MSCPA entend notamment défendre la mise en œuvre effective des recommandations déjà adoptées par le Comité, un accès équitable aux ressources productives, le respect du droit à l’alimentation et l’adoption de mécanismes de régulation des entreprises par les États.
Des enjeux au cœur de notre plaidoyer, qui vise à soutenir les organisations paysannes dans la défense de leurs droits et dans la construction de politiques locales et internationales qui leur soient plus favorables.
Faire vivre les engagements pour l’égalité de genre
Ces journées ont également été l’occasion de mettre en lumière les outils développés par le MSCPA pour diffuser les Directives du CSA sur l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes et des filles dans le contexte de la sécurité alimentaire et de la nutrition, adoptées en 2023.
Une boîte à outils consacrée à la justice alimentaire et à l’égalité de genre, ainsi qu’un manuel populaire pour la justice de genre et la souveraineté alimentaire, ont été présentés à l’occasion de cette 54ème session.
« Le droit à l’alimentation plutôt que le droit du plus fort »
Le forum s’est conclu par une table ronde « Le droit à l’alimentation plutôt que le droit du plus fort : mettre les voix du terrain au centre de la gouvernance de l’alimentation » réunissant des représentants-es des gouvernements du Brésil et d’Afrique du Sud, des institutions des Nations Unies, dont la FAO, ainsi que des organisations membres du MSCPA. Elle a permis de débattre de l’avenir de la gouvernance alimentaire mondiale, dans un contexte marqué par les conflits, les inégalités et les crises climatiques.
Pour AVSF, l’enjeu reste fondamental : faire entendre les voix des organisations paysannes et des communautés, défendre leurs droits et contribuer à des politiques alimentaires élaborées avec celles et ceux qui font vivre les territoires.